SEO : doit-on désormais écrire pour les LLM ?
Le référencement naturel traverse une mutation profonde : avec l'essor des grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT, Perplexity ou Google SGE, une nouvelle discipline émerge, baptisée GEO (Generative Engine Optimization) ou AEO (Answer Engine Optimization). Jessica Michenaud, cheffe de projet SEO chez l'agence française Galopins, analyse cette transformation et la manière dont les professionnels du secteur doivent adapter leurs pratiques pour apparaître non plus seulement dans les moteurs de recherche classiques, mais dans les réponses générées par l'IA.
L'enjeu est considérable pour les éditeurs de contenus et les marques : si les LLM deviennent le premier point de contact entre l'internaute et l'information, être cité ou synthétisé par ces systèmes devient aussi stratégique qu'un positionnement en première page Google. La bonne nouvelle, selon Michenaud, est que l'exigence éditoriale — contenu précis, sourcé, structuré, à forte valeur ajoutée — reste le critère déterminant. Les contenus creux optimisés pour le clic résistent moins bien que les articles de fond que les LLM jugent dignes d'être cités.
Ce débat s'inscrit dans un contexte où Google lui-même intègre des résumés génératifs dans ses résultats (AI Overviews), réduisant potentiellement le trafic vers les sites sources. Des acteurs comme Perplexity ou Claude d'Anthropic captent une part croissante des requêtes informationnelles. Les agences SEO sont ainsi contraintes de repenser leurs modèles : optimiser les balises et la densité de mots-clés ne suffit plus — il faut désormais produire des contenus que les LLM considèrent comme des références fiables, ce qui rapproche paradoxalement le SEO du journalisme de qualité.
Les éditeurs de contenus et agences SEO français doivent repenser leurs pratiques pour apparaître dans les réponses génératives des LLM, sous peine de perdre du trafic face aux AI Overviews de Google et aux moteurs comme Perplexity.