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SAP tente de reprendre la main sur les données d’entreprise avec DREMIO et PRIOR LABS

Résumé IASource uniqueImpact UETake éditorial
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SAP a annoncé quasiment en simultané deux acquisitions stratégiques majeures : Dremio, spécialiste américain des architectures lakehouse bâties sur le format ouvert Apache Iceberg, et Prior Labs, une startup allemande qui développe des modèles d'intelligence artificielle spécialement conçus pour les données tabulaires, le format de prédilection des entreprises. Les termes financiers des deux transactions n'ont pas été divulgués. Ces mouvements s'inscrivent dans la volonté de l'éditeur de Walldorf de repositionner sa plateforme cloud SAP Business Technology Platform comme le système nerveux des données d'entreprise à l'ère de l'IA.

L'enjeu est considérable : les grandes entreprises disposent de vastes stocks de données structurées dans des ERP, des entrepôts de données et des lacs de données disparates, et peinent à les exploiter pour alimenter des agents IA ou des analyses prédictives. En intégrant Dremio, SAP offrirait à ses clients la capacité d'interroger ces données en temps réel sans les déplacer, grâce à la couche de requête universelle qu'Iceberg permet. Prior Labs, de son côté, apporte des modèles capables d'apprendre directement sur des tableaux sans pré-entraînement massif, ce qui accélère drastiquement le déploiement de l'IA sur les données métier.

SAP se retrouve dans une course serrée face à Salesforce, Microsoft et ServiceNow, tous en train de muscler leurs capacités IA sur les données d'entreprise. L'approche "lakehouse ouvert" de Dremio tranche avec les silos propriétaires traditionnels, un argument commercial puissant face aux clients méfiants du vendor lock-in. Ces deux rachats signalent que SAP parie sur une architecture de données ouverte et fédérée comme socle de sa prochaine génération d'agents IA d'entreprise.

Impact France/UE

SAP, entreprise allemande et leader mondial des ERP, renforce sa plateforme IA avec l'acquisition de Prior Labs (startup allemande), impactant directement les milliers d'entreprises françaises et européennes clientes de SAP.

💬 Le point de vue du dev

SAP qui mise sur Apache Iceberg et une architecture ouverte, ça change vraiment quelque chose par rapport à leur approche historique. Prior Labs m'intrigue plus que Dremio, en fait : des modèles qui apprennent directement sur des données tabulaires sans pré-entraînement massif, c'est exactement ce dont les équipes métier ont besoin pour déployer de l'IA sans passer par six mois de data prep. Reste à voir si SAP sait intégrer sans casser ce qui faisait l'intérêt de ces deux boîtes.

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Google est en négociation avec le Département de la Défense américain pour un accord qui permettrait au Pentagone de déployer les modèles d'intelligence artificielle Gemini dans des environnements classifiés. L'information, révélée par deux personnes ayant une connaissance directe des discussions, indique que les deux parties envisagent un contrat autorisant l'utilisation de l'IA de Google pour l'ensemble des usages légaux au sein des forces armées américaines. Selon l'une de ces sources, Google aurait proposé d'inclure dans le contrat des clauses restrictives visant à empêcher que ses modèles soient utilisés pour de la surveillance de masse intérieure ou pour des systèmes d'armes autonomes, notamment le ciblage, sans supervision humaine "appropriée". Cet accord marquerait un tournant majeur dans la relation entre Google et le secteur militaire. L'entreprise deviendrait un contractant technologique significatif du Pentagone, avec un accès potentiel à des infrastructures classifiées, un niveau d'engagement rarement atteint dans l'industrie tech civile. Pour l'armée américaine, intégrer Gemini dans des environnements sécurisés ouvrirait la voie à des capacités d'analyse, de traitement du renseignement et de prise de décision assistée par IA à une échelle et une vitesse sans précédent. Les garde-fous proposés par Google, bien que symboliquement importants, restent formulés de façon vague, notamment autour de la notion de contrôle humain "approprié", ce qui laisse une marge d'interprétation considérable. Ce rapprochement s'inscrit dans un renversement de position spectaculaire pour Google. En 2018, face à une fronde interne massive de ses employés, l'entreprise avait abandonné le projet Maven, un contrat avec le Pentagone portant sur l'analyse d'images de drones par IA, et s'était engagée à ne pas développer d'IA à usage militaire offensif. Depuis, la concurrence acharnée avec Microsoft, qui fournit déjà des services cloud et d'IA à l'armée via Azure et ses partenariats avec OpenAI, ainsi que la pression des actionnaires ont poussé Google à reconsidérer cette posture. La course aux contrats gouvernementaux dans le domaine de l'IA est désormais un enjeu stratégique majeur pour l'ensemble des grandes entreprises technologiques américaines.

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OpenAI abandonne ses paris ratés et se concentre sur les entreprises
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OpenAI opère un virage stratégique marqué, abandonnant plusieurs initiatives jugées peu rentables pour se concentrer sur le marché des entreprises. L'application vidéo Sora est mise de côté, le projet de paiement intégré dans ChatGPT est abandonné, et la société recrute désormais des « ambassadeurs techniques » chargés de convaincre les entreprises d'adopter ses agents IA. Ce recentrage répond à une logique financière claire : rationaliser les coûts et accélérer la monétisation avant une prochaine introduction en Bourse. Le marché entreprise, plus stable et lucratif que le grand public, représente une source de revenus récurrents indispensable pour justifier les valorisations astronomiques d'OpenAI. OpenAI fait ainsi le deuil de son époque d'expérimentation tous azimuts, caractéristique des startups en hypercroissance, pour adopter la discipline d'une société qui doit bientôt rendre des comptes à des actionnaires publics.

UELes entreprises européennes utilisant ou envisageant d'adopter les outils OpenAI verront une offre enterprise renforcée, mais à des conditions tarifaires et contractuelles dictées par une logique de rentabilité pré-introduction en Bourse.

BusinessOpinion
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