Free, Orange et EDF s’allient pour créer une AI Gigafactory en France
Le 20 mai 2026, huit grands groupes français ont annoncé la création du consortium AION pour porter la candidature de la France au programme européen des AI Gigafactories. Parmi eux : Iliad (la maison mère de Free), Orange, EDF, Capgemini, Scaleway, Ardian, Artefact et Bull. L'objectif est de construire une infrastructure capable d'héberger, d'entraîner et de déployer des modèles d'intelligence artificielle à très grande échelle, entièrement sur sol européen. Chaque membre apporte une brique stratégique : Bull fournit les supercalculateurs haute performance, EDF sécurise l'approvisionnement en électricité bas carbone, Orange et Scaleway assurent le cloud et l'hébergement des données, tandis que Capgemini et Artefact se concentrent sur l'intégration de l'IA en entreprise. Iliad et Ardian apportent le capital et l'expertise numérique pour soutenir un projet de très long terme. Le consortium peut également s'appuyer sur un écosystème plus large incluant Hugging Face, INRIA, Nokia, LightOn et Schneider Electric.
L'enjeu est direct : aujourd'hui, l'essentiel de la puissance de calcul utilisée pour entraîner les grands modèles d'IA repose sur des infrastructures américaines, Microsoft, Google, Amazon. Pour les entreprises françaises et européennes des secteurs sensibles comme la santé, l'industrie ou les services publics, cette dépendance pose des problèmes concrets de souveraineté des données et de conformité réglementaire. Une gigafactory IA en France offrirait une alternative crédible, d'autant que le mix énergétique français, nucléaire et hydraulique, produit une électricité moins carbonée et plus stable que dans beaucoup de pays européens. Or les infrastructures IA consomment des volumes d'énergie colossaux, ce qui fait de l'accès à une énergie abondante et décarbonée un avantage compétitif aussi déterminant que les semi-conducteurs. Le consortium indique par ailleurs vouloir privilégier les technologies open source pour éviter de recréer des dépendances aux solutions propriétaires.
Ce projet s'inscrit dans une dynamique européenne plus large : la Commission européenne a lancé son programme AI Gigafactories pour doter le continent d'infrastructures capables de rivaliser avec celles des États-Unis et de la Chine, dans un contexte où la course aux modèles génératifs et aux agents IA s'accélère. La France, qui abrite déjà des acteurs de premier plan comme Mistral AI et Hugging Face, tente de transformer cet avantage écosystémique en infrastructure physique souveraine. AION devra encore préciser le calendrier de déploiement et les montants d'investissement engagés, mais la mobilisation de groupes aussi diversifiés, télécoms, énergie, cloud, conseil, finance, signal que la France mise sur une approche de filière plutôt que sur un champion unique pour peser dans la prochaine phase de l'IA industrielle.
Le consortium AION, porté par EDF, Orange, Iliad et Capgemini, vise à offrir aux entreprises françaises et européennes des secteurs sensibles (santé, industrie, services publics) une alternative souveraine aux infrastructures cloud américaines, en réponse directe au programme européen des AI Gigafactories.
Dans nos dossiers
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.




