Le Parlement européen a voté à 569 voix pour reporter les obligations de conformité de l'AI Act pour les systèmes à haut risque, tout en adoptant une position ferme contre les deepfakes sexuels non consentis. C'est un signal politique ambigu : on allège la pression sur l'industrie d'un côté, on durcit les garde-fous éthiques de l'autre. Bruxelles cherche encore son équilibre entre compétitivité et protection.
De son côté, Wikipédia a décidé de tracer une ligne nette : interdiction formelle de rédiger ou réécrire des articles via des outils d'IA générative. C'est la première encyclopédie mondiale à officialiser ce refus, et ça dit quelque chose d'important sur la confiance — ou plutôt la méfiance — que les communautés éditoriales commencent à afficher face aux contenus générés automatiquement. La décision s'applique d'abord à la version anglophone, mais le signal est universel.
Enfin, une fuite involontaire chez Anthropic a révélé l'existence de Claude Mythos, leur prochain grand modèle — un document interne rendu accessible par erreur de configuration le 26 mars, suffisamment longtemps pour être capturé et diffusé. Anthropic parle d'« erreur humaine », mais l'incident illustre la tension permanente entre la course au développement et la discrétion stratégique que s'imposent ces labos.
Régulation hésitante, défiance éditoriale, transparence forcée : on voit se dessiner, en ce samedi de mars, les contours d'une industrie que le monde commence à vouloir saisir — avant qu'elle n'échappe complètement à tout contrôle.
