
Le jury juge à l'unanimité qu'Elon Musk a attendu trop longtemps avant de poursuivre OpenAI
Un jury composé de neuf personnes a rendu lundi un verdict unanime dans le procès opposant Elon Musk à OpenAI : la plainte a été déposée trop tard. Musk avait poursuivi OpenAI en 2024, estimant avoir été trompé après avoir contribué 38 millions de dollars pour lancer l'organisation en tant qu'entité à but non lucratif. Il accusait les dirigeants Sam Altman et Greg Brockman d'avoir créé une branche commerciale qui, selon lui, vidait la mission caritative de ses ressources tout en enrichissant les cadres dirigeants. Le jury a conclu qu'Altman et Brockman n'étaient pas responsables des faits reprochés, et a également exonéré Microsoft, investisseur d'OpenAI que Musk avait accusé de complicité dans ce qu'il qualifiait de dérive lucrative.
Le rejet repose sur un motif procédural : le jury a établi que Musk était informé des plans de restructuration d'OpenAI dès 2021, ce qui signifie qu'il aurait dû déposer sa plainte au plus tard en 2024 pour respecter le délai légal de prescription de trois ans. En attendant trop longtemps, il a perdu le droit de faire valoir ses griefs devant les tribunaux, quelle que soit leur validité sur le fond. Ce verdict clôt donc sans examen au fond les accusations de détournement de mission caritative.
Cette affaire s'inscrit dans une rivalité durable entre Musk et Altman, deux figures centrales de l'essor de l'intelligence artificielle. Musk a été l'un des cofondateurs d'OpenAI en 2015 avant de quitter le conseil d'administration en 2018, et il a depuis fondé sa propre société d'IA, xAI. La transformation d'OpenAI en entité commerciale, qui a permis des levées de fonds massives auprès de Microsoft et d'autres investisseurs, reste un sujet de controverses dans le secteur. Ce verdict ne met pas fin à toutes les procédures : Musk maintient d'autres actions juridiques contre OpenAI, dont certaines portent sur des allégations de concurrence déloyale.
Ce verdict américain n'a pas d'effet direct en France ou en UE, mais la clarification du statut commercial d'OpenAI reste un enjeu de gouvernance pertinent pour les régulateurs européens qui examinent ses activités sur le marché intérieur.
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