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Musk vs. Altman, semaine 2 : OpenAI riposte et Shivon Zilis révèle une tentative de débauchage
BusinessMIT Technology Review6sem· 2 min de lecture

Musk vs. Altman, semaine 2 : OpenAI riposte et Shivon Zilis révèle une tentative de débauchage

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La deuxième semaine du procès opposant Elon Musk à OpenAI a mis en lumière les contradictions profondes entre les deux camps. Greg Brockman, président et cofondateur d'OpenAI, est monté à la barre en costume bleu, calme mais tendu sous l'interrogatoire de l'avocat de Musk, Steven Molo. Il a contredit point par point la version de Musk, qui avait affirmé la semaine précédente avoir donné 38 millions de dollars à une organisation promise à rester à but non lucratif, avant de se faire flouer par une restructuration en faveur des actionnaires. Brockman a rappelé qu'en 2017, après qu'un modèle d'OpenAI eut battu les meilleurs joueurs mondiaux au jeu vidéo Dota 2, Musk lui-même avait écrit dans un email que c'était "le moment de passer à l'étape suivante" et de créer une entité commerciale. Lors des semaines suivantes, Musk aurait réclamé une participation majoritaire au capital, le droit de nommer la majorité du conseil d'administration, et le poste de PDG. Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d'OpenAI et mère de quatre enfants de Musk, a également témoigné : selon elle, Musk avait tenté de recruter Sam Altman pour diriger un nouveau laboratoire d'IA chez Tesla.

Les enjeux financiers et juridiques du procès sont considérables. Musk réclame jusqu'à 134 milliards de dollars de dommages et intérêts à OpenAI et à Microsoft, principal investisseur de la société, et demande au tribunal d'écarter Altman et Brockman de leurs fonctions ainsi d'annuler la récente transformation de la filiale commerciale en "public benefit corporation". Une victoire de Musk pourrait faire dérailler l'introduction en bourse d'OpenAI, dont la valorisation approche 1 000 milliards de dollars. Deux jours avant l'ouverture du procès, Musk avait envoyé un message à Brockman pour évoquer un accord amiable ; quand Brockman proposa que chaque partie abandonne ses poursuites, Musk répondit : "D'ici la fin de la semaine, toi et Sam serez les hommes les plus haïs d'Amérique."

Le procès s'inscrit dans une rivalité commerciale directe entre les deux hommes. Musk a quitté le conseil d'OpenAI en 2018, avant de fonder xAI en 2023, désormais intégré à SpaceX, avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars en vue d'une entrée en bourse dès juin prochain. OpenAI soutient que la plainte n'est pas motivée par la défense d'une mission humaniste, mais par la volonté de nuire à un concurrent direct. Cette lecture est renforcée par les révélations sur la tentative de débauchage d'Altman vers Tesla. Le jury devra trancher entre deux récits incompatibles de la genèse d'une des entreprises les plus influentes du monde, alors que la course à l'intelligence artificielle générale s'accélère et que ses implications économiques, éthiques et géopolitiques n'ont jamais été aussi lourdes.

Impact France/UE

Si le procès aboutit à une injonction bloquant l'introduction en bourse d'OpenAI ou à l'éviction de sa direction, les entreprises européennes dépendantes des APIs OpenAI pourraient subir une instabilité majeure de leur fournisseur d'IA générative le plus utilisé.

💬 L'analyse de Mathieu

Le témoignage de Shivon Zilis change tout : si Musk voulait recruter Altman pour Tesla, c'est qu'il voyait dans OpenAI une ressource à capturer, pas une cause à défendre. Le reste, les 134 milliards, les discours sur la mission humaniste, c'est du bruit. Le portrait qui se dessine, c'est celui d'un fondateur éjecté qui préfère brûler la maison plutôt que voir quelqu'un d'autre y habiter.

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ELON MUSK DÉCHAÎNÉ : Il veut évincer Sam Altman et réclame 134 Md$ à OpenAI !
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Le procès opposant Elon Musk à OpenAI s'est ouvert le lundi 27 avril 2026 devant un tribunal fédéral de Californie, marquant une nouvelle escalade dans la guerre personnelle et juridique entre le patron de Tesla et SpaceX et son ancien partenaire Sam Altman. Dans sa plainte, Musk accuse Altman, le cofondateur Greg Brockman et Microsoft de rupture de contrat et d'enrichissement injustifié. Il réclame rien de moins que 134 milliards de dollars de dommages et intérêts, le renvoi d'Altman et de Brockman, et entend réinjecter ces fonds dans la branche à but non lucratif d'OpenAI. OpenAI oppose que Musk aurait accepté dès 2017 la nécessité d'une entité commerciale pour financer son développement, et que les quelque 38 millions de dollars qu'il avait apportés à la fondation constituaient un don sans droits de propriété. Le procès, estimé à deux ou trois semaines, devrait voir défiler à la barre Elon Musk, Sam Altman et Satya Nadella, le PDG de Microsoft. L'enjeu dépasse largement une querelle d'ego entre milliardaires. Si Musk obtient gain de cause, il pourrait forcer une restructuration majeure d'OpenAI et bloquer, ou du moins compliquer considérablement, sa conversion en entreprise à but lucratif que l'organisation cherche à finaliser. Microsoft, qui a investi plusieurs dizaines de milliards de dollars dans OpenAI et en est le principal partenaire cloud, se retrouve directement dans la ligne de mire. Un jugement défavorable remettrait en question la légitimité juridique de tout l'édifice financier et organisationnel bâti depuis 2019. Pour les utilisateurs de ChatGPT et pour l'ensemble de l'industrie, une telle issue créerait une incertitude massive sur la gouvernance et les financements des grands laboratoires d'IA. Tout remonte à la fondation d'OpenAI en 2015, créée explicitement comme organisation à but non lucratif dédiée au bénéfice de l'humanité. Musk, qui en était l'un des principaux bailleurs, a commencé à montrer des signes d'impatience dès 2017, cherchant à prendre un contrôle accru sur la direction scientifique. Il quitte le conseil d'administration en 2018, officiellement pour éviter un conflit d'intérêts avec Tesla. Depuis, OpenAI a connu une ascension vertigineuse avec le lancement de ChatGPT fin 2022 et des valorisations qui frôlent aujourd'hui les 300 milliards de dollars. En 2025, les autorités ont autorisé l'entreprise à faire évoluer une partie de ses activités vers un modèle lucratif tout en maintenant un lien formel avec sa structure d'origine. C'est précisément cette transformation qu'Elon Musk conteste, y voyant une trahison de la mission fondatrice et, selon Altman, surtout la frustration d'un homme qui a raté le train de la plus grande révolution technologique de la décennie.

UEUne issue défavorable à OpenAI créerait une incertitude juridique et commerciale majeure pour les entreprises et utilisateurs européens dépendant de ChatGPT et des APIs d'OpenAI, et fragiliserait la stratégie IA de Microsoft en Europe.

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Affaire Musk-OpenAI et résultats des géants tech au programme cette semaine
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Affaire Musk-OpenAI et résultats des géants tech au programme cette semaine

Cette semaine s'annonce décisive pour la Silicon Valley : Elon Musk et Sam Altman se retrouvent devant un tribunal de Californie pour un procès portant sur les origines d'OpenAI. Le milliardaire conteste les fondements de l'organisation qu'il a lui-même cofondée, réclamant notamment des réparations liées à ce qu'il considère comme une trahison de la mission initiale à but non lucratif de la société. En parallèle, mercredi soir, quatre des plus grandes entreprises technologiques mondiales, Google, Meta Platforms, Microsoft et Amazon, publient simultanément leurs résultats financiers du premier trimestre 2025, quelques minutes d'intervalle seulement après la clôture des marchés. Apple suit le jeudi avec ses propres chiffres trimestriels. L'issue du procès Musk-Altman devrait avoir peu de conséquences directes sur OpenAI et sur son produit phare, ChatGPT. Les chances que Musk obtienne gain de cause sur l'ensemble de ses revendications restent faibles selon les observateurs juridiques, même si une victoire partielle n'est pas exclue. Ce qui est en jeu dépasse le simple différend personnel : le procès soulève des questions fondamentales sur la gouvernance des organisations d'IA, la transformation d'une structure à but non lucratif en entité commerciale valorisée à plusieurs centaines de milliards de dollars, et la responsabilité des fondateurs vis-à-vis de la mission originelle d'une entreprise. La publication quasi simultanée des résultats des quatre géants tech mercredi témoigne de la concentration extrême du pouvoir économique dans ce secteur. Google, Meta, Microsoft et Amazon représentent ensemble une part écrasante des investissements mondiaux dans l'IA, et leurs chiffres trimestriels seront scrutés pour mesurer le retour concret de ces dépenses colossales. Le procès Musk-OpenAI s'inscrit quant à lui dans une série de batailles juridiques et idéologiques autour du contrôle de l'intelligence artificielle générale, un enjeu que plusieurs acteurs, dont Musk avec sa propre société xAI, cherchent à orienter selon des visions radicalement différentes de l'avenir technologique.

UELes résultats financiers des géants tech et l'issue du procès Musk-OpenAI influenceront indirectement les stratégies d'investissement IA en Europe, sans impact direct sur les entreprises ou la réglementation française.

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Elon Musk a comparu la semaine dernière devant le tribunal fédéral d'Oakland, en Californie, dans le cadre du procès qu'il intente contre OpenAI et ses dirigeants Sam Altman et Greg Brockman. Vêtu d'un costume noir, Musk a affirmé sous serment avoir été dupé lors de la cofondation d'OpenAI en 2015 : il pensait financer une organisation à but non lucratif dédiée au bénéfice de l'humanité, et non contribuer à l'enrichissement personnel de ses dirigeants. "J'ai fourni 38 millions de dollars de financement essentiellement gratuit, qu'ils ont ensuite utilisés pour créer ce qui est devenu une entreprise valorisée à 800 milliards de dollars", a-t-il déclaré au jury. Musk demande au tribunal d'écarter Altman et Brockman de leurs fonctions et d'annuler la restructuration qui a permis à OpenAI d'opérer une filiale commerciale. Fait saisissant de la semaine : Musk a admis, provoquant des murmures dans la salle, que son propre laboratoire d'IA xAI utilise les modèles d'OpenAI pour entraîner Grok, son chatbot concurrent. L'issue du procès pourrait bouleverser la trajectoire d'OpenAI vers une introduction en bourse à une valorisation approchant les 1 000 milliards de dollars. En parallèle, xAI devrait entrer en Bourse via SpaceX dès juin, avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars. La question centrale du procès dépasse la simple querelle entre fondateurs : elle porte sur qui contrôle la mission de développement sûr de l'IA et selon quelles règles une organisation fondée comme à but non lucratif peut se transformer en machine commerciale. Pour Musk, rétablir la structure originale d'OpenAI est une question de survie pour l'humanité ; pour l'avocat d'OpenAI William Savitt, il s'agit simplement d'éliminer un concurrent gênant. La rhétorique autour de la sécurité de l'IA a dominé les échanges. Musk a déclaré avoir cofondé OpenAI pour faire contrepoids à Google, dont le cofondateur Larry Page lui aurait dit que l'extinction de l'humanité par l'IA "serait acceptable tant que l'intelligence artificielle survit". "Le pire scénario, c'est une situation à la Terminator où l'IA nous tue tous", a-t-il averti le jury. Savitt a retourné l'argument : xAI a poursuivi l'État du Colorado en avril pour contester une loi anti-discrimination algorithmique, et la juge Yvonne Gonzalez Rogers a elle-même tancé les deux camps, rappelant que le procès ne portait pas sur "les dommages causés à l'humanité par l'intelligence artificielle". Musk, fondateur d'une entreprise d'IA rivale qui distille les modèles de son adversaire, se retrouve dans la position inconfortable d'un défenseur de la sécurité dont les actes contredisent le discours.

UEUne restructuration forcée d'OpenAI par le tribunal pourrait ralentir son déploiement commercial en Europe et compliquer sa mise en conformité avec l'AI Act.

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Musk contre Altman, semaine 3 : guerre de crédibilité, au jury de trancher
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Musk contre Altman, semaine 3 : guerre de crédibilité, au jury de trancher

La troisième et dernière semaine du procès opposant Elon Musk à Sam Altman et OpenAI s'est achevée par les plaidoiries finales des deux camps, devant un jury californien. L'avocat de Musk, Steven Molo, a soutenu qu'Altman et Greg Brockman, président d'OpenAI, ont trahi la promesse faite au milliardaire lorsqu'il a financé l'organisation : maintenir OpenAI comme une association à but non lucratif développant l'IA au bénéfice de l'humanité. Au lieu de cela, ils ont créé une filiale commerciale qui les a rendus extraordinairement riches. L'avocate d'OpenAI, Sarah Eddy, a répliqué qu'aucune telle promesse n'a jamais été formulée, que l'organisation reste une entité non lucrative malgré sa restructuration, et que Musk a attendu trop longtemps pour agir, révélant ainsi son véritable mobile : saboter un concurrent direct de sa propre entreprise d'IA, xAI, lancée en 2023. Musk réclame l'annulation de la conversion d'OpenAI en société à bénéfice public réalisée en 2025, l'éviction d'Altman et Brockman, ainsi que jusqu'à 134 milliards de dollars de dommages à verser à Microsoft et OpenAI. Le jury entame ses délibérations lundi et rendra un verdict consultatif dès la semaine prochaine, verdict qui ne lie pas le juge, seul décideur final. L'enjeu financier est colossal. Une décision favorable à Musk pourrait compromettre l'introduction en bourse d'OpenAI, dont la valorisation approche les 1 000 milliards de dollars. Pendant ce temps, xAI devrait entrer en bourse dans le cadre de SpaceX dès juin prochain, avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars. Le procès met également sous pression la crédibilité d'Altman, déjà fragilisée par son licenciement temporaire en novembre 2023. Ses anciens collègues, dont Ilya Sutskever et Mira Murati ainsi que les ex-administrateurs Helen Toner et Tasha McCauley, ont témoigné qu'il leur avait menti. Le comité de surveillance de la Chambre des représentants américaine a ouvert la semaine dernière une enquête sur ses conflits d'intérêts potentiels, notamment son investissement d'un tiers dans Helion Energy, société de fusion nucléaire à qui il aurait tenté d'orienter des contrats d'approvisionnement en énergie pour OpenAI. Des procureurs généraux d'au moins six États ont également demandé à la SEC d'examiner ces liens. Le procès révèle une fracture idéologique et personnelle profonde entre deux hommes qui cofondèrent OpenAI en 2015 avec une vision commune. Altman a affirmé devant le jury qu'en 2017, lors de discussions sur une possible filiale commerciale, Musk avait suggéré que le contrôle d'OpenAI passe à ses enfants en cas de décès, témoignage présenté comme preuve d'une ambition de pouvoir personnel. L'audience a aussi vu apparaître une anecdote symbolique : OpenAI a sorti un trophée en forme de postérieur d'âne, remis à un employé après que Musk l'eut traité de "jackass" pour avoir freiné ses plans d'accélération vers l'AGI. Quelle que soit l'issue, le procès a exposé publiquement les tensions internes qui ont secoué le laboratoire le plus influent de l'IA mondiale, à un moment où la course à l'intelligence artificielle générale s'intensifie entre tous les acteurs du secteur.

UEUn verdict défavorable à OpenAI pourrait compromettre son introduction en bourse et perturber l'accès aux services OpenAI utilisés massivement par les entreprises et développeurs européens, sans impact réglementaire direct sur la France ou l'UE à ce stade.

💬 Ce procès va surtout révéler ce que tout le monde savait au fond : la mission "IA pour l'humanité" n'était pas la priorité numéro un des deux hommes. Les anciens collègues d'Altman ont témoigné sous serment qu'il leur avait menti, et ça, ça colle à la peau longtemps, verdict consultatif ou pas. Un an avant une IPO à mille milliards, c'est franchement le pire moment pour que ça sorte.

BusinessOpinion
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