
Palantir s’étend encore au Pentagone et dans le système britannique
Palantir renforce considérablement son emprise sur les appareils militaires et financiers occidentaux. Le Pentagone a officiellement intégré le logiciel Maven de la société d'Alex Karp comme programme permanent au sein de ses forces armées, tandis que l'entreprise décroche simultanément un contrat avec l'autorité financière britannique, la Financial Conduct Authority (FCA), pour analyser des données sensibles liées à la criminalité financière.
Cette double expansion illustre la montée en puissance de Palantir dans les institutions publiques de part et d'autre de l'Atlantique. Maven n'est pas un outil anodin : il agrège massivement des données pour alimenter la prise de décision opérationnelle en temps réel — reconnaissance automatique de véhicules, identification de cibles via drones et satellites. Son adoption comme programme officiel du Pentagone garantit à Palantir une présence structurelle et durable au cœur de la stratégie militaire américaine, un ancrage que l'élection de Donald Trump a considérablement accéléré.
Le mémo interne signé par le secrétaire adjoint à la Défense, Steve Feinberg, révèle l'ampleur des ambitions : Maven doit fournir aux combattants « les outils les plus récents pour détecter, dissuader et dominer leurs adversaires dans tous les domaines ». Ce déploiement s'inscrit dans un budget dédié à « l'autonomie et aux systèmes autonomes » de 13,4 milliards de dollars, dont 9,4 milliards pour les drones seuls. Côté britannique, le contrat avec la FCA prévoit 30 000 livres sterling (environ 34 670 euros) par semaine pour une phase d'essai — un montant modeste en apparence, mais symboliquement lourd pour une entreprise qui a déjà décroché un contrat avec le NHS en 2023.
La présence croissante de Palantir dans les systèmes gouvernementaux britanniques suscite des résistances parlementaires. L'écologiste Siân Berry a demandé au gouvernement de « bloquer immédiatement » ce contrat, jugeant incompatible la présence d'une entreprise « étroitement impliquée dans les guerres illégales du président Trump » au sein des institutions britanniques. Le premier ministre travailliste Keir Starmer a pour sa part écarté toute inquiétude sur une dépendance excessive aux entreprises américaines — une posture que ses opposants contestent vivement.
Le contrat avec la Financial Conduct Authority britannique et l'intégration de Maven au sein de l'OTAN soulèvent des questions de souveraineté des données et de dépendance stratégique envers un acteur privé américain pour des infrastructures sensibles européennes.
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