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☕️ Google DeepMind s’attaque à EVE Online
RechercheNext INpact · 2 min de lecture

☕️ Google DeepMind s’attaque à EVE Online

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Google DeepMind a annoncé un partenariat avec Fenris Creations, le studio islandais opérateur d'EVE Online, pour entraîner une intelligence artificielle dans l'univers de ce MMORPG culte lancé en 2003. La collaboration, dont les détails techniques restent partiellement flous, sera précisée lors de la Fanfest, le rassemblement annuel de la communauté EVE, la semaine prochaine, avec une intervention prévue d'Adrian Bolton, l'un des fondateurs du laboratoire. Dans un premier temps, les recherches se dérouleront dans des environnements contrôlés et hors ligne du jeu. Google DeepMind a également pris une participation minoritaire au capital de Fenris Creations, de l'ordre de quelques millions de dollars. Le studio affichait fin 2025 ses meilleurs résultats depuis plusieurs années.

EVE Online représente un défi d'une autre nature que les précédentes conquêtes de DeepMind dans le jeu vidéo. Là où le Go, les échecs ou StarCraft II reposent sur des règles fixes et des objectifs clairs, New Eden, la galaxie persistante du jeu partagée par des milliers de joueurs sur un seul serveur mondial, génère des comportements émergents d'une complexité sociale exceptionnelle : guerres interstellaires, cartels économiques, espionnage industriel, manipulation de marchés, propagande, doctrines militaires et politiques évolutives. Pour Alexandre Moufarek, directeur de Google DeepMind, il s'agit d'une « simulation unique en son genre pour tester une intelligence artificielle généraliste dans un bac à sable sécurisé ». L'enjeu est de taille : développer une IA capable de naviguer dans des environnements ouverts, à long terme et socialement ambigus, ce que les benchmarks classiques ne permettent pas d'évaluer.

Ce partenariat s'inscrit dans un moment charnière pour EVE Online. Depuis 2018, le jeu était aux mains de Pearl Abyss, éditeur coréen récemment connu pour Crimson Desert, qui a finalement revendu CCP Games, rebaptisé Fenris Creations, à son fondateur historique Hilmar Veigar Pétursson pour 120 millions de dollars, soit bien en dessous des 225 millions payés lors de l'acquisition initiale. La transaction intègre 20 millions en tokens du jeu EVE Frontier, projet blockchain dont l'avenir reste incertain. C'est donc un studio redevenu indépendant, revigoré par de bons résultats financiers et un partenaire de poids comme Google, qui aborde cette nouvelle phase. Pour DeepMind, après avoir dominé les jeux à règles fermées, EVE Online est peut-être le terrain le plus ambitieux jamais tenté : un monde vivant, imprévisible, peuplé de vraies décisions humaines.

💬 L'analyse de Mathieu

EVE Online, c'est le seul jeu où des humains ont monté des cartels, orchestré des coups d'état et manipulé des marchés pendant 20 ans, sur un seul serveur mondial. Tester une IA généraliste là-dedans face à la vraie complexité sociale, c'est autrement plus ambitieux que battre un pro au Go. Reste à voir si "environnements hors ligne" ne vide pas l'expérience de son intérêt, parce que EVE sans les joueurs, c'est pas grand-chose.

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Des chercheurs de Google DeepMind ont publié une étude présentant AlphaEvolve, un système d'évolution de code piloté par un grand modèle de langage capable de réécrire et d'améliorer automatiquement des algorithmes de théorie des jeux. Appliqué à deux paradigmes de référence en apprentissage par renforcement multi-agents (MARL), le Counterfactual Regret Minimization (CFR) et le Policy Space Response Oracles (PSRO), le système a découvert de nouvelles variantes qui égalent ou surpassent les meilleures solutions conçues manuellement par des experts. Tous les tests ont été conduits dans le cadre OpenSpiel, sur des jeux à information imparfaite comme le poker de Kuhn à trois joueurs, le Leduc Poker, le Goofspiel et le Liar's Dice. Le modèle LLM utilisé pour muter le code source est Gemini 2.5 Pro. Ce travail représente un changement de paradigme dans la conception d'algorithmes pour les jeux stratégiques complexes, un domaine où les chercheurs passaient jusqu'ici des mois à affiner manuellement des règles de pondération, de discount et de convergence. AlphaEvolve automatise entièrement ce processus d'exploration : à chaque génération, un algorithme parent est sélectionné selon ses performances, son code source est transmis au LLM avec une consigne de modification, et le candidat résultant est évalué sur un ensemble de jeux d'entraînement. La variante CFR découverte, baptisée VAD-CFR (Volatility-Adaptive Discounted CFR), introduit notamment un mécanisme de discount adaptatif basé sur la volatilité, là où les variantes classiques comme DCFR ou PCFR+ appliquent des règles statiques définies par des humains. L'implication pratique est directe : des algorithmes qui convergent plus vite vers un équilibre de Nash signifient des agents de jeu plus efficaces, avec des applications potentielles en simulation économique, en sécurité et en IA adversariale. Google DeepMind s'inscrit ici dans une tendance plus large d'automatisation de la recherche en IA, où les LLM ne servent plus seulement à générer du texte mais à explorer des espaces de conception algorithmique. CFR est à la base de systèmes comme Libratus et Pluribus, les IA de poker qui ont battu les meilleurs joueurs humains en 2017 et 2019 ; améliorer ses variantes reste donc un enjeu concret pour les applications de prise de décision sous incertitude. Le framework AlphaEvolve avait déjà été utilisé par DeepMind pour optimiser des noyaux de calcul dans des contextes d'infrastructure. Son application aux algorithmes de théorie des jeux ouvre la voie à une automatisation plus systématique de la recherche en MARL, avec la question ouverte de jusqu'où un LLM peut explorer un espace algorithmique avant de buter sur des limites structurelles que l'intuition humaine seule saurait franchir.

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Google Deepmind affirme que les générateurs vidéo possèdent déjà les modèles du monde qui manquaient à la vision par ordinateur
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Google Deepmind affirme que les générateurs vidéo possèdent déjà les modèles du monde qui manquaient à la vision par ordinateur

Google DeepMind a présenté GenCeption, un système qui détourne un générateur vidéo de son usage habituel pour lui faire accomplir des tâches classiques de vision par ordinateur, comme l'estimation de profondeur ou la segmentation d'images. Le modèle atteint des performances comparables aux meilleurs systèmes spécialisés actuels, alors qu'il a été entraîné avec beaucoup moins de données. Fait notable, son entraînement s'est appuyé presque exclusivement sur des vidéos synthétiques plutôt que sur des images réelles, une approche qui réduit considérablement les besoins en données annotées manuellement. Cette prouesse technique alimente un débat déjà vif dans la communauté de l'intelligence artificielle : les générateurs vidéo, conçus à l'origine pour produire des images animées réalistes, contiendraient-ils déjà, en creux, une forme de modèle universel du monde physique ? Si cette hypothèse se confirme, les implications sont importantes pour l'industrie de la vision par ordinateur, qui pourrait voir converger deux familles de systèmes jusqu'ici séparées, les modèles génératifs et les modèles de perception. Cela ouvrirait la voie à des architectures plus polyvalentes, capables à la fois de générer et de comprendre le monde visuel, réduisant les coûts de développement pour des applications comme la robotique, la conduite autonome ou l'analyse d'images médicales. Le débat sur les modèles du monde occupe une place centrale dans la recherche en IA depuis plusieurs années, porté notamment par des chercheurs comme Yann LeCun chez Meta, qui plaide pour des architectures capables d'apprendre une représentation implicite de la physique et de la causalité plutôt que de simplement prédire des pixels. Les résultats de Google DeepMind suggèrent que les générateurs vidéo, entraînés uniquement à prédire des séquences d'images plausibles, développent malgré tout une compréhension exploitable de la structure du monde réel. Reste à savoir si cette capacité se généralise à d'autres tâches de vision plus complexes, et si les grands laboratoires d'IA, entre Google, Meta et OpenAI, orienteront davantage leurs futurs modèles vers cette convergence entre génération et perception.

💬 L'idée que les générateurs vidéo pourraient déjà contenir un modèle du monde, c'est le genre de truc qu'on attendait depuis 2 ans. Ce qui me frappe, c'est le coût : entraîné quasi exclusivement sur du synthétique, sans annoter des masses d'images à la main, ça change la donne économique de la vision par ordinateur. Reste à voir si ça généralise au-delà de l'estimation de profondeur, mais si LeCun avait raison sur les modèles du monde, ce serait ironique que ce soit un générateur d'images qui lui donne raison plutôt qu'une architecture pensée pour ça.

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Google DeepMind présente Decoupled DiLoCo, une architecture asynchrone à 88 % de goodput malgré les pannes matérielles
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Google DeepMind a présenté Decoupled DiLoCo (Distributed Low-Communication), une nouvelle architecture d'entraînement distribué conçue pour entraîner de grands modèles de langage sur plusieurs centres de données géographiquement éloignés, sans nécessiter la synchronisation permanente que demandent les approches classiques. L'architecture divise le calcul en groupes de puces indépendants, appelés "learner units", qui s'entraînent de manière semi-autonome avant de partager un signal de gradient compressé avec un optimiseur central. Le gain en bande passante est spectaculaire : là où l'entraînement distribué standard exige environ 198 Gbps de connectivité entre huit centres de données, Decoupled DiLoCo n'en requiert que 0,84 Gbps, soit une réduction de plusieurs ordres de grandeur compatible avec une infrastructure réseau ordinaire. Lors de simulations impliquant 1,2 million de puces soumises à des taux de pannes élevés, le système a maintenu un "goodput" (fraction du temps effectivement consacrée à l'entraînement utile) de 88%, contre seulement 27% pour les méthodes parallèles classiques. Ces chiffres révèlent un changement profond dans la manière dont on peut envisager l'entraînement à grande échelle. La principale fragilité des architectures actuelles tient à leur synchronisation bloquante : à chaque étape, toutes les puces doivent attendre la plus lente avant de passer à la suivante, ce qui rend un cluster de milliers d'accélérateurs extrêmement vulnérable aux défaillances matérielles. Decoupled DiLoCo rompt avec cette logique en rendant la synchronisation asynchrone : si un groupe de puces tombe en panne ou ralentit, les autres continuent à s'entraîner. L'équipe a poussé le test jusqu'à la "chaos engineering", une méthode qui consiste à introduire délibérément des pannes artificielles pendant un entraînement en cours. Le système a non seulement survécu à la perte de learner units entiers, mais les a réintégrés automatiquement à leur retour, un comportement qualifié d'"auto-réparation". Decoupled DiLoCo s'appuie sur deux travaux antérieurs de Google : Pathways, un système d'IA distribué fondé sur des flux de données asynchrones permettant à différentes ressources de calcul d'avancer à leur propre rythme, et DiLoCo, qui avait déjà démontré qu'il était possible de réduire drastiquement les communications inter-centres de données en multipliant les étapes locales avant chaque synchronisation. La combinaison des deux ouvre la voie à un entraînement véritablement planétaire, où des centres de données situés sur des continents différents peuvent contribuer à un même modèle sans infrastructure réseau dédiée. Dans un contexte où les modèles frontières mobilisent des centaines de milliards de paramètres et des dizaines de milliers de puces, cette résilience architecturale pourrait devenir une condition sine qua non pour qui veut maintenir des entraînements longs sans interruptions catastrophiques.

UELes laboratoires européens travaillant sur l'entraînement de grands modèles pourraient adopter cette approche pour mutualiser des centres de calcul géographiquement dispersés sans infrastructure réseau dédiée coûteuse.

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L'« AI co-clinician » de Google DeepMind devance GPT-5.4 aux tests en aveugle, mais reste derrière les médecins expérimentés
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L'« AI co-clinician » de Google DeepMind devance GPT-5.4 aux tests en aveugle, mais reste derrière les médecins expérimentés

Google DeepMind développe un système d'intelligence artificielle baptisé "AI co-clinician", conçu pour assister les médecins dans la prise en charge des patients. Selon une étude publiée par le laboratoire de recherche d'Alphabet, ce modèle surpasse GPT-5.4 d'OpenAI lors de tests en aveugle réalisés par des médecins, où les évaluateurs ne savaient pas quelle IA produisait quelle réponse. Malgré ces résultats encourageants obtenus dans des environnements simulés, le système reste en deçà des performances des médecins expérimentés en exercice. Cette recherche illustre à la fois les progrès réels de l'IA médicale et ses limites persistantes. Qu'un modèle de Google surpasse GPT-5.4 dans un contexte clinique simulé est significatif : cela montre que des architectures spécialisées, entraînées sur des données médicales, peuvent dépasser des modèles généralistes de dernière génération. Mais l'écart qui subsiste avec les cliniciens humains rappelle que la médecine exige un niveau de fiabilité et de nuance que les systèmes actuels n'atteignent pas encore. L'étude souligne également que le mode vocal de ChatGPT n'est pas adapté à des tâches sérieuses, et certainement pas aux consultations médicales. La course à l'IA médicale implique désormais les plus grands acteurs technologiques mondiaux, avec Google, Microsoft et plusieurs startups spécialisées en compétition directe. L'idée d'un "co-clinicien" artificiel, qui seconderait le médecin sans le remplacer, représente une approche volontairement prudente, cherchant à contourner les résistances réglementaires et éthiques. Ces travaux de DeepMind s'inscrivent dans une trajectoire où l'IA pourrait d'abord s'imposer comme outil d'aide à la décision avant toute autonomie clinique.

UELes systèmes d'aide à la décision clinique étant classés à haut risque par l'AI Act européen, ces résultats accélèrent la pression réglementaire sur les éditeurs de logiciels médicaux et les hôpitaux en France et en Europe.

💬 DeepMind bat GPT-5.4 en aveugle sur des cas cliniques, et c'est là que c'est intéressant : un modèle spécialisé qui dépasse le généraliste de dernière génération, ça prouve que la spécialisation a encore de l'avenir. Rester derrière les médecins expérimentés, c'est pas une surprise, c'est même rassurant que personne ne le cache. "Co-clinicien" plutôt que "diagnostic AI", c'est le choix de vocabulaire qui permet de déployer sans déclencher l'AI Act.

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