Aller au contenu principal
Un robot humanoïde Nvidia tient un poste de 8 heures en usine Siemens à 60 bacs par heure
RobotiqueInteresting Engineering3sem

Un robot humanoïde Nvidia tient un poste de 8 heures en usine Siemens à 60 bacs par heure

Résumé IASource uniqueImpact UETake éditorial
Source originale ↗·
Un robot humanoïde Nvidia tient un poste de 8 heures en usine Siemens à 60 bacs par heure
▶ Voir sur YouTube

En janvier 2026, le robot humanoïde HMND 01 Alpha du startup britannique Humanoid a réalisé un déploiement de deux semaines dans l'usine électronique de Siemens à Erlangen, en Allemagne. Les résultats, annoncés à la Hannover Messe 2026 en partenariat avec Nvidia, ont dépassé tous les objectifs fixés : le robot à roues a opéré en continu pendant plus de huit heures, déplaçant 60 bacs de stockage par heure avec un taux de réussite supérieur à 90 %. Sa mission consistait à saisir des bacs, les transporter à travers l'usine et les déposer sur des convoyeurs aux points de transfert désignés pour les opérateurs humains, dans un environnement de production réel où ses performances avaient un impact direct sur les opérations. Stephan Schlauss, directeur mondial de la motion control chez Siemens, a qualifié l'usine d'Erlangen de "customer zero" : Siemens s'est volontairement positionné comme premier client payant et validateur de la technologie, avant de la proposer à d'autres industriels.

Ce déploiement est significatif parce qu'il franchit la frontière entre démonstration contrôlée et production industrielle réelle. Le robot a travaillé aux côtés d'humains et de systèmes automatisés existants, coordonnant ses actions en temps réel avec des véhicules à guidage autonome et les systèmes de l'usine via la plateforme Siemens Xcelerator, qui a fourni des capacités de jumeau numérique, de perception par IA, d'interfaces PLC-robot et de gestion de flotte. C'est précisément ce niveau d'intégration enterprise qui distingue un vrai déploiement industriel d'une simple preuve de concept. Deepu Talla, vice-président robotique et edge AI chez Nvidia, a affirmé que ce déploiement ouvre la voie aux robots humanoïdes pour atteindre des objectifs de production réels sur des lignes actives.

Humanoid, fondée en 2024 par Artem Sokolov et dont le siège est à Londres avec des bureaux à Boston et Vancouver, emploie plus de 200 ingénieurs issus d'Apple, Tesla, Google et Boston Dynamics. L'entreprise a développé le HMND 01 Alpha en environ sept mois, là où le cycle habituel dépasse 18 à 24 mois, grâce à une approche "simulation d'abord" utilisant Nvidia Isaac Lab pour l'apprentissage par renforcement et Nvidia Isaac Sim pour la validation virtuelle avant tout déploiement physique. La version bipède du robot dispose de 29 degrés de liberté et d'une suite complète de capteurs. Siemens et Humanoid présentent le déploiement d'Erlangen non comme une expérimentation isolée mais comme une architecture de référence reproductible par d'autres fabricants, dans un contexte où la pénurie de main-d'oeuvre dans l'industrie manufacturière et les contraintes de flexibilité rendent les lignes entièrement automatisées souvent inadaptées.

Impact France/UE

L'usine Siemens d'Erlangen (Allemagne) est positionnée comme architecture de référence reproductible pour les industriels européens confrontés à la pénurie de main-d'œuvre manufacturière.

💬 Le point de vue du dev

60 bacs par heure, 8 heures sans s'arrêter, en production réelle, pas dans un labo avec les caméras bien placées. Le positionnement de Siemens en "customer zero" dit tout : ils testent sur leur propre usine avant de revendre l'architecture à leurs clients industriels, c'est une stratégie commerciale autant qu'une validation technique. Sept mois de dev au lieu de deux ans grâce à la simulation, bon, faut confirmer ça sur 50 usines et pas une.

Dans nos dossiers

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

L'IA physique s'approche des usines à mesure que les entreprises testent des robots humanoïdes
1AI News 

L'IA physique s'approche des usines à mesure que les entreprises testent des robots humanoïdes

La société britannique Humanoid s'apprête à déployer ses robots humanoïdes dans les usines de l'équipementier industriel allemand Schaeffler, avec un objectif de 1 000 à 2 000 machines installées sur les sites de production mondiaux du groupe d'ici 2032. Les premières livraisons sont prévues entre décembre 2026 et juin 2027 sur deux sites allemands : Herzogenaurach, où les robots s'occuperont de la manutention de cartons, et Schweinfurt, qui servira de terrain de test à plus grande échelle. En parallèle, Schaeffler deviendra fournisseur privilégié d'Humanoid pour ses actionneurs articulaires jusqu'en 2031, un contrat portant sur plus d'un million de pièces et couvrant plus de la moitié des besoins d'Humanoid pour ses plateformes humanoïdes à roues. Le montant total de l'accord n'a pas été divulgué. De son côté, la startup sud-coréenne RLWRLD collecte activement des données de mouvement auprès de travailleurs dans des hôtels, des entrepôts logistiques et des commerces de détail, notamment au Lotte Hotel Seoul, chez le groupe logistique CJ et dans des magasins de la chaîne japonaise Lawson, afin d'entraîner ses systèmes robotiques sur des gestes réels. Ces déploiements marquent une accélération concrète de l'IA physique dans les environnements industriels et de service, après des années de promesses restées au stade expérimental. La dextérité manuelle, identifiée comme priorité par les ingénieurs de RLWRLD, est au cœur des enjeux : les robots doivent reproduire des gestes précis comme plier des serviettes ou insérer un objet dans une boîte avant de la poser sur un tapis roulant. Pour Schaeffler, l'automatisation de tâches répétitives dans ses lignes de production représente un levier de compétitivité dans un contexte de pression sur les coûts industriels. Pour les startups comme Humanoid et RLWRLD, ces contrats valident leur modèle et leur permettent de financer le développement technologique à travers des déploiements réels. Le secteur se structure rapidement autour d'une échéance commune : 2028, année à laquelle plusieurs acteurs, dont RLWRLD, anticipent un déploiement à grande échelle des robots industriels. Hyundai Motor prévoit d'introduire des humanoïdes Boston Dynamics dans ses usines mondiales dès cette date, en commençant par son site de Géorgie. Samsung Electronics ambitionne quant à lui de transformer l'ensemble de ses sites de fabrication en "usines pilotées par l'IA" d'ici 2030, avec humanoïdes et robots spécialisés en production. Ces annonces suscitent l'inquiétude des syndicats sud-coréens, qui alertent sur les risques pour l'emploi et sur l'érosion des compétences techniques qualifiées. La Confédération coréenne des syndicats appelle gouvernement et employeurs à associer les travailleurs aux décisions, avant que le mouvement ne devienne irréversible.

UELes premiers déploiements de robots humanoïdes sont prévus dès fin 2026 sur des sites allemands de Schaeffler (Herzogenaurach et Schweinfurt), soulevant des questions directes sur l'emploi industriel et la transformation des métiers qualifiés en Europe.

RobotiqueOpinion
1 source
Le robot IA de Sony bat des joueurs pendant qu'un robot humanoïde remporte une course à Pékin
2AI News 

Le robot IA de Sony bat des joueurs pendant qu'un robot humanoïde remporte une course à Pékin

Un robot de tennis de table développé par Sony AI, baptisé Ace, a remporté des matchs contre des joueurs humains de haut niveau dans des conditions de compétition officielles, arbitrées selon les règles de la Fédération internationale de tennis de table. En avril 2025, Ace a gagné trois manches sur cinq face à des joueurs de niveau élite, avant d'enchaîner de nouvelles victoires contre des professionnels en décembre 2025 et début 2026. Le système repose sur neuf caméras synchronisées, trois systèmes de vision et huit articulations contrôlant la raquette, le tout capable de traiter le mouvement d'une balle à une vitesse que l'oeil humain ne peut résoudre. Contrairement aux robots de ping-pong existants depuis les années 1980, Ace n'a pas été entraîné par imitation de joueurs humains mais par auto-apprentissage en simulation, ce qui lui a permis de développer des stratégies propres, moins prévisibles pour ses adversaires. L'étude décrivant le système a été publiée dans la revue Nature. Cette performance marque une étape significative dans ce que l'industrie appelle la "physical AI", l'application de l'intelligence artificielle à des machines opérant dans des environnements réels et dynamiques. Le tennis de table représente un défi technique particulièrement difficile : la vitesse de la balle, la variabilité des effets et la contrainte de temps extrême exigent une perception et une coordination quasi instantanées. Peter Dürr, directeur de Sony AI Zurich et responsable du projet, souligne que contrairement aux jeux vidéo ou aux échecs, les sports physiques en temps réel restaient jusqu'ici hors de portée de l'IA. La joueuse professionnelle Mayuka Taira, battue par Ace, a noté que l'absence de signaux émotionnels du robot le rendait particulièrement difficile à lire : impossible de deviner ses points faibles ou ses préférences de jeu. L'équipe de Sony AI estime que les techniques de perception et de contrôle développées pour Ace pourront être transposées à la robotique industrielle et aux services. Dans un registre différent mais tout aussi révélateur de l'essor de la robotique physique, le premier semi-marathon de robots humanoïdes s'est tenu le même mois à Pékin, dans le district d'E-Town. L'événement a réuni plus d'une centaine de robots et quelque 12 000 coureurs humains sur des parcours séparés de 21 kilomètres. Le robot Lightning, développé par Honor, a franchi la ligne d'arrivée en 50 minutes et 26 secondes, établissant le meilleur temps de la compétition. Ces deux événements, le robot pongiste de Sony et le marathon pékinois, illustrent une même dynamique : après des années de progrès dans les environnements numériques contrôlés, l'IA s'attaque désormais au monde physique, avec des résultats qui commencent à rivaliser sérieusement avec les capacités humaines dans des disciplines concrètes et mesurables.

UELes techniques de perception et de contrôle développées par Sony AI Zurich pourraient influencer la robotique industrielle européenne à terme, mais aucun impact direct sur la France ou l'UE n'est identifiable à ce stade.

RobotiqueOpinion
1 source
Un robot humanoïde joue au badminton grâce à l'apprentissage par renforcement multi-étapes
3arXiv cs.RO 

Un robot humanoïde joue au badminton grâce à l'apprentissage par renforcement multi-étapes

Des chercheurs ont présenté un système de badminton pour robots humanoïdes entièrement piloté par apprentissage par renforcement, sans recours à des démonstrations d'experts ni à des référentiels de mouvement préenregistrés. Le pipeline d'entraînement, décrit dans un article soumis sur arXiv (arXiv:2511.11218), repose sur un curriculum en trois étapes : acquisition des déplacements de jambes, génération de frappes guidée par la précision, puis raffinement centré sur la tâche. En simulation, deux robots humanoïdes ont maintenu un échange de 21 coups consécutifs. Sur matériel réel, face à une machine lance-volants et à des adversaires humains, le robot a atteint des vitesses de volant en sortie de raquette allant jusqu'à 19,1 mètres par seconde, avec une distance d'atterrissage moyenne des retours de 4 mètres. Cette démonstration marque un cap dans la robotique des interactions dynamiques. Jusqu'ici, les robots humanoïdes excellaient dans des environnements statiques, locomotion, manipulation d'objets posés, mais échouaient face à des objets rapides et imprévisibles. Coordonner bras et jambes en temps réel pour intercepter et renvoyer un volant relève d'une difficulté qualitativement différente : le robot doit anticiper, se positionner et frapper avec précision en une fraction de seconde. Ce système unifié, qui pilote simultanément le bas et le haut du corps pour servir l'objectif de frappe, constitue une avancée directement applicable à d'autres tâches critiques en dynamique, comme la manipulation d'objets projetés ou les interactions physiques en environnement industriel. Pour déployer ce contrôleur sur robot réel, les chercheurs ont intégré un filtre de Kalman étendu (EKF) chargé d'estimer et de prédire la trajectoire du volant. Ils ont également développé une variante sans prédiction explicite, qui supprime l'EKF tout en atteignant des performances comparables, ce qui suggère que le réseau de neurones internalise lui-même une forme d'anticipation. Cette approche s'inscrit dans une tendance de fond : former des comportements moteurs complexes uniquement en simulation, puis les transférer sur hardware (sim-to-real transfer), sans nécessiter de données humaines coûteuses. Les résultats ouvrent la voie à des robots capables d'interactions physiques rapides et précises dans des contextes jusqu'ici réservés à l'humain.

RobotiqueOpinion
1 source
Des robots humanoïdes commencent à trier les bagages dans un aéroport de Tokyo face à la pénurie de main-d'œuvre
4Ars Technica AI 

Des robots humanoïdes commencent à trier les bagages dans un aéroport de Tokyo face à la pénurie de main-d'œuvre

Japan Airlines lance en mai 2026 une expérimentation de robots humanoïdes à l'aéroport international de Haneda, à Tokyo. Ces machines seront déployées pour trier les bagages et charger le fret, avec l'ambition d'élargir progressivement leurs missions au nettoyage des cabines d'avion et à la manipulation d'équipements au sol comme les chariots à bagages. Les essais sont prévus jusqu'en 2028, ce qui signifie que les passagers en transit à Haneda pourront vraisemblablement croiser ces robots en action sur le tarmac ou dans les zones de traitement des bagages au cours des deux prochaines années. Cette initiative répond à une pression concrète sur le marché du travail japonais : la fréquentation des aéroports a fortement progressé ces dernières années, creusant un écart entre les besoins en personnel et les candidats disponibles. Pour Japan Airlines, automatiser des tâches physiques répétitives et pénibles comme la manutention des bagages permettrait de compenser ce déficit sans dépendre de recrutements difficiles à réaliser. Si les essais s'avèrent concluants, ce modèle pourrait s'étendre à d'autres compagnies ou aéroports confrontés aux mêmes contraintes démographiques, notamment dans un Japon où le vieillissement de la population aggrave les tensions sur l'emploi manuel. Les robots humanoïdes franchissent ainsi une nouvelle étape après leurs premiers déploiements dans les usines automobiles et les entrepôts logistiques, environnements relativement contrôlés où les tâches sont prévisibles. Un aéroport représente un défi autrement plus complexe : espaces ouverts, flux irréguliers, interactions avec des humains, objets de formes variées. La grande majorité des automatisations industrielles reposent encore sur des bras robotisés spécialisés, conçus pour répéter indéfiniment un geste identique. Les robots humanoïdes, eux, doivent s'adapter en temps réel à des situations changeantes, ce qui met à l'épreuve les dernières générations de logiciels de perception et de contrôle moteur. L'expérience de Haneda servira de test grandeur nature pour mesurer si la technologie actuelle est réellement à la hauteur de ces environnements imprévisibles.

UELes aéroports européens confrontés à des tensions similaires sur le marché du travail pourraient s'appuyer sur les résultats de cette expérimentation pour évaluer la maturité des robots humanoïdes dans leurs propres opérations de piste et de bagagerie.

RobotiqueOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour