Aller au contenu principal

Édito archivé

mardi 5 mai 2026

Analyse quotidienne de la rédaction Le Fil IA — Mathieu Bocquillon

Le procès Musk contre Altman est entré dans sa deuxième semaine devant le tribunal fédéral d'Oakland, et l'ambiance reste électrique. Elon Musk poursuit Sam Altman et Greg Brockman pour violation de fiducie caritative, affirmant que les sommes qu'il a versées à OpenAI devaient financer une recherche sans but lucratif, pas une entreprise commerciale. Les coulisses du procès révèlent surtout à quel point les deux hommes se sont éloignés d'une vision partagée sur ce que l'IA devrait être.

Trois ans après l'irruption de ChatGPT, les premières données statistiques sérieuses sur l'impact de l'IA générative sur l'emploi des développeurs commencent à prendre forme. Une note de conjoncture de l'INSEE citant des données américaines confirme que le marché a été touché, moins d'offres, pression sur les profils juniors, mais pas coulé. Les développeurs se repositionnent plutôt qu'ils ne disparaissent, avec une prime croissante pour ceux qui savent intégrer l'IA dans leur flux de travail.

Jack Clark, cofondateur d'Anthropic, estime désormais qu'il existe plus de 60 % de chances qu'un système d'IA soit capable d'entraîner lui-même son successeur sans intervention humaine d'ici fin 2028. Une projection qu'il présente lui-même à contrecœur, tant elle redessine la question du contrôle humain. Entre un procès qui interroge qui gouverne l'IA d'aujourd'hui et une prédiction qui anticipe une IA qui se perpétue elle-même demain, c'est bien la même question fondamentale qui revient : qui décide ?