Aller au contenu principal
CoreWeave a convaincu les marchés obligataires
BusinessThe Information AI6sem

CoreWeave a convaincu les marchés obligataires

Résumé IASource uniqueImpact UE
Source originale ↗·

En l'espace de quelques semaines d'avril 2026, CoreWeave a levé près de 16 milliards de dollars auprès d'une diversité d'investisseurs rarement vue pour une entreprise technologique. Le 31 mars, la société a bouclé une facilité de crédit de 8,5 milliards de dollars adossée à ses propres processeurs graphiques Nvidia. Le 9 avril, elle a élargi un contrat existant avec Meta Platforms à 21 milliards de dollars pour la fourniture de capacités de calcul. Elle a ensuite émis 1,25 milliard de dollars d'obligations à haut rendement et 3 milliards en titres convertibles, des opérations rapidement augmentées d'un milliard supplémentaire. Dans la foulée, Anthropic a annoncé son arrivée comme nouveau client. La semaine suivante, CoreWeave a placé encore un milliard d'obligations sans même organiser de tournée de présentation auprès des investisseurs. Au milieu de tout cela, la firme de trading Jane Street a investi 1 milliard de dollars dans CoreWeave et s'est engagée à dépenser 6 milliards en services cloud IA sur la plateforme. Le titre de l'entreprise a progressé de 55 % sur le mois.

Ce niveau de financement reflète un changement de posture profond chez les investisseurs obligataires, traditionnellement prudents vis-à-vis des entreprises technologiques. Ces acteurs ont longtemps boudé le secteur, jugé trop risqué, et avaient manifesté leur inquiétude l'an dernier face à la vague d'endettement d'Oracle et d'autres constructeurs d'infrastructures IA. Désormais, la demande massive et les engagements fermes de géants comme Meta suffisent à rassurer des fonds tels que Janus Henderson Investors, dont le responsable de la recherche crédit Mike Talaga résume la position : "Nous acceptons le risque de construction parce que la demande est là." Pour les investisseurs, CoreWeave représente un levier direct sur le succès de l'IA, avec une capacité démontrée à livrer de la puissance de calcul et à convaincre ses clients d'en commander davantage. L'entrée de Jane Street, acteur financier et non développeur d'IA, signale en outre que l'appétit pour ces services dépasse désormais le cercle des pure players technologiques.

La trajectoire de CoreWeave s'inscrit dans une course effrénée à l'infrastructure déclenchée par les progrès rapides de l'IA générative. La pénurie de capacités de calcul a transformé les fournisseurs de cloud spécialisés en acteurs incontournables du secteur. CoreWeave cherche à consolider son avance en enrichissant son offre de logiciels et de services pour fidéliser ses clients. Nick Robbins, vice-président en charge du développement corporate, reconnaît cependant que l'ère actuelle est "celle de la croyance plutôt que du scepticisme." Cette dynamique pourrait s'emballer à court terme, mais elle comporte des risques systémiques : contrairement aux marchés actions, une turbulence dans l'obligataire peut freiner le crédit à l'échelle de l'économie entière, et de lourdes pertes futures dans ce compartiment pourraient se propager bien au-delà du seul secteur IA.

Dans nos dossiers

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

OpenAI prévoit que le marché publicitaire atteindra 102 milliards de dollars d'ici 2030
1The Information AI 

OpenAI prévoit que le marché publicitaire atteindra 102 milliards de dollars d'ici 2030

OpenAI mise désormais sur la publicité comme principal moteur de revenus d'ici 2030, avec des projections atteignant 102 milliards de dollars. Selon des prévisions financières internes du premier trimestre 2026, qui n'avaient pas encore été rendues publiques, la société s'attend à générer environ 2,4 milliards de dollars de revenus publicitaires cette année, puis à quadrupler ce chiffre dès 2025 pour approcher les 11 milliards. Ces estimations dépassent largement les projections établies il y a un an, qui tablaient sur 1,6 milliard cette année et 5,9 milliards l'année suivante pour les utilisateurs non abonnés. Ce repositionnement stratégique signale un tournant majeur dans le modèle économique d'OpenAI. Jusqu'ici fortement dépendante des abonnements ChatGPT et des contrats API avec les entreprises, la société cherche à diversifier ses sources de revenus à grande échelle. Faire de la publicité le premier poste de revenus d'ici 2030 implique de transformer ses plateformes en espaces publicitaires capables de rivaliser avec les géants du secteur, ce qui pourrait profondément modifier l'expérience utilisateur de ses produits grand public. OpenAI entre ainsi en concurrence directe avec Google, Meta et Microsoft sur un marché publicitaire dominé par quelques acteurs. La société, valorisée à 157 milliards de dollars après sa dernière levée de fonds, fait face à des dépenses colossales en infrastructure et doit trouver des relais de croissance au-delà des abonnements. L'intégration de la publicité dans ses produits reste toutefois à préciser techniquement et éthiquement, notamment sur la question de la personnalisation des données dans un contexte d'IA générative.

UELe virage publicitaire d'OpenAI pourrait soulever des questions de conformité au RGPD si ChatGPT exploite les données des utilisateurs européens à des fins de ciblage publicitaire.

BusinessOpinion
1 source
Les risques cachés dans le financement de l'IA
2The Information AI 

Les risques cachés dans le financement de l'IA

Lors d'une conférence intitulée "Financing the AI Revolution" organisée lundi, des investisseurs et banquiers spécialisés dans l'IA ont été interrogés sur les risques cachés du marché actuel. Après un silence gêné, Martin Fichtner, responsable des investissements technologiques pour le fonds souverain singapourien Temasek, basé à San Francisco, a évoqué la "dérivée seconde" de la demande : non pas un ralentissement de la croissance, mais un simple fléchissement de son accélération suffirait à inquiéter les marchés. Son confrère Jim Prusko, gestionnaire de portefeuille senior chez Magnetar, a de son côté cité le risque réglementaire et les pressions politiques croissantes contre les centres de données américains comme menaces concrètes au déploiement de l'infrastructure IA. Magnetar est l'un des principaux soutiens financiers de CoreWeave, développeur de data centers, dont le vice-président au développement Nick Robbins reconnaît lui-même une tension permanente entre l'offre et la demande, notant que l'entreprise "ne peut pas lever des capitaux assez vite pour suivre la demande." Ces risques ne sont pas théoriques : deux scénarios se déroulent déjà sous les yeux des investisseurs. Anthropic a récemment relevé ses tarifs à un niveau tel que les coûts pour certains clients pourraient doubler, voire tripler selon certaines estimations. Dans un contexte où de nombreuses entreprises n'ont pas encore mesuré de gains concrets liés à l'IA, cette hausse fragilise leur appétit pour des dépenses importantes. Parallèlement, The Information rapporte chez OpenAI des objectifs manqués, une instabilité au niveau de la direction et une croissance décevante, une série de révélations qui a suffi à faire chuter les cours en bourse d'Oracle et de CoreWeave, deux acteurs ayant parié massivement sur la croissance de l'entreprise. L'enthousiasme reste néanmoins dominant : des dizaines de milliards de dollars ont afflué vers des acteurs comme Anthropic et OpenAI, portés par l'amélioration spectaculaire des modèles et une demande commerciale en forte hausse. Des introductions en bourse sont attendues pour ces deux sociétés ainsi que pour SpaceX. Mais l'histoire des booms technologiques enseigne que les investisseurs ont tendance à anticiper la réalité. Le vrai risque n'est pas l'éclatement d'une bulle, mais les déséquilibres ponctuels inhérents à toute ruée vers une technologie de rupture : lorsque l'offre finira par dépasser la demande chez certains opérateurs très endettés comme CoreWeave et ses concurrents, la correction pourrait être sévère pour les entreprises concernées et leurs créanciers. Les signaux d'alerte existent, même si peu d'investisseurs sont prêts à les nommer publiquement.

UELes hausses de tarifs d'Anthropic et les risques de correction du marché de l'infrastructure IA pourraient renchérir le coût des solutions IA pour les entreprises européennes et freiner leur adoption.

BusinessOpinion
1 source
SAP : comment la gouvernance de l'IA en entreprise protège les marges bénéficiaires
3AI News 

SAP : comment la gouvernance de l'IA en entreprise protège les marges bénéficiaires

Manos Raptopoulos, président mondial du succès client pour l'Europe, l'APAC, le Moyen-Orient et l'Afrique chez SAP, a posé un constat sans appel lors de l'AI & Big Data Expo North America : la distance entre 90 % et 100 % de précision n'est pas une nuance graduelle dans le monde de l'entreprise, c'est une différence existentielle. Les systèmes d'IA dits "agentiques" sont désormais capables de planifier, raisonner, coordonner d'autres agents et exécuter des flux de travail de façon autonome. Mais leur déploiement à grande échelle expose les organisations à des risques opérationnels sévères si leur gouvernance reste au stade de la liste de conformité plutôt que de devenir une contrainte d'ingénierie à part entière. Intégrer des bases de données vectorielles modernes aux architectures relationnelles historiques exige des investissements massifs, et restreindre la boucle d'inférence de l'agent pour éviter les hallucinations dans les chaînes financières ou logistiques fait grimper la latence et les coûts de calcul cloud, modifiant les projections de rentabilité initiales. L'enjeu dépasse la simple fiabilité technique : il touche directement les marges et la responsabilité juridique des entreprises. Raptopoulos identifie trois questions que les conseils d'administration doivent impérativement résoudre avant tout déploiement agentique : qui est responsable en cas d'erreur d'un agent, comment tracer les décisions automatisées pour les audits, et à quel seuil précis l'humain doit reprendre la main. Sans ces réponses, l'expansion incontrôlée des agents risque de reproduire les crises du "shadow IT" de la décennie passée, avec des conséquences potentiellement bien plus graves, car ces systèmes agissent directement sur des données sensibles et influencent des décisions à l'échelle de l'organisation entière. Des données maîtres fragmentées, des systèmes métiers en silos ou des ERP surchargés de personnalisations introduisent une imprévisibilité dangereuse au pire moment : lorsqu'un agent autonome s'appuie sur ces fondations défaillantes pour formuler une recommandation touchant la trésorerie, les relations clients ou la conformité réglementaire, les dégâts opérationnels se propagent instantanément. Ce diagnostic s'inscrit dans un contexte de fragmentation géopolitique croissante. Les mandats de souveraineté des données et les exigences de localisation dans des marchés clés comme New York, Francfort, Riyad ou Singapour complexifient la définition des périmètres de responsabilité. SAP avance que l'intelligence d'entreprise authentique ne peut pas reposer sur des grands modèles de langage entraînés sur du texte générique : elle doit être ancrée dans les données propriétaires de l'entreprise, commandes, factures, dossiers logistiques et données financières incluses. Raptopoulos en fait un mandat de direction générale, non un projet informatique : intégrer un contrôle déterministe au coeur d'une intelligence probabiliste est la condition pour que l'IA agentique devienne un levier de rentabilité plutôt qu'une source de risque systémique.

UESAP, éditeur européen majeur, formule un cadre de gouvernance pour l'IA agentique directement applicable aux DSI françaises et européennes soumises aux exigences de localisation des données et à l'AI Act.

BusinessActu
1 source
Anthropic brille sur les marchés privés, mais SpaceX pourrait tout gâcher
4TechCrunch AI 

Anthropic brille sur les marchés privés, mais SpaceX pourrait tout gâcher

Glen Anderson, président de Rainmaker Securities, dresse un tableau inédit du marché secondaire des actions privées : jamais l'activité n'a atteint un tel niveau, avec Anthropic comme valeur la plus recherchée par les investisseurs institutionnels et particuliers souhaitant prendre position avant une éventuelle introduction en bourse. Ce regain d'intérêt pour Anthropic traduit un rééquilibrage des convictions dans le secteur de l'intelligence artificielle générative. OpenAI, longtemps dominant sur ce marché secondaire, cède du terrain, signe que les investisseurs diversifient leurs paris et misent sur la concurrence directe entre les deux grands laboratoires américains. Pour les fonds et family offices qui ne peuvent pas accéder aux tours de financement primaires, ces échanges de gré à gré représentent la seule fenêtre d'entrée sur des actifs devenus stratégiques. L'ombre de SpaceX plane cependant sur cette dynamique. Une introduction en bourse imminente du groupe d'Elon Musk aspirerait d'importants volumes de capitaux, réorientant les flux aujourd'hui dirigés vers l'IA vers l'industrie spatiale et aérospatiale. Le marché secondaire des startups tech, encore en surchauffe, pourrait ainsi connaître un refroidissement brutal si l'IPO SpaceX venait à mobiliser les liquidités disponibles sur la place privée.

💬 Anthropic qui dépasse OpenAI sur le marché secondaire, ça dit quelque chose sur où les investisseurs placent leurs convictions en ce moment. Le truc SpaceX est réel par contre : une IPO Musk aspire tout, et les liquidités qui vont vers l'IA aujourd'hui peuvent se retrouver dans des fusées demain matin. Reste à voir si ça change vraiment la trajectoire d'Anthropic ou si c'est juste du bruit de marché.

BusinessOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour