L'accord lucratif de Cerebras avec OpenAI : une arme à double tranchant
Le 24 décembre 2025, deux décisions majeures ont simultanément reconfiguré le paysage des puces pour l'intelligence artificielle. Ce soir de réveillon, Nvidia annonçait le rachat de Groq, une startup spécialisée dans l'inférence IA fondée par l'inventeur des TPU (tensor processing units) de Google, pour plusieurs milliards de dollars. Le même jour, OpenAI s'engageait contractuellement à acheter pour des milliards de dollars de puces auprès de Cerebras, le concurrent direct de Groq, révèlent des documents déposés auprès des autorités boursières américaines. Cerebras est connu pour ses wafer-scale chips, des processeurs de la taille d'une assiette capables d'exécuter des modèles d'IA à très grande vitesse.
Ces deux transactions signalent un tournant dans la relation historiquement ambiguë entre Nvidia et OpenAI, et ouvrent une brèche commerciale considérable pour les startups spécialisées dans l'inférence. Alors que la demande en capacité de traitement explose, les géants du secteur cherchent à diversifier leurs fournisseurs et à réduire leur dépendance à Nvidia. Pour Cerebras, ce contrat avec OpenAI représente une validation industrielle de premier ordre, susceptible d'accélérer sa trajectoire vers une introduction en bourse.
Ces événements s'inscrivent dans une compétition acharnée pour contrôler l'infrastructure d'inférence, le maillon qui permet aux modèles d'IA de répondre aux requêtes en temps réel. Nvidia domine le marché de l'entraînement, mais l'inférence reste plus contestée. En rachetant Groq, Nvidia cherche à verrouiller ce segment. OpenAI, en choisissant Cerebras, joue la carte de l'indépendance stratégique tout en obtenant des performances compétitives.
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.



