Le Pentagone a signé fin avril des accords avec huit fournisseurs d'intelligence artificielle pour ses opérations militaires classifiées : OpenAI, Google, Microsoft, Amazon Web Services, NVIDIA, Oracle et SpaceX via Stargate sont dans le cercle. Anthropic, elle, en est absente, ou presque, le titre restant volontairement sibyllin sur les détails exacts du contrat. C'est une ligne de fracture nette qui se dessine entre les acteurs prêts à travailler pour la défense et ceux qui maintiennent une position de principe sur les usages militaires offensifs.
Pendant ce temps, Anthropic joue une autre partie. La startup finalise une coentreprise d'environ 1,5 milliard de dollars avec plusieurs géants de Wall Street, Apollo Global Management en tête, pour déployer ses outils auprès d'entreprises détenues par des fonds de capital-investissement. C'est un pivot assumé vers la finance institutionnelle, un secteur qui mise gros sur les grands modèles de langage pour automatiser l'analyse et la due diligence.
De son côté, Mistral AI envoie un signal technique convaincant ce matin. La pépite française lance Mistral Medium 3.5, un modèle dense de 128 milliards de paramètres qui décroche 77,6 % sur le benchmark SWE-Bench Verified, en faisant immédiatement le modèle par défaut de Vibe, sa plateforme d'agents de codage. Cette journée illustre bien l'état de la course : pendant que les Américains se disputent les contrats militaires et financiers, les Européens continuent de prouver que la compétition technique est loin d'être jouée.
