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Le professeur de l'USC qui a ouvert la voie à la robotique d'assistance sociale
RobotiqueIEEE Spectrum AI · 2 min de lecture

Le professeur de l'USC qui a ouvert la voie à la robotique d'assistance sociale

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Maja Matarić, professeure d'informatique, de neurosciences et de pédiatrie à l'Université de Californie du Sud (USC) à Los Angeles, a reçu en 2025 la médaille Robotics de MassRobotics, une récompense qui distingue les chercheuses faisant avancer le domaine de la robotique. Pionnière de la robotique socialement assistive, une discipline qu'elle a contribué à définir en 2005, Matarić développe depuis deux décennies des robots capables de mener des conversations, de jouer à des jeux et de réagir aux émotions. Ses travaux actuels portent sur l'utilisation de robots pour aider des étudiants souffrant d'anxiété et de dépression à suivre une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), une approche clinique visant à modifier les schémas de pensée négatifs. Membre de l'IEEE au rang de Fellow, elle a été formée à l'Université du Kansas, où elle a obtenu son diplôme en informatique en 1987, puis au MIT, où elle a réalisé son master et son doctorat en intelligence artificielle et robotique, obtenus respectivement en 1990 et 1994.

L'impact des recherches de Matarić touche des populations particulièrement vulnérables : enfants autistes, adolescents en souffrance psychologique, patients nécessitant une rééducation personnalisée. En remplaçant ou en complétant l'interaction humaine par des robots capables d'adapter leur comportement en temps réel, ses travaux ouvrent une voie concrète pour démocratiser l'accès à certaines formes de thérapie, notamment dans des contextes où les professionnels de santé sont en nombre insuffisant. La TCC assistée par robot, en particulier, représente une avancée significative : elle permet de délivrer un accompagnement structuré et répétable, sans les biais relationnels qui peuvent freiner certains patients dans un cadre clinique traditionnel.

Née à Belgrade, en Serbie, Matarić a grandi dans une famille marquée par l'ingénierie : son père était ingénieur, son oncle travaillait dans l'aérospatiale. Après le décès de son père à ses 16 ans, elle émigre aux États-Unis avec sa mère. Au MIT, elle rejoint le laboratoire de Rodney Brooks, pionnier des systèmes robotiques réactifs, et développe Toto, le premier robot navigant à base de comportements, capable de cartographier un bâtiment grâce à des capteurs sonars. Ce parcours l'a menée à Brandeis University, puis à USC, où elle dirige aujourd'hui un laboratoire de référence mondiale. À une époque où la robotique sociale suscite un intérêt croissant des géants technologiques et des fonds d'investissement, les travaux fondateurs de Matarić rappellent que les applications les plus durables de la robotique sont souvent celles centrées sur l'humain.

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