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Musk contre Altman, semaine 1 : trompé, il alerte sur l'IA meurtrière et admet que xAI distille les modèles d'OpenAI

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Elon Musk a comparu la semaine dernière devant le tribunal fédéral d'Oakland, en Californie, dans le cadre du procès qu'il intente contre OpenAI et ses dirigeants Sam Altman et Greg Brockman. Vêtu d'un costume noir, Musk a affirmé sous serment avoir été dupé lors de la cofondation d'OpenAI en 2015 : il pensait financer une organisation à but non lucratif dédiée au bénéfice de l'humanité, et non contribuer à l'enrichissement personnel de ses dirigeants. "J'ai fourni 38 millions de dollars de financement essentiellement gratuit, qu'ils ont ensuite utilisés pour créer ce qui est devenu une entreprise valorisée à 800 milliards de dollars", a-t-il déclaré au jury. Musk demande au tribunal d'écarter Altman et Brockman de leurs fonctions et d'annuler la restructuration qui a permis à OpenAI d'opérer une filiale commerciale. Fait saisissant de la semaine : Musk a admis, provoquant des murmures dans la salle, que son propre laboratoire d'IA xAI utilise les modèles d'OpenAI pour entraîner Grok, son chatbot concurrent.

L'issue du procès pourrait bouleverser la trajectoire d'OpenAI vers une introduction en bourse à une valorisation approchant les 1 000 milliards de dollars. En parallèle, xAI devrait entrer en Bourse via SpaceX dès juin, avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars. La question centrale du procès dépasse la simple querelle entre fondateurs : elle porte sur qui contrôle la mission de développement sûr de l'IA et selon quelles règles une organisation fondée comme à but non lucratif peut se transformer en machine commerciale. Pour Musk, rétablir la structure originale d'OpenAI est une question de survie pour l'humanité ; pour l'avocat d'OpenAI William Savitt, il s'agit simplement d'éliminer un concurrent gênant.

La rhétorique autour de la sécurité de l'IA a dominé les échanges. Musk a déclaré avoir cofondé OpenAI pour faire contrepoids à Google, dont le cofondateur Larry Page lui aurait dit que l'extinction de l'humanité par l'IA "serait acceptable tant que l'intelligence artificielle survit". "Le pire scénario, c'est une situation à la Terminator où l'IA nous tue tous", a-t-il averti le jury. Savitt a retourné l'argument : xAI a poursuivi l'État du Colorado en avril pour contester une loi anti-discrimination algorithmique, et la juge Yvonne Gonzalez Rogers a elle-même tancé les deux camps, rappelant que le procès ne portait pas sur "les dommages causés à l'humanité par l'intelligence artificielle". Musk, fondateur d'une entreprise d'IA rivale qui distille les modèles de son adversaire, se retrouve dans la position inconfortable d'un défenseur de la sécurité dont les actes contredisent le discours.

Impact France/UE

Une restructuration forcée d'OpenAI par le tribunal pourrait ralentir son déploiement commercial en Europe et compliquer sa mise en conformité avec l'AI Act.

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Musk contre Altman devant la justice, et le problème de rentabilité de l'IA
1MIT Technology Review 

Musk contre Altman devant la justice, et le problème de rentabilité de l'IA

Elon Musk et Sam Altman s'affrontent cette semaine devant un tribunal américain dans un procès aux conséquences potentiellement historiques pour l'industrie de l'intelligence artificielle. Musk, cofondateur d'OpenAI, réclame 134 milliards de dollars en dommages et intérêts, l'éviction d'Altman et du président Greg Brockman, ainsi que le retour de l'entreprise à son statut d'organisation à but non lucratif. Il affirme avoir été trompé lors de son financement initial de la société. Le tribunal pourrait décider si OpenAI est autorisée à poursuivre sa transformation en entreprise commerciale en vue d'une introduction en bourse, une décision dont la portée dépasse largement le simple litige entre deux milliardaires. Dans ce contexte tendu, OpenAI a également mis fin à son partenariat exclusif avec Microsoft, ouvrant la voie à des accords avec des concurrents comme Amazon, même si Microsoft conserve une licence d'utilisation des technologies du groupe. Par ailleurs, DeepSeek a annoncé que son nouveau modèle d'IA est proposé à un prix 97 % inférieur à celui du GPT-5.5 d'OpenAI, ciblant délibérément les entreprises, les développeurs et les applications d'agents autonomes. Ce procès cristallise une tension plus profonde qui traverse toute l'industrie : les entreprises d'IA ont construit des technologies impressionnantes et promis des transformations radicales, mais le modèle économique qui relie ces deux extrémités reste encore flou. Pendant ce temps, les deepfakes weaponisés constituent une menace concrète et immédiate : des images sexuelles explicites non consenties aux campagnes de désinformation politique, les modèles génératifs bon marché produisent des contenus d'une crédibilité alarmante. Ces outils alimentent déjà des violences réelles, influencent des opinions et détruisent la confiance, avec un impact disproportionné sur les femmes et les groupes marginalisés. La montée d'une résistance populaire contre l'IA dans les zones rurales américaines, de l'Indiana à l'Idaho, traduit ce même malaise qui s'étend désormais à l'échelle mondiale. L'environnement réglementaire et géopolitique complique encore davantage ce tableau. Google a signé un accord classifié avec le Pentagone autorisant l'usage de l'IA à des fins gouvernementales, malgré l'opposition interne de plus de 600 employés. L'Union européenne a simultanément ordonné à Google d'ouvrir Android à des assistants IA concurrents de Gemini, une décision finale attendue avant fin juillet. OpenAI travaillerait en parallèle sur un smartphone centré sur l'IA, développé avec des processeurs potentiellement fournis par Qualcomm et MediaTek, un appareil qui remplacerait les applications traditionnelles par des agents. Le verdict du procès Musk-Altman, attendu dans les prochaines semaines, pourrait redéfinir non seulement l'avenir d'OpenAI, mais aussi les règles du jeu pour l'ensemble du secteur.

UEL'Union européenne a ordonné à Google d'ouvrir Android aux assistants IA concurrents de Gemini, avec une décision finale attendue avant fin juillet, ce qui impacte directement l'écosystème des assistants IA pour les utilisateurs et développeurs européens.

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ELON MUSK DÉCHAÎNÉ : Il veut évincer Sam Altman et réclame 134 Md$ à OpenAI !
2Le Big Data 

ELON MUSK DÉCHAÎNÉ : Il veut évincer Sam Altman et réclame 134 Md$ à OpenAI !

Le procès opposant Elon Musk à OpenAI s'est ouvert le lundi 27 avril 2026 devant un tribunal fédéral de Californie, marquant une nouvelle escalade dans la guerre personnelle et juridique entre le patron de Tesla et SpaceX et son ancien partenaire Sam Altman. Dans sa plainte, Musk accuse Altman, le cofondateur Greg Brockman et Microsoft de rupture de contrat et d'enrichissement injustifié. Il réclame rien de moins que 134 milliards de dollars de dommages et intérêts, le renvoi d'Altman et de Brockman, et entend réinjecter ces fonds dans la branche à but non lucratif d'OpenAI. OpenAI oppose que Musk aurait accepté dès 2017 la nécessité d'une entité commerciale pour financer son développement, et que les quelque 38 millions de dollars qu'il avait apportés à la fondation constituaient un don sans droits de propriété. Le procès, estimé à deux ou trois semaines, devrait voir défiler à la barre Elon Musk, Sam Altman et Satya Nadella, le PDG de Microsoft. L'enjeu dépasse largement une querelle d'ego entre milliardaires. Si Musk obtient gain de cause, il pourrait forcer une restructuration majeure d'OpenAI et bloquer, ou du moins compliquer considérablement, sa conversion en entreprise à but lucratif que l'organisation cherche à finaliser. Microsoft, qui a investi plusieurs dizaines de milliards de dollars dans OpenAI et en est le principal partenaire cloud, se retrouve directement dans la ligne de mire. Un jugement défavorable remettrait en question la légitimité juridique de tout l'édifice financier et organisationnel bâti depuis 2019. Pour les utilisateurs de ChatGPT et pour l'ensemble de l'industrie, une telle issue créerait une incertitude massive sur la gouvernance et les financements des grands laboratoires d'IA. Tout remonte à la fondation d'OpenAI en 2015, créée explicitement comme organisation à but non lucratif dédiée au bénéfice de l'humanité. Musk, qui en était l'un des principaux bailleurs, a commencé à montrer des signes d'impatience dès 2017, cherchant à prendre un contrôle accru sur la direction scientifique. Il quitte le conseil d'administration en 2018, officiellement pour éviter un conflit d'intérêts avec Tesla. Depuis, OpenAI a connu une ascension vertigineuse avec le lancement de ChatGPT fin 2022 et des valorisations qui frôlent aujourd'hui les 300 milliards de dollars. En 2025, les autorités ont autorisé l'entreprise à faire évoluer une partie de ses activités vers un modèle lucratif tout en maintenant un lien formel avec sa structure d'origine. C'est précisément cette transformation qu'Elon Musk conteste, y voyant une trahison de la mission fondatrice et, selon Altman, surtout la frustration d'un homme qui a raté le train de la plus grande révolution technologique de la décennie.

UEUne issue défavorable à OpenAI créerait une incertitude juridique et commerciale majeure pour les entreprises et utilisateurs européens dépendant de ChatGPT et des APIs d'OpenAI, et fragiliserait la stratégie IA de Microsoft en Europe.

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Affaire Musk-OpenAI et résultats des géants tech au programme cette semaine
3The Information AI 

Affaire Musk-OpenAI et résultats des géants tech au programme cette semaine

Cette semaine s'annonce décisive pour la Silicon Valley : Elon Musk et Sam Altman se retrouvent devant un tribunal de Californie pour un procès portant sur les origines d'OpenAI. Le milliardaire conteste les fondements de l'organisation qu'il a lui-même cofondée, réclamant notamment des réparations liées à ce qu'il considère comme une trahison de la mission initiale à but non lucratif de la société. En parallèle, mercredi soir, quatre des plus grandes entreprises technologiques mondiales, Google, Meta Platforms, Microsoft et Amazon, publient simultanément leurs résultats financiers du premier trimestre 2025, quelques minutes d'intervalle seulement après la clôture des marchés. Apple suit le jeudi avec ses propres chiffres trimestriels. L'issue du procès Musk-Altman devrait avoir peu de conséquences directes sur OpenAI et sur son produit phare, ChatGPT. Les chances que Musk obtienne gain de cause sur l'ensemble de ses revendications restent faibles selon les observateurs juridiques, même si une victoire partielle n'est pas exclue. Ce qui est en jeu dépasse le simple différend personnel : le procès soulève des questions fondamentales sur la gouvernance des organisations d'IA, la transformation d'une structure à but non lucratif en entité commerciale valorisée à plusieurs centaines de milliards de dollars, et la responsabilité des fondateurs vis-à-vis de la mission originelle d'une entreprise. La publication quasi simultanée des résultats des quatre géants tech mercredi témoigne de la concentration extrême du pouvoir économique dans ce secteur. Google, Meta, Microsoft et Amazon représentent ensemble une part écrasante des investissements mondiaux dans l'IA, et leurs chiffres trimestriels seront scrutés pour mesurer le retour concret de ces dépenses colossales. Le procès Musk-OpenAI s'inscrit quant à lui dans une série de batailles juridiques et idéologiques autour du contrôle de l'intelligence artificielle générale, un enjeu que plusieurs acteurs, dont Musk avec sa propre société xAI, cherchent à orienter selon des visions radicalement différentes de l'avenir technologique.

UELes résultats financiers des géants tech et l'issue du procès Musk-OpenAI influenceront indirectement les stratégies d'investissement IA en Europe, sans impact direct sur les entreprises ou la réglementation française.

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C’est confirmé : OpenAI met toute sa puissance sur une IA qui va changer le monde
4Le Big Data 

C’est confirmé : OpenAI met toute sa puissance sur une IA qui va changer le monde

OpenAI a décidé de mettre en pause, voire d'abandonner définitivement, le développement de Sora, son générateur de vidéos par IA, pour réorienter l'intégralité de ses ressources de calcul vers une nouvelle génération de modèles d'intelligence artificielle. L'annonce a été confirmée officiellement dans la documentation interne d'OpenAI début avril 2026. Sam Altman, PDG de l'entreprise, a déclaré publiquement : "Il se passe quelque chose de très important. Je ne m'attendais pas, il y a trois ou six mois, à être là où nous en sommes aujourd'hui." Ce pivot stratégique rappelle directement celui opéré lors du tournant vers GPT-3, quand OpenAI avait déjà sacrifié plusieurs projets prometteurs en robotique pour concentrer ses moyens sur un pari jugé plus structurant. Cette fois, l'enjeu est encore plus ambitieux : il s'agit de développer des agents autonomes capables d'exécuter des tâches complexes, de prendre des décisions et de s'intégrer dans des flux de travail à grande échelle. La décision révèle une réalité fondamentale du secteur : les ressources de calcul sont un goulot d'étranglement absolu. Poursuivre Sora en parallèle aurait mobilisé une part trop importante de cette infrastructure au détriment des projets jugés prioritaires. Pour les entreprises, les conséquences pourraient être considérables : Altman évoque l'émergence d'un écosystème entier de "chercheurs et entreprises spécialisées dans l'automatisation", construits autour de ces nouveaux agents. Ces systèmes ne se contenteraient plus d'assister les utilisateurs, mais automatiseraient des processus entiers, de la recherche à l'exécution opérationnelle. La frustration exprimée par certains développeurs sur les forums communautaires d'OpenAI illustre bien que Sora suscitait des attentes réelles, mais la logique de concentration l'a emporté sur celle de la diversification. Ce virage s'inscrit dans une dynamique plus large de course aux ressources qui structure désormais toute l'industrie de l'IA. Comme le résume Altman lui-même : "Tout repose sur le calcul." Les modèles les plus performants exigent des infrastructures massives, des centres de données spécialisés et des investissements colossaux, ce qui crée une guerre des ressources entre les grands acteurs. OpenAI, face à Microsoft, Google DeepMind et Anthropic, fait le choix de concentrer ses efforts plutôt que de les disperser, quitte à abandonner des projets pourtant aboutis. Les avancées internes des derniers mois ont visiblement été si rapides que même l'équipe dirigeante ne les anticipait pas, suggérant un saut qualitatif potentiellement significatif. Si les prochains modèles tiennent leurs promesses, on pourrait assister à un changement de paradigme dans la manière dont individus et organisations interagissent avec l'IA, non plus comme un outil d'assistance, mais comme un acteur autonome dans la chaîne de décision.

UELa réorientation vers les agents autonomes va intensifier la pression sur les entreprises européennes pour adapter leurs workflows et relance le débat sur la souveraineté numérique face à la concentration des ressources de calcul chez les géants américains.

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