La Commission européenne a transmis ses conclusions préliminaires à Google fin avril, lui reprochant au nom du DMA de réserver à Gemini un accès privilégié aux couches profondes d'Android. Le paradoxe de la semaine : c'est Apple qui est monté au créneau pour défendre Google, craignant sans doute que le même type d'obligation ne lui soit appliqué demain. Pendant ce temps, Google déployait lors de son Google I/O une vague de fonctionnalités Gemini, réservations de vacances, automatisation du quotidien directement depuis le téléphone, qui illustre précisément ce que Bruxelles cherche à encadrer.
Nvidia a franchi hier le seuil des 5 500 milliards de dollars de capitalisation boursière, un record absolu dans l'histoire des marchés financiers. Pour mettre ce chiffre en perspective : Nvidia pèse désormais plus que le PIB annuel de n'importe quel État européen. Ce n'est pas de l'euphorie spéculative, c'est le reflet d'une réalité concrète : la demande en puces pour l'inférence IA reste structurellement sous-approvisionnée, et personne n'est en mesure de contester Jensen Huang à court terme.
Quatorze mois après son départ fracassant d'OpenAI, Mira Murati a présenté lundi le premier modèle de Thinking Machines : TML-Interaction-Small, une IA vocale full-duplex capable de gérer les interruptions naturelles d'une vraie conversation, sans le décalage robotique habituel. Elle parie sur la qualité de l'interaction plutôt que sur la course aux paramètres, un pari délibérément contre-courant. Ces trois signaux convergent vers la même lecture : l'IA est désormais un terrain de conquête simultané pour les régulateurs, les marchés financiers et les fondateurs en rupture, tout le monde veut redéfinir les règles du jeu.
