Aller au contenu principal
Des blocs de construction assemblés par robots pour une construction plus efficace et durable
RobotiqueMIT News Robotics6sem· 2 min de lecture

Des blocs de construction assemblés par robots pour une construction plus efficace et durable

Source originale ↗·
Des blocs de construction assemblés par robots pour une construction plus efficace et durable
▶ Voir sur YouTube

Des chercheurs du MIT ont développé un système de construction basé sur des blocs modulaires tridimensionnels, appelés "voxels", assemblés par des robots sur site. L'étude, publiée dans la revue Automation in Construction, a été menée par Miana Smith, doctorante au Center for Bits and Atoms (CBA) du MIT, en collaboration avec Paul Richard de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, Alfonso Parra Rubio et Neil Gershenfeld, professeur au MIT et directeur du CBA. L'équipe a d'abord évalué huit designs de voxels existants, puis conçu trois nouveaux modèles basés sur une géométrie en treillis octet, capable de s'auto-aligner mécaniquement pour former des structures rigides sans nécessiter de nombreux connecteurs. Pour automatiser l'assemblage, les chercheurs ont développé les MILAbots, des robots qui se déplacent comme des chenilles sur la structure en cours de construction, en ancrant et étendant leur corps, et qui placent les voxels en place à l'aide de pinces avant de les verrouiller par emboîtement.

Les résultats préliminaires sont saisissants sur le plan environnemental : ce système pourrait réduire le carbone incorporé, c'est-à-dire l'ensemble des émissions liées au cycle de vie des matériaux, de jusqu'à 82 % par rapport aux techniques courantes comme l'impression 3D en béton, le béton préfabriqué modulaire ou la charpente métallique. Le système serait également compétitif en termes de coût et de délais de construction. Le choix des matériaux utilisés pour fabriquer les voxels joue cependant un rôle déterminant dans leur bilan carbone et leur prix. Si ces chiffres se confirment à plus grande échelle, ce type d'approche pourrait transformer radicalement la manière dont on construit des bâtiments, un secteur qui représente aujourd'hui environ 40 % des émissions mondiales de CO2.

Le CBA développe les voxels depuis plusieurs années, jusqu'ici appliqués à des domaines à haute performance comme l'aéronautique et le spatial, en partenariat avec la NASA, Airbus et Boeing, notamment pour des ailes d'avion, des pales d'éoliennes et des structures spatiales. L'idée centrale est d'importer dans la construction la rigueur d'ingénierie de l'industrie aéronautique. "Pourquoi ne pas construire des bâtiments aussi efficacement qu'on construit des avions ?" résume Neil Gershenfeld. Des questions essentielles restent encore à résoudre avant un déploiement à grande échelle : la robustesse à long terme, la résistance au feu, et la montée en puissance du système de robotique. Mais selon les chercheurs, ces premiers résultats valident la faisabilité de la fabrication numérique appliquée au bâtiment, un champ qui pourrait devenir central dans la course mondiale à la décarbonation de la construction.

Impact France/UE

L'implication de l'EPFL de Lausanne et les objectifs de décarbonation du bâtiment (40 % des émissions mondiales) s'inscrivent dans les priorités du Pacte Vert européen, bien que le système reste au stade de la recherche préliminaire.

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

Des blocs reconfigurables permettent aux robots d'assembler et réutiliser des bâtiments
1Interesting Engineering 

Des blocs reconfigurables permettent aux robots d'assembler et réutiliser des bâtiments

Des chercheurs du MIT ont mis au point un système de construction modulaire dans lequel des unités structurelles légères, appelées voxels, peuvent être assemblées par des robots pour former des bâtiments à l'échelle réelle. Publiés par le groupe de recherche du MIT, ces travaux présentent des blocs géométriquement conçus pour s'emboîter sans fixations permanentes, selon un principe de réseau en treillis où les forces se répartissent sur l'ensemble de l'assemblage plutôt que de se concentrer dans des colonnes ou des poutres isolées. Les robots progressent le long de la structure au fur et à mesure de sa construction, plaçant et connectant chaque unité en séquence. L'ensemble du système a été pensé autour de ce que les machines peuvent exécuter de manière fiable, une logique inverse par rapport au chantier traditionnel, où les outils robotiques sont généralement intégrés à des méthodes conçues pour des équipes humaines. L'enjeu est à la fois environnemental et économique. Les chercheurs estiment que la construction par voxels pourrait produire une empreinte carbone nettement inférieure à celle des méthodes conventionnelles, grâce à deux facteurs : une utilisation plus légère des matériaux par volume construit, et la possibilité de récupérer et de réutiliser les composants en fin de vie plutôt que de les démolir. Le béton et l'acier génèrent d'importants volumes de carbone incorporé lors de leur fabrication ; un voxel, lui, pourrait théoriquement traverser plusieurs bâtiments successifs au cours de sa durée de vie. L'automatisation modifie également l'équation du travail : en confiant les tâches de placement répétitives à des robots, le système pourrait réduire les coûts et accélérer les délais de construction pour des structures standardisées. Le projet s'inscrit dans une trajectoire de recherche plus large sur la construction numérique, l'idée que les bâtiments, à l'image de produits manufacturés, peuvent être spécifiés en unités discrètes lisibles par des machines. Mais des limites importantes subsistent à ce stade. Le système s'applique uniquement à des formes géométriquement simples ; les plans irréguliers, les structures mixtes en hauteur et l'intégration des réseaux électriques, de plomberie ou de climatisation dans les parois portantes restent hors de portée. L'imperméabilité, l'isolation thermique et acoustique ne sont pas non plus résolues par la géométrie des voxels seuls. La question de la montée en échelle vers des chantiers multi-étages en conditions réelles demeure entière. Si ces obstacles sont surmontés, l'approche pourrait transformer en profondeur la manière dont architectes et ingénieurs conçoivent et démantèlent les bâtiments de demain.

RobotiqueActu
1 source
L'avenir de l'IA physique passe par des interfaces plus intelligentes, pas des robots plus capables
2IEEE Spectrum AI 

L'avenir de l'IA physique passe par des interfaces plus intelligentes, pas des robots plus capables

Wetour Robotics avance que le prochain saut architectural de l'IA physique ne viendra pas des robots eux-mêmes, mais de la façon dont les humains leur communiquent leurs intentions. La startup a développé une approche qu'elle nomme Spatial Intent Fusion : la fusion en temps réel de trois flux d'information centrés sur l'humain, à savoir la position spatiale du corps, le contexte visuel capté par la caméra, et l'intention gestuelle détectée via capteurs musculaires. Ces trois canaux sont traités simultanément par une plateforme matérielle appelée Orchestra, un hub portable embarqué sur processeur NVIDIA Jetson Orin Nano Super, capable d'exécuter l'intégralité de la boucle de contrôle en local, sans dépendance au cloud. Le résultat est traduit en commandes directes pour n'importe quel appareil physique connecté, avec une latence assez basse pour que le système réponde comme une extension naturelle du corps. L'enjeu est concret : les interfaces actuelles, écrans, boutons et commandes vocales, supposent que l'utilisateur peut s'arrêter, regarder vers le bas et formuler une instruction structurée. Cette hypothèse s'effondre dès que le travail se déroule dans un environnement réel. Un technicien de maintenance sur une éolienne, harnais accroché et les deux mains sur une clé, n'a pas la liberté de consulter un écran. Un opérateur logistique sur un quai de chargement, les yeux sur la palette et les mains gantées, ne peut pas dicter une commande vocale dans le bruit ambiant. Une personne en fauteuil motorisé dans une rue animée veut ajuster sa trajectoire sans sortir son téléphone. Pour Wetour Robotics, chaque canal observé isolément, un geste seul, un regard seul, reste ambigu. C'est la fusion de ces canaux au niveau système, avec une inférence d'intention robuste, qui rend l'interface fiable dans des conditions dégradées. Cette approche s'inscrit dans un constat plus large que l'industrie commence à formuler. Depuis trois ans, les progrès côté robot ont été spectaculaires : Boston Dynamics, Figure, Unitree ont repoussé les limites de la locomotion et de la dextérité, tandis que Google DeepMind a redéfini ce que les modèles vision-langage-action peuvent accomplir en environnement non structuré. Mais la boucle humain-machine n'a pas évolué au même rythme. Les mêmes trois modalités d'entrée dominent depuis quarante ans. Wetour Robotics parie que le vrai goulot d'étranglement se situe désormais du côté humain, et que faire de l'opérateur un noeud à part entière du réseau de calcul, avec la même qualité de participation que les capteurs embarqués sur le robot, constitue le prochain levier de performance. Le positionnement commercial de la société résume l'ambition en une formule : votre corps est l'interface.

RobotiqueActu
1 source
CubeDAgger : apprentissage par imitation interactif pour systèmes dynamiques, avec une interaction efficace et à faible risque
3arXiv cs.RO 

CubeDAgger : apprentissage par imitation interactif pour systèmes dynamiques, avec une interaction efficace et à faible risque

Des chercheurs ont publié CubeDAgger, une nouvelle méthode d'apprentissage par imitation interactive conçue pour les systèmes robotiques dynamiques. Présentée dans un article soumis à arXiv (identifiant 2505.04897), elle s'appuie sur un cadre existant appelé EnsembleDAgger et y apporte trois améliorations distinctes : une régularisation explicite du seuil de déclenchement des corrections humaines, un mécanisme de consensus entre plusieurs candidats d'action en lieu et place du simple basculement entre expert et agent, et enfin l'injection d'un bruit coloré autorégressif dans les actions du robot pour garantir une exploration cohérente dans le temps. Les expériences réelles ont été conduites sur une tâche de ramassage avec une cuillère, un robot apprenant à exécuter ce geste correctement à partir de zéro en seulement 30 minutes d'interaction avec un expert humain. L'enjeu central que CubeDAgger cherche à résoudre est la stabilité dynamique, un problème négligé par la majorité des méthodes actuelles. Les algorithmes d'apprentissage par imitation interactive existants fonctionnent bien pour des tâches statiques, où l'expert peut intervenir ponctuellement sans perturber le comportement du robot. Mais dès que la tâche implique du mouvement continu, ramasser un objet, stabiliser une trajectoire, un basculement brutal entre le mode expert et le mode autonome provoque des à-coups mécaniques qui compromettent la sécurité et la fiabilité. CubeDAgger réduit ces discontinuités, ce qui le rend pertinent pour des applications industrielles ou médicales où la précision du geste est critique. L'apprentissage par imitation interactive, dont DAgger est le pionnier depuis 2011, reste une approche de référence pour entraîner des politiques robotiques robustes sans nécessiter des millions d'exemples. Le défi a toujours été de minimiser la charge imposée à l'expert humain tout en conservant la qualité de l'apprentissage. Les variantes récentes comme EnsembleDAgger avaient progressé sur ce point, mais butaient sur les tâches dynamiques. CubeDAgger s'inscrit dans une tendance plus large visant à rendre la robotique apprenante opérationnelle en dehors des environnements contrôlés de laboratoire, avec des horizons d'application dans la logistique, la chirurgie assistée, ou encore les robots d'assistance domestique.

RobotiqueOpinion
1 source
Fonctions de barrière de contrôle résolues par programmation quadratique hiérarchique pour une interaction physique sûre entre humains et robots
4arXiv cs.RO 

Fonctions de barrière de contrôle résolues par programmation quadratique hiérarchique pour une interaction physique sûre entre humains et robots

Des chercheurs ont publié sur arXiv (réf. 2604.23039) une nouvelle approche pour sécuriser l'interaction physique entre humains et robots, en combinant les Fonctions de Barrière de Contrôle (CBF) avec un cadre de Programmation Quadratique Hiérarchique (HQP). L'objectif est de permettre à un robot de maintenir des comportements souhaités au point de contact avec l'humain, tout en respectant simultanément un ensemble de contraintes de sécurité parfois conflictuelles. Les expériences ont été menées sur un vrai robot redondant, c'est-à-dire un bras articulé disposant de plus de degrés de liberté que nécessaire, ce qui lui confère une flexibilité supplémentaire pour résoudre ces compromis en temps réel. L'intérêt de cette approche réside dans sa capacité à gérer un grand nombre de tâches de sécurité sans sacrifier les performances du robot. Jusqu'ici, quand plusieurs contraintes de sécurité entraient en conflit, les systèmes existants peinaient à trouver une solution réalisable. La hiérarchisation permet de relâcher certaines contraintes de moindre priorité de façon contrôlée, évitant ainsi les blocages tout en préservant les garanties essentielles. Pour des applications comme les robots de rééducation médicale ou les cobots industriels travaillant aux côtés d'opérateurs humains, cette flexibilité représente une avancée concrète en termes de fiabilité et de déploiement dans des environnements réels. Les Fonctions de Barrière de Contrôle sont devenues ces dernières années un outil théorique de référence pour la sécurité des systèmes autonomes, déjà appliquées au régulateur de vitesse adaptatif dans l'automobile ou à la navigation des robots quadrupèdes. Le défi persistant restait leur passage à l'échelle lorsque les tâches se multiplient et se contredisent. Ce travail s'inscrit dans un effort plus large de l'industrie robotique pour certifier formellement la sécurité des robots collaboratifs, un prérequis imposé par les régulateurs européens et les assureurs avant tout déploiement clinique ou industriel à grande échelle. Les prochaines étapes pourraient porter sur l'adaptation dynamique de la hiérarchie en fonction du contexte de l'interaction.

UELes régulateurs européens imposent une certification formelle de sécurité pour les cobots médicaux et industriels avant déploiement ; cette approche CBF-HQP fournit une base théorique et expérimentale pour répondre à ces exigences de conformité.

RobotiqueOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, rédigé par un humain · désinscription en un clic