
Waymo : l’entreprise qui veut conquérir la mobilité autonome
Waymo, filiale d'Alphabet, a franchi en 2026 un seuil décisif dans la course aux véhicules autonomes. L'entreprise opère désormais une flotte de près de 3 000 robotaxis dans 10 métropoles américaines, dont San Francisco, Orlando et Houston, et revendique 500 000 courses payantes par semaine. En février 2026, elle a bouclé une levée de fonds record de 16 milliards de dollars, portant sa valorisation à 126 milliards. Son système de conduite, baptisé Waymo Driver et arrivé à sa sixième génération, combine 13 caméras, 6 radars et un lidar capable d'envoyer des millions de pulsations laser par seconde pour cartographier l'environnement en trois dimensions jusqu'à 500 mètres. Un modèle d'IA embarqué traite ces données en temps réel pour anticiper les comportements des autres usagers de la route.
L'impact sur l'industrie du transport est considérable. À San Francisco, le tarif moyen d'une course Waymo s'établit autour de 17,25 dollars, soit deux à trois dollars de plus qu'un Uber classique, un écart appelé à se réduire à mesure que les volumes augmentent. L'objectif affiché est d'atteindre le million de courses hebdomadaires avant 2027, seuil à partir duquel le modèle économique deviendrait rentable malgré le coût élevé des capteurs. Pour les chauffeurs de taxi et les plateformes comme Uber ou Lyft, la menace est structurelle : Waymo contrôle verticalement la technologie, la flotte et la maintenance, ce qui lui confère un avantage compétitif durable sur des acteurs qui dépendent de conducteurs humains.
Waymo n'est pas né en 2026. Le projet a démarré en 2009 au sein de Google X avant de devenir une entité indépendante d'Alphabet en 2016. Pendant des années, l'entreprise a accumulé des millions de kilomètres de tests sans parvenir à déployer un service commercial à grande échelle. Le tournant s'est produit avec le lancement de Waymo One à San Francisco, puis l'accélération vers d'autres villes, transformant ce qui ressemblait à une expérimentation permanente en véritable offre de mobilité urbaine. La concurrence reste présente, Tesla promettant son propre robotaxi et des acteurs chinois comme Baidu avançant sur leur marché intérieur, mais aucun n'a encore atteint la profondeur de déploiement de Waymo aux États-Unis. Avec 126 milliards de valorisation et le soutien financier d'Alphabet, l'entreprise aborde la prochaine phase, celle de la rentabilité, avec des moyens que ses rivaux peinent à égaler.



