
Cette IA peut créer de nouveaux génomes
Evo 2 est un modèle d'IA générative développé par l'Arc Institute en collaboration avec NVIDIA, entraîné sur 9,3 trillions de nucléotides provenant de plus de 128 000 organismes. Capable de lire, comprendre et reproduire le langage génétique, il peut désormais générer des séquences d'ADN entièrement nouvelles — des génomes fonctionnels qui n'existent pas dans la nature — avec une précision sans précédent à l'échelle du génome complet.
Cette capacité représente un tournant pour la biologie de synthèse et la médecine. Concevoir des génomes sur mesure ouvre la voie à la création de micro-organismes capables de produire des médicaments, décomposer des polluants ou synthétiser des matériaux biologiques complexes. Pour la recherche médicale, cela accélère potentiellement la découverte de thérapies géniques ciblées, en permettant aux chercheurs d'explorer des espaces génétiques que l'évolution naturelle n'a jamais atteints.
Ce développement s'inscrit dans une vague de modèles de fondation biologiques — après AlphaFold pour les protéines, l'IA s'attaque désormais à l'ADN lui-même. La course implique des acteurs comme Google DeepMind, Genentech et plusieurs startups de biotech computationnelle. Les enjeux éthiques sont considérables : la capacité de synthétiser des génomes inédits soulève des questions de biosécurité qui poussent déjà régulateurs et scientifiques à débattre de cadres de gouvernance adaptés.
Les enjeux de biosécurité soulevés par la synthèse de génomes inédits poussent déjà les régulateurs européens à envisager des cadres de gouvernance spécifiques, potentiellement intégrés à l'AI Act ou à la législation biotech de l'UE.



