
Miro utilise Amazon Bedrock pour améliorer le routage des bugs logiciels et réduire le délai de résolution de plusieurs jours à quelques heures
Miro, la plateforme de collaboration visuelle utilisée par plus de 95 millions d'utilisateurs dans le monde, a développé un système d'intelligence artificielle baptisé BugManager pour automatiser le tri et l'affectation des rapports de bugs à ses équipes d'ingénierie. Avant cette solution, une part significative des bugs manquait les délais internes de résolution, principalement à cause d'erreurs d'affectation et de multiples réassignations entre équipes. L'entreprise estimait ces dysfonctionnements à 42 années cumulées de productivité perdue chaque année. BugManager a été développé en partenariat avec l'équipe AWS Prototyping and Cloud Engineering (PACE) et s'appuie sur Amazon Bedrock, Amazon Nova Pro et Claude Sonnet 4 d'Anthropic. Le résultat est saisissant : six fois moins de réassignations entre équipes, et un temps de résolution réduit de plusieurs jours à quelques heures.
L'impact est d'abord opérationnel : les développeurs passent moins de temps à gérer des tickets mal orientés et peuvent se concentrer sur la résolution réelle des problèmes. Pour une organisation comptant près de 100 équipes, chacune responsable d'une portion spécifique du produit, un mauvais routage engendre des investigations redondantes, de la frustration, et des retards visibles pour les utilisateurs finaux. En passant d'une logique de classification traditionnelle à une approche basée sur la génération augmentée par récupération (RAG), Miro s'affranchit également de la nécessité de réentraîner ses modèles à chaque réorganisation interne, ce qui représente un gain stratégique considérable dans un environnement où les équipes fusionnent, se créent ou évoluent régulièrement.
Les approches précédentes de Miro reposaient sur des modèles fine-tunés comme BERT ou GPT, qui se dégradaient rapidement dès que la structure organisationnelle changeait, faute de données d'entraînement suffisantes pour les nouvelles configurations. BugManager adopte une architecture radicalement différente : lorsqu'un bug est soumis, le système commence par analyser les éléments non textuels (captures d'écran, enregistrements vidéo) via les capacités multimodales d'Amazon Nova Pro, puis enrichit le rapport via des bases de connaissances contenant des tickets Jira déjà résolus, des pull requests GitHub, de la documentation Confluence et des fichiers README. Claude Sonnet 4, via Amazon Bedrock, synthétise ensuite ces informations pour affecter le bug à l'équipe la plus pertinente, sans nécessiter aucun réentraînement. Cette approche "zero-training" représente une tendance de fond dans l'industrie : déléguer la classification complexe à des grands modèles de langage enrichis de contexte métier, plutôt que de maintenir des pipelines d'entraînement coûteux et fragiles.
Le modèle architectural RAG sans réentraînement décrit constitue une référence concrète applicable par les équipes d'ingénierie françaises et européennes cherchant à automatiser leur gestion de tickets sans pipeline ML coûteux.
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