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Google donne un builder d’agents IA au Pentagone, et on ne sait même pas pourquoi
ÉthiqueLe Big Data14sem· 1 min de lecture

Google donne un builder d’agents IA au Pentagone, et on ne sait même pas pourquoi

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Google déploie ses agents IA Gemini auprès des 3 millions d'employés du Pentagone, confirmé par Emil Michael, sous-secrétaire à la Défense. Dans un premier temps limités aux réseaux non classifiés et aux tâches administratives et logistiques, ces agents pourraient être étendus aux systèmes classifiés selon une négociation en cours avec Google. L'annonce suscite des réactions mitigées, rappelant le controversé Project Maven de 2017, et soulève des questions sur les limites éthiques imposées aux fournisseurs technologiques travaillant avec la défense américaine.

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Le mathématicien Adam Kucharski a mis en évidence une faille frappante dans Microsoft Copilot : lorsqu'il a soumis à l'outil des jeux de données strictement identiques en changeant uniquement les étiquettes de pays, Copilot a produit des analyses détaillées faisant état de différences nationales qui n'existaient tout simplement pas. Au lieu de détecter l'absence de variation dans les chiffres, le modèle par défaut a généré des stéréotypes circonstanciés, présentant des résultats fabriqués comme s'ils étaient fondés sur les données réelles. Cette expérience, reproductible avec d'autres plateformes comme Gemini, révèle un angle mort systématique dans les outils d'IA généraliste utilisés au quotidien. Le problème n'est pas anodin : des professionnels s'appuient sur ces outils pour analyser des données économiques, sociales ou médicales, et un modèle qui confond ses propres biais culturels avec une analyse factuelle peut conduire à des décisions erronées sans que l'utilisateur s'en aperçoive. Les modèles dits "de raisonnement" (o3 d'OpenAI, les modes thinking de Gemini, etc.) parviennent à détecter ce type de piège, mais uniquement si l'utilisateur choisit activement de les activer, ce que la grande majorité ne fait pas. Ce constat pointe vers un problème de conception plus large : les interfaces de Copilot, Gemini ou ChatGPT proposent un modèle par défaut qui n'est pas nécessairement adapté à toutes les tâches, sans guider l'utilisateur vers le bon outil. Alors que Microsoft et Google intègrent l'IA dans des environnements professionnels sensibles, la question de la sélection automatique ou assistée du modèle selon le contexte d'usage devient un enjeu de fiabilité critique, que les éditeurs n'ont pas encore pleinement résolu.

UELes professionnels européens utilisant Copilot ou Gemini pour analyser des données économiques, sociales ou médicales s'exposent à des décisions fondées sur des analyses fabriquées, un risque de fiabilité directement dans le viseur de l'AI Act pour les systèmes à usage professionnel sensible.

💬 Le test d'Adam Kucharski est glaçant: données identiques, étiquettes de pays changées, et Copilot invente des différences nationales bien argumentées. Le modèle ne ment pas au sens classique, il comble les vides avec ses biais culturels, et ça passe parce que c'est fluide et ça semble fondé. Utiliser ces outils sur des données pro sans activer les modes raisonnement, c'est signer un rapport avec un outil qui hallucine en silence.

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Grammarly (rebaptisée Superhuman après une levée de fonds d'un milliard de dollars) a suspendu le 12 mars sa fonctionnalité « Expert Review », qui imitait le style d'auteurs et journalistes réels sans leur consentement — une décision prise par son PDG Shishir Mehrotra, qui reconnaît que l'outil était une « mauvaise fonctionnalité ». La journaliste Julia Angwin et d'autres poursuivent désormais l'entreprise en justice aux États-Unis pour usage non consenti de leur identité. Mehrotra esquisse un nouveau modèle : des agents IA représentant des experts, avec une répartition des revenus à 70 % pour l'auteur et 30 % pour la plateforme.

UELe RGPD et l'AI Act encadrent strictement l'usage de l'identité et des données personnelles sans consentement, rendant une fonctionnalité similaire illégale en Europe avant même tout recours judiciaire.

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Le Pentagone prépare des environnements sécurisés pour permettre à des entreprises comme OpenAI et xAI d'Elon Musk d'entraîner leurs modèles d'IA sur des données classifiées militaires, une première qui va au-delà de l'usage actuel (les modèles comme Claude d'Anthropic répondent déjà à des questions en contexte classifié, notamment pour l'analyse de cibles en Iran). L'entraînement se ferait dans des centres de données accrédités, où des employés habilités des entreprises d'IA pourraient accéder aux données dans de rares cas, tandis que le DoD resterait propriétaire des données. Selon Aalok Mehta du CSIS, le principal risque est que des informations classifiées intégrées dans les modèles pourraient être réexposées à n'importe quel utilisateur.

UELes débats américains sur l'entraînement de l'IA sur des données militaires classifiées pourraient accélérer les réflexions européennes sur l'encadrement de l'IA de défense dans le cadre du AI Act.

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Caitlin Kalinowski, responsable de la robotique chez OpenAI, a démissionné en dénonçant l'accord passé entre OpenAI et le Pentagone (Département de la défense de l'administration Trump). Elle critique l'absence de « cadre » de sécurité encadrant ce partenariat. Sa démission soulève des questions sur les garanties éthiques et sécuritaires dans les collaborations entre l'IA civile et le secteur militaire américain.

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