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Peur et dégoût chez OpenAI

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Le New Yorker a publié cette semaine un long portrait de Sam Altman, PDG d'OpenAI, revenant sur son parcours tumultueux à la tête de l'entreprise la plus influente dans le domaine de l'intelligence artificielle. Le texte rappelle l'épisode le plus marquant de cette saga : en novembre 2023, Altman avait été brusquement licencié par le conseil d'administration d'OpenAI, avant d'être réintégré quelques jours seulement après sous la pression des employés et des investisseurs. Depuis, il a profondément reconfiguré la gouvernance de l'organisation à son avantage.

L'enquête soulève une question centrale : Sam Altman est-il la bonne personne pour piloter une technologie aussi puissante et structurante que l'IA générative ? Le profil dressé par le New Yorker interroge la capacité d'un dirigeant au style controversé à assumer la responsabilité d'outils qui transforment en profondeur l'économie, le travail et la société. Pour des millions d'utilisateurs et des milliers d'entreprises qui dépendent de ChatGPT et des API d'OpenAI, la question du leadership n'est pas anodine.

OpenAI a connu depuis sa fondation des tensions internes récurrentes entre sa mission originelle à but non lucratif et ses ambitions commerciales croissantes, alimentées par des milliards de dollars d'investissement de Microsoft notamment. La crise de gouvernance de 2023 a mis en lumière ces contradictions structurelles, sans les résoudre. Le débat sur l'identité et les valeurs d'OpenAI reste ouvert, d'autant qu'Altman pousse désormais l'entreprise vers une transformation en société à but lucratif à part entière.

Impact France/UE

La transformation d'OpenAI en société à but lucratif pourrait modifier les conditions d'accès et la tarification de ses API pour les milliers d'entreprises européennes qui en dépendent.

💬 Le point de vue du dev

Le vrai sujet du New Yorker, c'est pas Altman, c'est la question qu'on esquive tous depuis 2023 : est-ce qu'on a vraiment envie que l'IA générative soit pilotée par quelqu'un qui a retourné son propre conseil d'administration en 5 jours ? La transition vers le tout-lucratif, je l'attendais, elle était écrite dès les premiers milliards de Microsoft. Mais là, pour les boîtes européennes qui ont tout misé sur les API OpenAI, ça va se traduire en dollars, bientôt.

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L'ambiance est mauvaise chez OpenAI
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L'ambiance est mauvaise chez OpenAI

OpenAI traverse une période de turbulences malgré des indicateurs financiers record. Il y a moins de deux semaines, la société a bouclé une levée de fonds de 122 milliards de dollars, portant sa valorisation post-money à 852 milliards de dollars, ce qui en fait l'une des startups les mieux financées de l'histoire. L'entreprise envisage également une introduction en bourse avant la fin de l'année. ChatGPT, son produit phare, a atteint un statut de marque générique comparable à "Kleenex" dans l'univers de l'IA grand public. Pourtant, ces chiffres impressionnants masquent des signaux d'instabilité préoccupants. Ces derniers mois, OpenAI a connu une série de départs et remaniements au sein de sa direction, des projets abandonnés en cours de route, et une accumulation de controverses publiques qui alimentent les doutes sur la solidité interne de la structure. Pour une entreprise en phase de préparation d'IPO, cette image de désordre organisationnel est un facteur de risque non négligeable aux yeux des investisseurs institutionnels. Les tensions remontent au début de l'année et s'inscrivent dans un contexte de pression concurrentielle accrue. Des acteurs comme Google DeepMind, Anthropic, Meta et des challengers chinois tels que DeepSeek bousculent la domination historique d'OpenAI. La question n'est plus seulement de savoir si la valorisation est justifiée, mais si l'entreprise peut maintenir sa cohésion stratégique et humaine au moment même où elle s'apprête à franchir le cap de la cotation publique.

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OpenAI : prévisions et conjectures
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OpenAI fait face à des critiques croissantes sur la crédibilité de ses projections financières. Selon des documents obtenus par The Information, la société prévoit que son chiffre d'affaires total atteindra 284 milliards de dollars d'ici 2030, contre 13 milliards en 2025. Sur le seul segment publicitaire, OpenAI anticipe 2,4 milliards de dollars de revenus publicitaires pour ChatGPT cette année, 11 milliards en 2026, et jusqu'à 102 milliards en 2030, alors que la plateforme n'a commencé à tester la publicité qu'en février 2025. Ces chiffres soulèvent des questions sérieuses sur la rigueur des prévisions communiquées aux investisseurs. L'analyste financier Jim Chanos, réputé pour ses positions à la baisse sur des entreprises surévaluées, a déclaré en février que ces projections s'apparentaient peut-être à de simples "suppositions". Promettre 2,4 milliards de revenus publicitaires sur une année à peine entamée, pour un format publicitaire encore en phase de test, relève d'un optimisme difficilement justifiable. Pour les investisseurs qui participent aux levées de fonds massives d'OpenAI, dont la valorisation dépasse les 300 milliards de dollars, la qualité de ces projections a des implications directes sur leurs décisions d'allocation de capital. OpenAI se trouve dans une position paradoxale : pour justifier des valorisations astronomiques, la société doit présenter des trajectoires de croissance spectaculaires, au risque de perdre en crédibilité si les chiffres réels s'écartent trop des prévisions. L'entreprise cherche à diversifier ses revenus au-delà des abonnements ChatGPT et des accords API, notamment via la publicité et les services aux entreprises. Mais dans un secteur où Google, Meta et Microsoft disposent d'infrastructures publicitaires établies depuis des années, la montée en puissance d'OpenAI sur ce marché reste hautement incertaine. The Information suggère que la direction d'OpenAI aurait tout intérêt à cesser de publier des prévisions à si long terme, qui nuisent davantage à sa réputation qu'elles ne servent ses intérêts.

UELes investisseurs européens exposés aux levées de fonds d'OpenAI (valorisée à 300 milliards de dollars) doivent évaluer la crédibilité de ces projections financières dans leurs décisions d'allocation de capital.

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Le décalage entre OpenAI et Wall Street

Les marchés financiers ont sanctionné le secteur technologique mardi, après un article du Wall Street Journal révélant qu'OpenAI avait manqué certains de ses objectifs de revenus internes. Les entreprises les plus touchées sont celles qui dépendent étroitement d'OpenAI pour leur activité : Oracle a perdu 4 % en bourse, tandis que CoreWeave, fournisseur d'infrastructure cloud spécialisé dans les GPU, a chuté de 5,8 %. La réaction des investisseurs illustre à quel point la santé financière d'OpenAI est devenue un baromètre pour tout un pan de l'écosystème IA. Ce que cette correction révèle est plus préoccupant que les chiffres eux-mêmes : les signes de difficultés chez OpenAI s'accumulent depuis plusieurs mois, mais Wall Street semblait jusqu'ici les ignorer. La société avait fixé un objectif ambitieux d'un milliard d'utilisateurs actifs par semaine d'ici fin 2025, selon plusieurs rapports de The Information. Elle n'a atteint que 920 millions, soit un écart non négligeable qui rend le manque à gagner sur les revenus parfaitement prévisible. Quand la croissance des utilisateurs ralentit, les revenus suivent mécaniquement, surtout pour un modèle économique encore largement fondé sur les abonnements grand public et les accès API. OpenAI occupe une position paradoxale : entreprise la plus médiatisée de l'IA, valorisée à plusieurs centaines de milliards de dollars lors de sa dernière levée de fonds en 2024, mais dont les fondamentaux opérationnels restent opaques et dont la trajectoire vers la rentabilité n'est pas clairement tracée. La dépendance d'acteurs comme Oracle et CoreWeave à un seul client stratégique les expose à une volatilité inhabituelle. À mesure que le marché de l'IA générative mûrit et que la concurrence s'intensifie, avec des rivaux comme Google Gemini, Anthropic ou les modèles open source, la pression sur OpenAI pour convertir sa notoriété en revenus solides ne fera que croître.

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Le responsable de Sora chez OpenAI quitte l'entreprise

Bill Peebles, le responsable de l'équipe Sora chez OpenAI, a annoncé vendredi 11 avril 2026 son départ de l'entreprise. Cette décision intervient quelques semaines seulement après qu'OpenAI a mis en retrait son outil de génération vidéo Sora, relégué au second plan dans la feuille de route de la société. Dans un message publié sur X, Peebles a remercié Sam Altman, Mark Chen, Aditya Ramesh et Jakub Pachocki pour avoir soutenu un environnement de recherche permettant d'explorer des idées éloignées du cœur de métier de l'entreprise. Ce départ illustre un tournant stratégique majeur chez OpenAI, qui cherche désormais à éliminer les "side quests", c'est-à-dire les projets jugés périphériques. La société concentre ses ressources sur le développement d'outils de coding et sur les usages enterprise, considérés comme plus rentables et plus directement alignés avec ses objectifs commerciaux à court terme. Pour les équipes dédiées à la recherche fondamentale ou aux formats créatifs comme la vidéo, ce recentrage signifie moins de budget, moins de visibilité et, pour certains, une raison de partir. OpenAI avait lancé Sora début 2024 avec un impact médiatique considérable, promettant une révolution dans la génération vidéo par IA. Mais face à la concurrence de Runway, Kling ou Veo de Google, et sous la pression des investisseurs exigeant une rentabilité accélérée, la priorité a glissé vers des produits à retour sur investissement plus immédiat. Le départ de Peebles s'inscrit dans une série de changements internes qui signalent qu'OpenAI, valorisé à plus de 300 milliards de dollars, entre dans une phase d'industrialisation au détriment de l'exploration.

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