Anthropic a choisi de ne pas rendre public son nouveau modèle Claude Mythos Preview, et pour cause : en quelques semaines, il a identifié des milliers de failles dans les principaux systèmes d'exploitation, dont un bug dormant depuis 27 ans dans la pile TCP d'OpenBSD. Ce que des auditeurs humains et des années de fuzzing n'avaient pas détecté, Mythos l'a exploité de façon autonome avec deux simples paquets réseau. Plutôt que de le commercialiser, Anthropic l'a confié à un consortium de partenaires via le Project Glasswing pour sécuriser des infrastructures critiques.
De son côté, Andy Jassy a glissé dans sa lettre annuelle aux actionnaires d'Amazon une information passée presque inaperçue : les puces Trainium, jusqu'ici réservées à AWS et aux usages internes du groupe, pourraient bientôt être vendues à des entreprises tierces. Ce pivot stratégique placerait Amazon en compétition directe avec Nvidia sur le marché des accélérateurs IA, un segment que le géant de Santa Clara domine sans partage depuis des années.
Sur le plan législatif, le Sénat français a adopté le 8 avril une proposition de loi obligeant les développeurs d'IA, OpenAI, Google, Meta, Mistral, à divulguer les données ayant servi à entraîner leurs modèles. Ces trois actualités dessinent une même ligne de fracture : l'IA est devenue assez puissante pour que la question de qui la contrôle, qui y accède et sous quelles règles soit désormais au cœur de toutes les agendas, des salles de crise aux hémicycles.
