
Anthropic présente Code with Claude, l'avenir du code selon eux
Lors de l'événement "Code with Claude" organisé par Anthropic les 19 et 20 mai à Londres, Jeremy Hadfield, ingénieur chez Anthropic, a demandé à une salle comble de développeurs combien d'entre eux avaient fusionné une pull request entièrement rédigée par Claude sans en avoir lu une seule ligne de code. La majorité des mains sont restées levées, accompagnées de rires nerveux. Le même jour que Google I/O à Palo Alto, Anthropic affichait ses ambitions : "La majorité des logiciels chez Anthropic est désormais écrite par Claude, y compris le code de Claude Code lui-même", a déclaré Hadfield en ouverture. Boris Cherny, responsable de Claude Code, a résumé le nouveau paradigme : "Le réflexe par défaut n'est plus 'je vais prompter Claude', c'est désormais 'je vais laisser Claude se prompter lui-même'." Anthropic a également dévoilé une fonctionnalité baptisée "dreaming", annoncée deux semaines auparavant : les agents de Claude Code consignent des notes sur leurs tâches, que le système consolide ensuite pour identifier des patterns et des erreurs récurrentes, permettant aux agents suivants de monter en compétence plus rapidement sur une base de code donnée.
Ce qui frappe dans cet événement, c'est la vitesse à laquelle ce nouveau mode de travail s'est normalisé. Il y a un an à peine, lors de la première édition de ces conférences développeurs, Anthropic venait de sortir Claude 4, capable de coder "dans une certaine mesure". Avec Claude 4.6 (février) puis 4.7 (avril), le seuil a été franchi : des entreprises comme Spotify, Delivery Hero, Lovable, Base44 et Monday.com ont restructuré leurs équipes de développement autour de Claude Code. L'objectif affiché par Anthropic est de pousser l'automatisation à son maximum, en faisant en sorte que Claude teste, corrige et itère de manière autonome, sans que l'ingénieur humain n'ait à voir les messages d'erreur. "Le principe clé, c'est de s'effacer et de laisser faire", a formulé l'ingénieur Ravi Trivedi.
Pourtant, cette euphorie se heurte à des signaux contradictoires hors des murs de la conférence. Des rapports récents font état d'un nombre croissant de développeurs qui commencent à s'interroger sur leur rôle dans un environnement où leur expertise principale, écrire et lire du code, est en passe d'être entièrement déléguée à un modèle. OpenAI avec Codex, Google et Microsoft formulent des revendications similaires sur l'automatisation de leur propre développement logiciel. La question qui se profile n'est plus technologique mais structurelle : à mesure que les pull requests "zero human review" deviennent la norme, c'est toute la chaîne de responsabilité dans la production de logiciels qui se redessine, avec des implications qui dépassent largement les salles de conférence.
Des entreprises européennes comme Spotify (Suède) et Delivery Hero (Allemagne) ont restructuré leurs équipes de développement autour de Claude Code, signalant une transformation concrète des pratiques d'ingénierie logicielle en Europe.
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