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Enseigner à l'ère de ChatGPT, c'est souffrir
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Enseigner à l'ère de ChatGPT, c'est souffrir

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Un enseignant en sciences de la Terre dans un college américain, employé à temps partiel depuis de nombreuses années tout en occupant d'autres postes en parallèle, décrit comment l'intelligence artificielle générative a transformé son métier en expérience épuisante. Celui qui avait choisi l'enseignement par vocation, malgré des salaires notoirement bas et une absence totale de sécurité de l'emploi, se retrouve aujourd'hui à enseigner exclusivement en mode asynchrone en ligne, c'est-à-dire via des vidéos enregistrées plutôt que des sessions en direct. Ce format, déjà plus difficile à gérer que les cours en présentiel, est devenu un terrain fertile pour le désengagement estudiantin amplifié par des outils comme ChatGPT.

L'impact est concret et quotidien. Dans une salle de classe physique, un professeur peut lire les expressions d'incompréhension sur les visages, adapter son rythme, maintenir une dynamique de groupe. En ligne et en asynchrone, ces leviers disparaissent. L'étudiant n'a pas à se présenter à heure fixe, personne ne remarque s'il décroche, et avec l'IA générative désormais capable de rédiger des réponses plausibles à la plupart des exercices universitaires, la tentation de déléguer le travail intellectuel est permanente. Ce que l'enseignant décrit comme une expérience "surtout misérable" traduit une crise plus large de la relation pédagogique à l'ère du contournement facile.

Ce témoignage s'inscrit dans un débat qui traverse l'enseignement supérieur américain depuis l'arrivée de ChatGPT fin 2022. Les facultés peinent à trouver un équilibre entre interdire des outils impossibles à bannir réellement et repenser entièrement les modalités d'évaluation. Le cas des cours en ligne asynchrones, souvent confiés à des contractuels mal payés et peu soutenus institutionnellement, cristallise les tensions : ce sont précisément les formats les plus vulnérables à la fraude par IA, et ceux dont les enseignants disposent du moins de ressources pour s'adapter. La question de savoir comment enseigner efficacement dans ce contexte reste largement sans réponse institutionnelle satisfaisante.

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Le Nobel de chimie qui dirige l’IA chez Google : « J’aurais préféré guérir le cancer avant de lancer ChatGPT »
1Frandroid 

Le Nobel de chimie qui dirige l’IA chez Google : « J’aurais préféré guérir le cancer avant de lancer ChatGPT »

Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind et lauréat du prix Nobel de chimie 2024 pour ses travaux sur AlphaFold, a exprimé publiquement un regret profond : selon lui, le lancement de ChatGPT par OpenAI en novembre 2022 a précipité l'ensemble de l'industrie dans une course commerciale qui a détourné l'IA de ses applications les plus prometteuses, notamment la recherche médicale et scientifique. Il aurait préféré que les grandes avancées en intelligence artificielle servent d'abord à guérir le cancer ou à résoudre des problèmes biologiques complexes, avant d'être massivement déployées pour automatiser des tâches bureautiques. Cet aveu touche un point sensible : la tension entre IA scientifique et IA commerciale est réelle et structurelle. Les laboratoires comme DeepMind avaient construit leur identité autour de la recherche fondamentale, AlphaFold a prédit la structure de plus de 200 millions de protéines, une révolution pour la biologie. Le pivot brutal vers les assistants conversationnels grand public a redirigé les talents, les financements et l'attention médiatique vers des produits générant des revenus immédiats, au détriment de projets à impact potentiellement transformateur mais à retour plus lent. Hassabis n'est pas le premier à formuler cette critique, mais sa position est singulière : il dirige l'un des laboratoires les plus puissants au monde, intégré à Google, donc lui-même acteur de cette course commerciale. Sa déclaration illustre les contradictions internes d'une industrie tiraillée entre ambitions scientifiques de long terme et pressions concurrentielles immédiates imposées par la montée en puissance d'OpenAI et de Microsoft.

UELe débat soulevé par Hassabis sur la priorité accordée à l'IA scientifique versus commerciale résonne en Europe, où l'AI Act et les institutions européennes cherchent précisément à orienter les développements de l'IA vers des applications à impact sociétal mesurable.

💬 Hassabis a raison sur le fond, mais bon, il dirige Google DeepMind, donc il participe à la même course qu'il dénonce. Ce qui me retient dans cette déclaration, c'est moins le regret que l'aveu implicite : l'industrie sait très bien ce qu'elle sacrifie quand elle court après les revenus. AlphaFold, c'était la promesse que l'IA allait servir à quelque chose de vraiment utile, et on a bifurqué vers des chatbots pour rédiger des mails.

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Le tokenmaxxing commence peut-être déjà à reculer
2The Information AI 

Le tokenmaxxing commence peut-être déjà à reculer

Chez Meta, un phénomène insolite a récemment été mis en lumière par The Information : des employés se livrent à une compétition interne baptisée "Claudeonomics", un classement mesurant qui consomme le plus de tokens d'IA dans son travail quotidien. Le record récent appartient à un employé ayant utilisé 328,5 milliards de tokens sur une période de 30 jours, ce qui représente une facture potentielle de près de 2 millions de dollars aux tarifs publics d'Anthropic. Ce comportement, surnommé "tokenmaxxing", consiste à maximiser délibérément sa consommation d'IA pour signaler son implication et sa productivité à l'entreprise. Ce phénomène révèle une fracture croissante entre les géants technologiques ultra-capitalisés et le reste des entreprises. Si Meta peut absorber des dépenses d'IA colossales pour ses ingénieurs, la grande majorité des organisations ne dispose pas de tels budgets. Le tokenmaxxing risque ainsi de devenir un indicateur trompeur de performance, encourageant une consommation artificielle plutôt qu'une utilisation réellement productive des outils d'IA. Ce cas intervient dans un contexte où les entreprises tech cherchent à quantifier l'adoption interne de l'IA et à mesurer le retour sur investissement de leurs abonnements aux modèles comme Claude d'Anthropic ou GPT d'OpenAI. La course aux classements internes illustre une tension plus profonde : comment distinguer l'usage pertinent de l'IA d'une simple démonstration ostentatoire ? À mesure que les coûts des modèles diminuent, cette dynamique pourrait évoluer, mais pour l'instant, le tokenmaxxing reste un luxe réservé aux plus grands acteurs de la Silicon Valley.

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L’IA augmente la productivité des ingénieurs, mais ne les remplacera pas encore, selon le PDG de Salesforce
3Siècle Digital 

L’IA augmente la productivité des ingénieurs, mais ne les remplacera pas encore, selon le PDG de Salesforce

Marc Benioff, PDG de Salesforce, a pris position dans le débat sur l'avenir des développeurs logiciels à l'ère de l'IA générative. Sa réponse à ceux qui prédisent la disparition prochaine du métier d'ingénieur est directe : il suffit d'ouvrir les pages carrières de Meta, Google, Anthropic et OpenAI pour constater que ces entreprises, dont les modèles sont censés automatiser le code, continuent de recruter massivement des ingénieurs logiciels. Pour Benioff, ce signal de marché est plus éloquent que n'importe quel discours alarmiste. Son argument central est que l'IA augmente la productivité des ingénieurs sans les rendre obsolètes. Les outils de génération de code accélèrent certaines tâches répétitives, mais la conception architecturale, la résolution de problèmes complexes et la supervision des systèmes restent l'apanage des humains. Cette position tranche avec les déclarations de certains dirigeants tech qui évoquent des réductions d'effectifs liées à l'automatisation, comme Shopify ou Duolingo l'ont laissé entendre récemment. Le débat s'inscrit dans un contexte de tension croissante entre les promesses des grands modèles de langage et les réalités du marché du travail. D'un côté, des outils comme GitHub Copilot ou Cursor transforment concrètement le quotidien des développeurs. De l'autre, la demande de profils techniques qualifiés reste soutenue, notamment pour entraîner, affiner et maintenir ces mêmes modèles. La thèse de Benioff est que l'IA redéfinit le métier d'ingénieur plutôt qu'elle ne l'élimine, du moins pour les années à venir.

UELe débat sur l'avenir des ingénieurs logiciels face à l'IA concerne indirectement le marché européen, où la demande de profils techniques qualifiés reste soutenue malgré l'essor des outils de génération de code.

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Près d’1 jeune Français sur 3 a déjà acheté avec ChatGPT selon une étude
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Près d’1 jeune Français sur 3 a déjà acheté avec ChatGPT selon une étude

Près d'un jeune Français sur trois, âgé de 15 à 25 ans, a déjà effectué un achat en passant par ChatGPT, selon une étude OpinionWay réalisée pour Orisha Commerce auprès de 1 604 jeunes en France et en Espagne. 59 % des sondés déclarent découvrir en priorité de nouveaux produits via les contenus des réseaux sociaux, devançant largement la recherche Google traditionnelle. L'intelligence artificielle générative s'impose ainsi comme un nouveau point d'entrée dans le parcours d'achat de cette génération. Ce basculement représente un défi majeur pour les marques et les e-commerçants. Si Google a structuré pendant vingt ans les stratégies SEO et d'acquisition, les plateformes doivent désormais penser leur présence dans les réponses des assistants IA, qui synthétisent l'information sans renvoyer systématiquement vers les sites sources. Pour les retailers, c'est toute la chaîne de visibilité et de conversion qui doit être repensée, depuis le référencement des catalogues produits jusqu'à la façon dont les fiches sont structurées pour être comprises et citées par les LLM. Ce phénomène s'inscrit dans une tendance plus large de désintermédiation des moteurs de recherche classiques, accélérée par la montée en puissance de ChatGPT, Perplexity et des assistants intégrés aux smartphones. Les 15-25 ans, premiers utilisateurs natifs de ces outils, dictent souvent les usages qui se diffusent ensuite aux tranches d'âge supérieures. Orisha Commerce, éditeur de solutions pour le commerce unifié, publie cette étude dans un contexte où les acteurs du retail cherchent à anticiper la prochaine rupture dans les comportements d'achat en ligne.

UEL'étude porte directement sur les 15-25 ans en France et en Espagne et révèle qu'un tiers d'entre eux achètent déjà via ChatGPT, obligeant les e-commerçants français à repenser leur stratégie de visibilité au profit des assistants IA plutôt que du SEO Google traditionnel.

💬 Un tiers des 15-25 ans qui passent par ChatGPT pour acheter, c'est pas anodin. Le SEO tel qu'on l'a connu pendant vingt ans est en train de se faire doubler par un truc que la plupart des e-commerçants n'ont pas encore commencé à adresser. Reste à voir comment on optimise une fiche produit pour qu'un LLM la cite plutôt qu'une autre.

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