
IA et fracture économique : l'avertissement de Larry Fink (BlackRock)
Larry Fink, PDG de BlackRock — le plus grand gestionnaire d'actifs au monde avec plus de 10 000 milliards de dollars sous gestion — a publié sa lettre annuelle aux actionnaires en alertant sur les risques sociaux de l'intelligence artificielle. Selon lui, si les gains de productivité générés par l'IA ne profitent qu'aux détenteurs d'actifs financiers, la technologie deviendra un moteur d'inégalités sans précédent, creusant davantage le fossé entre propriétaires du capital et travailleurs.
L'avertissement est d'autant plus frappant qu'il vient du cœur même du capitalisme financier. Fink reconnaît que l'IA concentre massivement la création de valeur dans les mains d'un petit nombre d'entreprises et d'investisseurs institutionnels. Pour les millions de travailleurs dont les emplois seront transformés ou supprimés, l'absence de mécanismes de redistribution — participation aux bénéfices, actionnariat salarié, fiscalité adaptée — risque de rendre la transition technologique politiquement et socialement explosive.
Ce discours s'inscrit dans une prise de conscience croissante au sein des élites économiques : après des années d'optimisme technologique sans nuance, des voix comme celle de Fink reconnaissent que la fracture économique liée à l'IA est un risque systémique. Les débats sur la taxation des entreprises technologiques, le revenu universel et la régulation de l'automatisation reprennent de l'ampleur dans les cercles de Davos et Washington, sans que des solutions concrètes n'aient encore émergé.
Les débats sur la taxation des grandes entreprises technologiques et la régulation de l'automatisation évoqués par Fink rejoignent les discussions en cours au sein de l'UE sur la fiscalité du numérique et l'adaptation des politiques sociales à la transition IA.



