
Le Québec mobilise des fonds pour faire de Montréal un leader mondial de l’intelligence artificielle
Le gouvernement du Québec a annoncé un investissement de 36 millions de dollars en faveur de Mila, l'Institut québécois d'intelligence artificielle basé à Montréal. Ce financement s'inscrit dans une stratégie d'innovation quinquennale dotée d'un budget total de 7,5 milliards de dollars, dans le cadre de laquelle Québec s'était engagé à verser jusqu'à 80 millions de dollars à Mila sur cinq ans à compter de 2018. Au total, depuis 2017, la province a injecté plus de 700 millions de dollars dans la recherche, le développement et l'intégration de l'IA dans divers secteurs économiques. En parallèle, ScaleAI, une supergrappe fédérale installée à Montréal, a mobilisé des fonds supplémentaires pour accélérer l'adoption de l'IA par les entreprises locales, notamment en augmentant les capacités de calcul et en attirant des chercheurs internationaux.
Cet engagement financier positionne Montréal comme prétendant sérieux au titre de capitale mondiale de l'IA, aux côtés de San Francisco, Londres et Singapour. Pour Mila, l'un des pôles de recherche en apprentissage automatique les plus réputés au monde, ce financement représente la possibilité de renforcer son rôle d'institut de recherche de référence et d'intensifier son accompagnement des entreprises québécoises dans leur transformation numérique. Au-delà de la recherche pure, les retombées sont concrètes : l'IA est déjà intégrée dans la finance, les services publics, la santé et d'autres secteurs stratégiques. L'écosystème montréalais bénéficie également d'une offre de formation en expansion, d'un réseau académique solide et de la capacité à recruter des talents étrangers, trois atouts que cet investissement est destiné à amplifier.
Montréal n'est pas novice dans la course à l'IA. La ville s'est imposée dès les années 2010 comme un centre mondial en apprentissage automatique, portée notamment par les travaux de Yoshua Bengio, cofondateur de Mila et figure pionnière du deep learning. La stratégie québécoise s'appuie sur cet héritage académique pour construire une filière industrielle complète, alliant recherche fondamentale, formation de haut niveau et déploiement sectoriel. L'ambition est clairement géopolitique : dans un contexte où les États-Unis, la Chine et l'Union européenne se livrent une concurrence féroce pour dominer l'IA, le Québec entend faire valoir sa spécificité, notamment son approche ancrée dans l'éthique et la recherche ouverte. Les prochaines années seront déterminantes pour savoir si Montréal parvient à transformer ses avantages académiques en leadership économique durable face à des écosystèmes disposant de ressources financières bien supérieures.
La montée en puissance de Montréal comme concurrent direct des hubs européens de recherche en IA intensifie la pression sur l'UE pour consolider ses propres écosystèmes et éviter une fuite des talents vers l'Amérique du Nord.



