
Un studio de narration par IA en passe de dépasser 100 millions de dollars de ventes annuelles
La startup sud-coréenne Wrtn Technologies génère plus de 8 millions de dollars de revenus par mois grâce à ses applications de narration interactive alimentées par l'IA, ce qui la place sur une trajectoire dépassant les 100 millions de dollars de revenus annuels. Basée à Séoul, l'entreprise opère deux applications ciblant les fans d'anime et de jeux vidéo : Crack en Corée du Sud et Kyarapu au Japon. Ces deux applications comptent ensemble moins de 500 000 utilisateurs actifs mensuels, ce qui implique un revenu moyen par utilisateur d'environ 17 dollars par mois. Wrtn s'apprête désormais à lancer aux États-Unis une troisième application baptisée OOC, acronyme de "out of character", une expression issue du jeu de rôle Donjons & Dragons.
Ce chiffre de 17 dollars par utilisateur mensuel est particulièrement significatif : il est comparable au coût d'un abonnement Netflix ou Spotify, ce qui indique que ces utilisateurs considèrent ces applications comme un véritable divertissement de fond, et non comme un simple gadget. Dans un paysage où peu d'applications grand public d'IA ont réellement percé en dehors de ChatGPT, Wrtn démontre qu'il existe des niches de consommateurs très rentables, notamment autour des sous-cultures numériques comme le fandom anime et les communautés de jeux de rôle. L'expansion vers les États-Unis marque une étape clé pour tester si ce modèle peut fonctionner au-delà des marchés asiatiques.
Le succès de Wrtn s'inscrit dans une tendance plus large où des startups IA misent sur des audiences passionnées plutôt que sur un marché de masse. La culture du roleplay narratif, popularisée par des jeux comme Donjons & Dragons et amplifiée par les communautés de fans d'anime, représente un terrain fertile pour des applications d'IA conversationnelle et créative. Le lancement américain d'OOC sera un test important : les États-Unis disposent d'une communauté de roleplay massive, mais aussi d'une concurrence accrue et d'une sensibilité plus forte aux questions de modération de contenu, deux facteurs qui pourraient complexifier la croissance internationale de l'entreprise.



