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DAIMON Robotics veut doter les mains robotiques du sens du toucher
RobotiqueIEEE Spectrum AI · 2 min de lecture

DAIMON Robotics veut doter les mains robotiques du sens du toucher

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En avril 2026, la startup hongkongaise DAIMON Robotics a publié Daimon-Infinity, qu'elle décrit comme le plus grand jeu de données omni-modal au monde pour l'IA physique. Ce corpus regroupe des millions d'heures de données multimodales issues de plus de 80 scénarios réels et de 2 000 compétences humaines référencées, couvrant des tâches aussi variées que le pliage de linge à domicile et l'assemblage industriel en usine. Dix mille heures de ces données ont été rendues publiques en open source. Le projet a été développé en partenariat avec Google DeepMind, l'Université Northwestern et la National University of Singapore. Au coeur du dispositif : un capteur tactile visuel monochrome capable d'intégrer plus de 110 000 unités de détection dans un module de la taille d'un bout de doigt, alimenté par un réseau de collecte décentralisé pouvant générer plusieurs millions d'heures de données par an.

Ce lancement s'attaque à l'un des verrous les plus persistants de la robotique : l'absence de retour tactile dans les modèles d'apprentissage. Les architectures Vision-Language-Action (VLA), qui dominent aujourd'hui le domaine, reposent quasi exclusivement sur la vision, laissant les robots aveugles au toucher lors des manipulations physiques. DAIMON propose une alternative baptisée VTLA (Vision-Tactile-Language-Action), qui élève la perception tactile au rang de modalité à part entière, au même niveau que la vision. Pour les industriels et les chercheurs, l'enjeu est concret : un robot qui "sent" ce qu'il manipule peut gérer des objets fragiles, s'adapter à des textures inattendues et réduire drastiquement les erreurs de préhension. La publication de 10 000 heures en open source vise également à abaisser la barrière d'entrée pour les équipes de recherche qui peinent à constituer des datasets de qualité.

Fondée il y a deux ans et demi, DAIMON s'est construite autour de la technologie de capteurs tactiles haute résolution avant d'élargir son ambition vers la donnée d'entraînement à grande échelle. La stratégie est portée par le professeur Michael Yu Wang, cofondateur et directeur scientifique, titulaire d'un doctorat de Carnegie Mellon où il a étudié la manipulation sous la direction de Matt Mason, et fondateur de l'Institut de robotique de l'Université des sciences et technologies de Hong Kong. Fellow IEEE et ancien rédacteur en chef de la revue IEEE Transactions on Automation Science and Engineering, il cumule quatre décennies dans le domaine. À terme, DAIMON vise des déploiements commerciaux dans des environnements à forte manipulation manuelle, comme les hôtels et les supérettes en Chine, où des robots dotés du sens du toucher pourraient remplacer des tâches aujourd'hui infranchissables pour les machines.

Impact France/UE

Les équipes de recherche européennes en robotique peuvent accéder aux 10 000 heures de données tactiles publiées en open source, mais l'initiative est portée par des acteurs asiatiques sans implication directe de partenaires français ou européens.

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