
IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes
Meta s'apprêterait à licencier jusqu'à 20 % de ses effectifs, soit environ 16 000 emplois sur les 79 000 que compte actuellement le groupe, selon des informations de Reuters confirmées par des cadres de la société auprès de Business Insider. Ce mouvement, qui pourrait débuter dès mars 2026, serait le plus important depuis la pandémie et interviendrait paradoxalement en plein accélération des investissements dans l'intelligence artificielle.
La contradiction n'est qu'apparente : Meta réoriente massivement ses ressources humaines et financières vers l'IA générative, au détriment des activités jugées non stratégiques. La décision illustre une tendance de fond dans la tech, où les entreprises rationalisent leurs effectifs généraux pour concentrer les capitaux sur l'infrastructure et la compétition en matière de grands modèles de langage — une course dont les exigences financières sont colossales.
Les chiffres donnent le vertige. Meta avait déjà dépensé 135 milliards de dollars dans l'IA sur la seule année 2025, et prévoyait en novembre d'investir 600 milliards de dollars supplémentaires dans les infrastructures sur trois ans. Simultanément, la société néerlandaise Nebius annonçait mi-mars la signature d'un contrat de 27 milliards de dollars avec Meta pour la fourniture de capacités data center, serveurs et GPU sur cinq ans. Le groupe développe par ailleurs quatre nouvelles puces MTIA (Meta Training and Inference Accelerator) pour les deux prochaines années.
Ces licenciements s'inscrivent dans un contexte sectoriel plus large : Atlassian a annoncé se séparer de 10 % de ses effectifs, tandis que Block, la société de Jack Dorsey, a supprimé 40 % de ses 10 000 postes fin février. Chez Meta spécifiquement, le recentrage est marqué par des départs emblématiques : Yann LeCun, ancien directeur du laboratoire FAIR, a quitté le groupe pour cofonder la start-up AMI en France, et l'ex-directrice produit Chay Nayak a rejoint OpenAI — signe que la bataille des talents reste aussi redoutable que celle des datacenters.
Le contrat de 27 milliards de dollars signé avec Nebius, société d'infrastructure cloud domiciliée aux Pays-Bas, représente un afflux majeur de capitaux américains dans l'écosystème technologique européen.
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