
Un juge fédéral bloque l'interdiction par Trump des modèles Anthropic, qualifiant l'étiquette de risque sécuritaire d'« orwellienne »
Une juge fédérale de San Francisco a bloqué la tentative de l'administration Trump d'interdire les modèles d'intelligence artificielle d'Anthropic, dans une décision rendue au terme d'une procédure en référé. La magistrate Rita F. Lin a statué en faveur de la start-up californienne, estimant que les actions du gouvernement constituaient une « rétorsion illégale classique au premier amendement » en réponse aux critiques publiques formulées par Anthropic à l'égard de la politique technologique de Washington.
La décision est particulièrement cinglante pour l'administration : la juge Lin a rejeté la notion qu'elle qualifie d'« orwellienne » selon laquelle une entreprise américaine pourrait être étiquetée « adversaire potentielle et saboteuse » au seul motif qu'elle exprime un désaccord avec le gouvernement. Cette qualification de risque sécuritaire, si elle avait été maintenue, aurait pu empêcher des agences fédérales et des contractants gouvernementaux d'utiliser les outils d'Anthropic, portant un coup sévère à ses activités commerciales et à sa réputation.
L'affaire s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre l'administration Trump et certains acteurs de la Silicon Valley qui ont refusé de s'aligner sur ses positions. Anthropic, cofondée par d'anciens employés d'OpenAI dont Dario et Daniela Amodei, est l'une des entreprises d'IA les plus valorisées au monde, avec des investissements massifs d'Amazon et Google. Ce jugement constitue un précédent potentiellement important pour la liberté d'expression des entreprises technologiques face aux pressions politiques, à un moment où Washington cherche à exercer un contrôle accru sur le secteur de l'IA.
La décision préserve l'accès des entreprises et institutions européennes aux outils Anthropic, tout en posant un précédent sur les limites du pouvoir exécutif américain face aux acteurs de l'IA opérant en Europe.


