Amazon Web Services a frappé fort hier en annonçant l'intégration des modèles les plus puissants d'OpenAI directement dans sa plateforme cloud, lors d'un événement "What's Next with AWS" à San Francisco. Ce rapprochement est sans exclusivité : OpenAI reste libre de collaborer avec Microsoft Azure et Google Cloud, ce qui dit beaucoup sur la recomposition des alliances en cours dans le secteur. AWS, qui avait misé massivement sur Anthropic, joue désormais sur plusieurs tableaux à la fois.
Dans les couloirs de la recherche et les conférences d'investisseurs, un mot s'est imposé en quarante-huit heures : l'inférence. Noam Brown, chercheur chez OpenAI, a déclaré que "la puissance de calcul d'inférence est une ressource stratégique, actuellement sous-évaluée", et Sam Altman a renchéri dans le même sens. Le message est net : après des années focalisées sur l'entraînement de modèles toujours plus grands, l'industrie bascule vers un nouveau champ de bataille.
Mistral AI a de son côté lancé hier les agents distants dans sa plateforme Vibe : ces agents peuvent désormais s'exécuter entièrement dans le cloud, sans passer par la machine locale de l'utilisateur. La startup parisienne valorisée à 11,7 milliards d'euros accélère ainsi sur le segment du développement logiciel autonome, cherchant à s'insérer dans une course où AWS, OpenAI et les autres tracent les nouvelles règles du jeu à une vitesse qui ne laisse guère de temps pour souffler.
