
« La Silicon Valley a compris avant tout le monde que la guerre du futur serait une guerre logicielle »
Georges Nahon, ancien directeur général d'Orange Labs, publie dans Le Monde une tribune dans laquelle il interroge la nécessité d'une nationalisation partielle, voire totale, des grandes entreprises d'intelligence artificielle générative. Face à la montée en puissance de l'IA dans les stratégies militaires mondiales, il soulève une question que peu d'acteurs institutionnels osent encore poser publiquement : peut-on laisser des technologies aussi décisives entre des mains entièrement privées ?
L'enjeu est considérable. Si la guerre du futur est avant tout une guerre logicielle — comme le titre de la tribune l'affirme —, alors les entreprises qui maîtrisent les modèles de langage les plus avancés détiennent un avantage stratégique comparable à celui que représentaient autrefois l'armement nucléaire ou le contrôle des ressources énergétiques. Laisser cette puissance aux seules mains d'acteurs privés, non élus et peu régulés, pose des questions démocratiques et sécuritaires fondamentales.
La Silicon Valley a, selon Nahon, anticipé bien avant les États cette convergence entre IA civile et militaire. Des contrats comme ceux de Palantir, Microsoft ou Google avec l'armée américaine illustrent ce mouvement. En Europe, la question de la souveraineté numérique resurgit avec une acuité nouvelle, alors que ni la France ni l'Union européenne ne disposent de champions comparables capables de peser dans cette nouvelle course aux armements algorithmiques.
La tribune soulève directement la question de la souveraineté numérique française et européenne, pointant l'absence de champions IA capables de peser dans la nouvelle course aux armements algorithmiques face aux acteurs américains.


