Ruben BRYON, construire une alternative européenne au cloud américain
Ruben Bryon a commencé à coder seul à l'âge de 12 ans, allant jusqu'à percer un mur dans le garage familial pour refroidir ses premiers serveurs. Quinze ans plus tard, il dirige Verda, une entreprise fondée sous le nom de DataCrunch, qui ambitionne de construire la première "Gigafactory" européenne de l'intelligence artificielle. Concrètement, il s'agit de déployer des centres de données massivement équipés en GPU, les puces indispensables à l'entraînement et à l'inférence des grands modèles d'IA, sur le sol européen, en dehors de la dépendance aux hyperscalers américains comme AWS, Azure ou Google Cloud.
L'enjeu est considérable pour l'industrie technologique européenne. Les startups et laboratoires de recherche du continent paient aujourd'hui leurs coûts de calcul à des entreprises américaines, ce qui crée une dépendance structurelle tant sur le plan économique que réglementaire. Une infrastructure GPU souveraine permettrait aux acteurs européens de développer et déployer des modèles d'IA sans que leurs données transitent par des juridictions soumises au droit américain, un point particulièrement sensible depuis le Cloud Act de 2018.
L'initiative de Bryon s'inscrit dans un mouvement plus large de souveraineté numérique européenne, porté aussi bien par des régulations comme le RGPD que par des initiatives industrielles telles que GAIA-X. Face à la concentration du marché du cloud d'IA entre les mains de quelques géants américains, des acteurs comme Verda cherchent à occuper le créneau de l'infrastructure de confiance en Europe, à mesure que la demande en puissance de calcul pour l'IA continue d'exploser.
Verda déploie des centres de données GPU sur sol européen pour permettre aux startups et laboratoires de recherche européens d'entraîner leurs modèles d'IA sans transiter par des juridictions soumises au Cloud Act américain.
C'est exactement ce qu'on attendait depuis que le Cloud Act a rendu la question brûlante. Partir de l'infra GPU, pas du cadre réglementaire, c'est ce qui distingue Verda de toutes les initiatives européennes de souveraineté numérique qui finissent en comité de pilotage. Reste à voir si les capitaux suivent à l'échelle d'une gigafactory.
Dans nos dossiers
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.


