AI Act : les Eurodéputés veulent repousser des échéances clés et interdire les IA générant les deepfakes sexuels
Le **Parlement européen** a voté en faveur d'un report de certaines dispositions clés de l'**AI Act**, la législation phare de l'**Union européenne** encadrant l'intelligence artificielle. Cette décision intervient alors que plusieurs échéances réglementaires approchent, et que les eurodéputés estiment nécessaire d'accorder davantage de temps aux entreprises et aux États membres pour s'y conformer. En parallèle, le co-législateur propose d'interdire explicitement les applications d'IA capables de générer des **deepfakes sexuels** non consentis.
L'enjeu est considérable : les deepfakes à caractère sexuel touchent principalement les femmes, causant des préjudices graves en matière de réputation, de vie privée et de sécurité. Une interdiction formelle dans le cadre de l'AI Act renforcerait les recours juridiques des victimes à l'échelle européenne, là où les législations nationales restent fragmentées et insuffisantes.
L'**AI Act**, adopté en **2024**, est le premier cadre réglementaire mondial sur l'IA, structuré autour d'une classification des risques. Sa mise en œuvre progressive génère des tensions entre ambition régulatrice et réalité industrielle, notamment pour les PME et les startups européennes. Ce vote reflète une volonté d'ajustement pragmatique, sans remettre en cause les fondements du texte, dans un contexte de compétition technologique accrue avec les **États-Unis** et la **Chine**.
Le report des échéances de l'AI Act offre un délai supplémentaire aux entreprises et startups françaises pour se mettre en conformité, tandis que l'interdiction des deepfakes sexuels renforcerait directement les recours juridiques des victimes en France.