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Derrière le rachat de LIVERAMP, la stratégie IA de PUBLICIS
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Derrière le rachat de LIVERAMP, la stratégie IA de PUBLICIS

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Publicis Groupe a annoncé le rachat de LiveRamp pour 2,2 milliards de dollars, une acquisition qui positionne le numéro deux mondial de la publicité bien au-delà de son coeur de métier historique. LiveRamp est une plateforme américaine spécialisée dans la gestion des données d'identité numérique, permettant aux entreprises de connecter et d'activer leurs données clients à travers différents canaux et partenaires, tout en respectant la vie privée des utilisateurs.

Ce rachat n'est pas simplement une consolidation publicitaire : il s'agit pour Publicis de s'approprier une infrastructure critique pour l'ère de l'IA générative en entreprise. Les systèmes d'intelligence artificielle ont besoin de données propres, fiables et bien connectées pour fonctionner efficacement. En intégrant LiveRamp, Publicis se dote d'une couche d'identité data qui lui permet de proposer à ses clients grands comptes non plus seulement des campagnes publicitaires, mais une véritable colonne vertébrale de données pour leurs projets IA. C'est un changement de nature fondamental dans l'offre du groupe.

Publicis a déjà montré ses ambitions tech ces dernières années avec le rachat de Sapient, Epsilon ou encore Digitas, construisant progressivement un empire de la data qui le distingue de concurrents comme WPP ou Omnicom. LiveRamp renforce cette logique en ajoutant une dimension d'interopérabilité des données particulièrement prisée dans un contexte de fragmentation des écosystèmes numériques et de renforcement des réglementations sur la vie privée. L'opération doit encore recevoir les approbations réglementaires habituelles avant d'être finalisée.

Impact France/UE

Le rachat de LiveRamp par Publicis, groupe français coté, renforce la position d'un champion européen dans l'infrastructure data IA mondiale et pourrait offrir aux entreprises du Vieux Continent une alternative crédible pour gérer leurs données clients dans un cadre compatible RGPD.

💬 Le point de vue du dev

2,2 milliards pour acheter une couche d'identité data, c'est cher, mais Publicis ne s'offre pas un outil, il achète le carburant de l'IA en entreprise. Sans données propres et bien connectées, les projets IA des grands comptes tournent à vide, et LiveRamp c'est exactement ça. Reste à voir si les clients suivent, parce que passer d'une agence pub à un fournisseur d'infrastructure data, c'est un autre métier.

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OVHcloud a annoncé le 25 mars 2026 le rachat de Dragon LLM, entreprise française spécialisée en intelligence artificielle générative, anciennement connue sous le nom de Lingua Custodia. Il s'agit de la première acquisition d'OVHcloud dans le domaine de l'IA, après des années de prudence vis-à-vis des modèles de langage et des fermes de GPU. L'objectif affiché est la création d'un « AI Lab » interne dédié à l'entraînement et à l'affinage de grands modèles de langage souverains. Dragon LLM apporte une expertise rare : la société a notamment remporté le Large AI Grand Challenge de la Commission européenne, en entraînant un modèle de 3,6 milliards de paramètres sur les supercalculateurs Leonardo et Jupiter, et a affiné des LLM open weight comme Llama 3.1 et Qwen 3 jusqu'à 70 milliards de paramètres avec des données financières spécialisées. Parmi ses clients figurent BNP Paribas, Crédit Agricole et Natixis, qui utilisent sa plateforme Verto — un outil combinant traduction, vérification de documents complexes et assistance aux appels d'offres via un système RAG. Ce rachat marque un virage stratégique clair pour OVHcloud, qui sort de sa réserve pour s'imposer comme acteur de l'IA souveraine européenne. En intégrant Dragon LLM, le groupe peut désormais proposer des services d'IA générative capables de traiter des données sensibles, déployables aussi bien dans le cloud que sur les infrastructures privées des entreprises. C'est une réponse directe aux besoins des secteurs réglementés — finance, santé, juridique — qui exigent des garanties strictes sur la localisation et la confidentialité des données. Pour les clients existants de Dragon LLM, l'intégration au sein d'un acteur majeur du cloud européen réduit les risques inhérents à une startup indépendante et ouvre l'accès à une infrastructure plus robuste, même si des adaptations techniques pourraient être nécessaires à terme. Fondée en 2011 comme spécialiste de la traduction automatisée de documents financiers, Dragon LLM avait progressivement pivoté vers l'IA générative, développant ses propres modèles dans des domaines techniques pointus. Ce rachat s'inscrit dans une dynamique plus large d'acquisitions stratégiques pour OVHcloud, qui avait déjà absorbé Seald en février 2026, expert français du chiffrement de bout en bout. En Europe, les entreprises capables de concevoir et d'affiner des LLM performants restent rares — Mistral AI, Aleph Alpha et Silo AI font partie du même cercle restreint. OVHcloud, qui présentera ses résultats financiers le 9 avril, n'a pas encore précisé le devenir des services Dragon LLM ni les montants de l'opération, mais la direction est claire : bâtir une alternative européenne crédible face aux géants américains du cloud et de l'IA.

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