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OPINION. « L’être humain tel que nous le connaissons est appelé à s’effacer », par Sylvain Fort, ancienne plume d’Emmanuel Macron
SociétéLa Tribune12sem· 1 min de lecture

OPINION. « L’être humain tel que nous le connaissons est appelé à s’effacer », par Sylvain Fort, ancienne plume d’Emmanuel Macron

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Sylvain Fort, ancien conseiller et plume d'Emmanuel Macron, prend la parole pour analyser l'essai de Bruno Patino consacré aux bouleversements engendrés par l'intelligence artificielle. Sa thèse centrale est radicale : l'être humain tel que nous le connaissons serait voué à s'effacer face à la montée en puissance des systèmes d'IA, amorçant ce que Patino qualifie de rupture anthropologique majeure.

L'enjeu dépasse largement la sphère technologique. Ce que décrit Patino — et que Fort relaie avec une acuité politique certaine — c'est une transformation de fond de nos sociétés, de nos modes de pensée, de nos relations au savoir et à l'autre. L'IA ne serait pas un simple outil supplémentaire dans l'arsenal humain, mais un agent de reconfiguration de la condition humaine elle-même, remettant en cause des équilibres cognitifs, sociaux et culturels construits sur des millénaires.

Fort, fort de son expérience au plus haut niveau de l'État, apporte à cette lecture une dimension politique que peu d'analystes tech osent assumer. Il s'appuie sur l'essai de Bruno Patino — directeur éditorial d'Arte et figure reconnue de la réflexion sur les médias et le numérique — pour souligner que la question n'est plus de savoir si l'IA va transformer nos sociétés, mais à quelle vitesse et selon quelles modalités cette mutation anthropologique va s'opérer, sans que nos institutions ni nos repères éthiques n'aient eu le temps de s'y préparer.

La convergence de ces deux voix — un ancien conseiller de l'Élysée et un intellectuel des médias — autour d'un même constat alarmant signale que le débat sur l'IA franchit désormais le cadre des cercles spécialisés pour s'imposer dans la réflexion politique et philosophique de premier plan en France.

Impact France/UE

Un ancien conseiller de l'Élysée alerte sur la rupture anthropologique que représente l'IA pour la société française et européenne.

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Sam Altman, PDG d'OpenAI, a publiquement reconnu s'être trompé dans ses prédictions sur l'impact de l'intelligence artificielle sur le marché du travail. Dans des déclarations récentes, il a admis que la vague de destructions d'emplois massives qu'il anticipait n'a pas encore eu lieu, malgré l'essor spectaculaire des outils d'IA générative ces dernières années. Des études menées aux États-Unis confirment cette lecture : les données macroéconomiques ne montrent pas encore de perturbation significative de l'emploi attribuable directement à l'IA, même si Altman ne s'avance pas sur des chiffres précis. Cette mea culpa a une portée réelle dans le débat public autour de l'IA. Pendant des années, la crainte d'une automatisation massive a dominé les discussions, poussant gouvernements et syndicats à anticiper des plans de reconversion à grande échelle. Que le principal artisan de la révolution des LLMs reconnaisse lui-même s'être trompé sur le tempo recentre le débat : l'IA transforme le travail, mais plus lentement et différemment que prévu. Altman a également profité de l'occasion pour dénoncer ce qu'il appelle l'AI washing, pratique par laquelle certaines entreprises invoquent l'intelligence artificielle pour légitimer des suppressions de postes qui auraient été décidées de toute façon pour des raisons économiques. Ce phénomène brouille la compréhension réelle des effets de l'IA sur l'emploi. Si l'impact reste limité pour l'instant, Altman lui-même n'écarte pas que la situation évolue significativement dans les prochaines années, à mesure que les modèles gagnent en autonomie.

UELes gouvernements et syndicats européens, qui ont engagé des plans de reconversion anticipant des destructions massives d'emplois, sont directement concernés par ce rééquilibrage du débat sur le tempo réel de l'impact de l'IA.

💬 Que le principal architecte des LLMs reconnaisse s'être planté sur le timing, c'est déjà pas rien. L'emploi résiste mieux que prévu, et le coup de l'AI washing qu'il pointe (des entreprises qui licencient pour des raisons classiques et mettent ça sur le dos de l'IA) m'avait frappé depuis un moment. "Pas encore" n'est pas "jamais", il le dit lui-même, mais au moins on peut arrêter de planifier des reconversions massives pour le mauvais scénario.

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