
Sereact lève un Série B pour étendre Cortex 2.0 et entrer sur le marché américain
La startup allemande Sereact a annoncé le 27 avril 2026 une levée de fonds de série B de 110 millions de dollars pour accélérer le déploiement de son système d'intelligence artificielle robotique Cortex 2.0 et s'implanter aux États-Unis. Fondée en 2021 et basée à Stuttgart, l'entreprise vient d'ouvrir un bureau à Boston et recrute activement des ingénieurs, commerciaux et techniciens locaux. Cortex est conçu pour piloter des robots dans des environnements industriels réels : cellules de picking à un bras, stations de retours à deux bras, robots humanoïdes, ainsi qu'un système de perception 3D baptisé Sereact Lens, dédié à l'inventaire et au contrôle qualité. Parmi ses clients européens figurent déjà Daimler Truck, Mercedes-Benz, BMW, Austrian Post et le groupe Rohlik. Le chiffre mis en avant par l'entreprise est éloquent : sur 200 systèmes déployés ayant effectué un milliard de prises d'objets, une seule intervention humaine à distance est nécessaire toutes les 53 000 opérations.
Ce niveau d'autonomie représente un saut qualitatif significatif pour l'automatisation des entrepôts. Contrairement à la plupart des systèmes concurrents entraînés sur des données simulées ou des démonstrations en laboratoire, Cortex apprend en conditions réelles, de nuit, en période de pointe, sur des objets atypiques que le robot n'a jamais rencontrés. Chaque prise réussie ou ratée est capturée avec ses observations synchronisées, l'état du robot, le retour de force du préhenseur et le résultat final, puis filtrée et réinjectée dans le modèle selon un principe de boucle fermée. Ce que Sereact appelle un "data flywheel", une roue d'accélération de la donnée, signifie que chaque déploiement rend le système plus robuste, creusant l'écart avec des concurrents qui misent sur des milliards de dollars de simulation sans passer par l'épreuve du terrain.
La version Cortex 2.0, dont cette levée finance le déploiement à grande échelle, introduit une rupture architecturale majeure : au lieu de réagir après observation, le système "pense avant d'agir". Il intègre un modèle du monde qui génère plusieurs trajectoires possibles, les évalue selon des critères de stabilité, de risque et d'efficacité en simulant la physique et le comportement des objets, puis sélectionne la meilleure avant de bouger le bras. Cette planification s'effectue dans un "espace latent visuel", ce qui rend le modèle compatible avec différentes architectures de robots, indépendamment de leur cinématique propre. L'enjeu est de taille : la course mondiale à la robotique physique s'intensifie, avec des acteurs comme Figure, Physical Intelligence ou 1X levant des centaines de millions pour des approches concurrentes. L'entrée de Sereact sur le marché américain, depuis Boston, place la startup directement au coeur de cet écosystème en pleine ébullition.
La startup allemande Sereact, déjà déployée chez des industriels européens majeurs (Daimler Truck, BMW, Mercedes-Benz), lève 110 M$ pour accélérer l'automatisation robotique en Europe avant son expansion aux États-Unis.




