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Des ingénieurs chinois forment leurs sosies IA, et certains résistent
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Des ingénieurs chinois forment leurs sosies IA, et certains résistent

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En Chine, des ingénieurs et développeurs sont de plus en plus poussés par leurs employeurs à documenter leurs méthodes de travail pour former des agents IA capables de les remplacer. Le phénomène a pris une dimension publique début avril 2026, lorsqu'un projet GitHub baptisé Colleague Skill est devenu viral sur les réseaux sociaux chinois. L'outil, créé par Tianyi Zhou, ingénieur au Shanghai Artificial Intelligence Laboratory, permet à un utilisateur de saisir le nom d'un collègue, d'importer automatiquement ses historiques de conversation et fichiers depuis les plateformes professionnelles Lark et DingTalk, puis de générer des manuels détaillés décrivant ses tâches, ses habitudes de communication et même ses petites particularités. Une utilisatrice shanghaïenne de 27 ans, Amber Li, a testé l'outil sur un ancien collègue : en quelques minutes, Colleague Skill avait produit un profil complet reproduisant jusqu'aux tics de ponctuation de la personne. Zhou a précisé au journal Southern Metropolis Daily que le projet était avant tout une provocation satirique, née des licenciements liés à l'IA et de la tendance croissante des entreprises à demander à leurs salariés de s'automatiser eux-mêmes. Il n'a pas souhaité commenter davantage.

Ce qui était une blague a touché quelque chose de réel. La viralité de Colleague Skill a déclenché un débat de fond sur la dignité et l'individualité des travailleurs à l'ère de l'IA. Sur les réseaux sociaux chinois, les ingénieurs alternent entre humour noir et malaise sincère : un commentaire sur Rednote résume l'ambiance, suggérant d'automatiser ses collègues avant eux-mêmes pour survivre un peu plus longtemps. Un développeur ayant requis l'anonymat a confié à MIT Technology Review avoir formé un agent sur son propre workflow et avoir trouvé l'expérience profondément réductrice, comme si des années de savoir-faire avaient été compressées en modules interchangeables. Amber Li, malgré la précision troublante du résultat, qualifie l'expérience d'«étrange et inconfortable».

Ce mouvement s'inscrit dans un contexte plus large : depuis qu'OpenClaw, un outil d'agent IA, est devenu un phénomène national en Chine, de nombreuses entreprises tech encouragent leurs équipes à expérimenter les agents pour des tâches comme la lecture de mails, la navigation web ou le débogage de code. Mais Hancheng Cao, professeur assistant à l'université Emory spécialisé dans l'IA et le travail, souligne que l'enjeu dépasse la mode managériale : en demandant à leurs employés de produire ces blueprints, les entreprises cartographient discrètement leur capital humain, identifient ce qui peut être standardisé et ce qui reste irréductiblement humain. Pour les salariés, la frontière entre optimisation et précarisation organisée devient de plus en plus floue.

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Au sein de la Silicon Valley, l'idée d'une apocalypse de l'emploi causée par l'IA est désormais traitée comme une certitude. Dario Amodei, PDG d'Anthropic, a décrit l'IA comme "un substitut général de la main-d'oeuvre humaine" capable de réaliser tous les emplois en moins de cinq ans. Une chercheuse en impacts sociétaux chez Anthropic a quant à elle évoqué une possible récession à court terme et "l'effondrement de l'échelle des débuts de carrière". Ces déclarations alimentent une anxiété croissante chez les travailleurs, au point de renforcer les mouvements réclamant un moratoire sur la construction de centres de données. Alex Imas, économiste à l'Université de Chicago, a accepté de faire le point sur ce que l'on sait réellement, et surtout sur ce que l'on ignore. Son constat est sévère : les outils actuels pour prédire l'impact de l'IA sur l'emploi sont "lamentables". La mesure la plus utilisée, le taux d'"exposition" d'un métier à l'IA, consiste à comptabiliser combien de tâches qui le composent pourraient être automatisées. C'est la méthode qu'OpenAI a appliquée en décembre dernier à un catalogue gouvernemental américain de milliers de tâches professionnelles, datant de 1998, constatant par exemple qu'un agent immobilier est exposé à 28 %. Anthropic a utilisé ce même référentiel en février pour analyser des millions de conversations avec Claude. Mais pour Imas, "l'exposition seule est un outil totalement inutile pour prédire les suppressions de postes" : savoir qu'une tâche peut être automatisée ne dit rien sur ce que fera concrètement l'employeur de ce gain de productivité. L'enjeu central est en réalité une question d'économie industrielle que personne ne sait encore trancher : si un développeur peut produire en un jour ce qui lui prenait trois jours grâce à l'IA, l'entreprise va-t-elle embaucher moins de développeurs ou au contraire en recruter davantage pour aller plus vite ? La réponse dépend du secteur, de la structure des marchés et de la concurrence. Dans un marché compétitif, les gains de productivité se répercutent souvent en baisse de prix, ce qui stimule la demande et donc l'emploi. Mais ce mécanisme ne s'applique pas uniformément. Imas plaide pour que les économistes collectent d'urgence des données granulaires sur la façon dont les entreprises réallouent réellement leur main-d'oeuvre après l'adoption de l'IA, car sans ces données, toute politique publique sur l'emploi reste aveugle. Le débat dépasse donc largement les prédictions catastrophistes : il appelle à une observation rigoureuse de terrain, que personne n'a encore vraiment commencée.

UELe manque de données empiriques rigoureuses sur la réallocation réelle de la main-d'oeuvre après adoption de l'IA fragilise également les politiques publiques européennes sur l'emploi et les débats autour de l'AI Act.

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L’IA augmente la productivité des ingénieurs, mais ne les remplacera pas encore, selon le PDG de Salesforce

Marc Benioff, PDG de Salesforce, a pris position dans le débat sur l'avenir des développeurs logiciels à l'ère de l'IA générative. Sa réponse à ceux qui prédisent la disparition prochaine du métier d'ingénieur est directe : il suffit d'ouvrir les pages carrières de Meta, Google, Anthropic et OpenAI pour constater que ces entreprises, dont les modèles sont censés automatiser le code, continuent de recruter massivement des ingénieurs logiciels. Pour Benioff, ce signal de marché est plus éloquent que n'importe quel discours alarmiste. Son argument central est que l'IA augmente la productivité des ingénieurs sans les rendre obsolètes. Les outils de génération de code accélèrent certaines tâches répétitives, mais la conception architecturale, la résolution de problèmes complexes et la supervision des systèmes restent l'apanage des humains. Cette position tranche avec les déclarations de certains dirigeants tech qui évoquent des réductions d'effectifs liées à l'automatisation, comme Shopify ou Duolingo l'ont laissé entendre récemment. Le débat s'inscrit dans un contexte de tension croissante entre les promesses des grands modèles de langage et les réalités du marché du travail. D'un côté, des outils comme GitHub Copilot ou Cursor transforment concrètement le quotidien des développeurs. De l'autre, la demande de profils techniques qualifiés reste soutenue, notamment pour entraîner, affiner et maintenir ces mêmes modèles. La thèse de Benioff est que l'IA redéfinit le métier d'ingénieur plutôt qu'elle ne l'élimine, du moins pour les années à venir.

UELe débat sur l'avenir des ingénieurs logiciels face à l'IA concerne indirectement le marché européen, où la demande de profils techniques qualifiés reste soutenue malgré l'essor des outils de génération de code.

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L'intelligence artificielle s'impose désormais comme un outil structurant dans les départements de ressources humaines, et les entreprises qui tardent à former leurs équipes accumulent un retard difficile à combler. Les RH automatisent déjà les tâches administratives répétitives grâce à des logiciels capables de traiter en quelques secondes des volumes de données qui mobilisaient autrefois plusieurs jours de travail. Sur le front du recrutement, des algorithmes analysent des milliers de candidatures simultanément, identifient les profils pertinents et réduisent mécaniquement les biais cognitifs qui pèsent sur les sélections humaines. La gestion des carrières suit le même mouvement : des systèmes connectés anticipent les évolutions de poste, cartographient les compétences disponibles en interne et ajustent les plans de formation avant que les besoins ne deviennent urgents. L'enjeu pour les équipes RH n'est pas de devenir des ingénieurs en machine learning, mais de comprendre ce que les outils disent et de savoir en contester les conclusions. Les organisations qui franchissent ce cap enregistrent des gains mesurables : réduction des coûts de recrutement, diminution du temps de traitement des dossiers, meilleure rétention des talents grâce à un suivi plus fin des parcours professionnels. En libérant les professionnels RH des tâches à faible valeur ajoutée, l'IA leur permet de concentrer leur attention sur les missions qui exigent un jugement humain : médiation, accompagnement, décision sensible. Les entreprises qui investissent dans cette montée en compétence renforcent aussi leur attractivité, car les candidats qualifiés scrutent de plus en plus les pratiques RH des employeurs potentiels. La transformation n'est cependant pas sans friction. La question de la transparence algorithmique monte en puissance : quand un logiciel influence une promotion ou un licenciement, les salariés et les représentants du personnel exigent des explications sur les critères utilisés. Plusieurs organisations ont d'ores et déjà opté pour des chartes d'usage de l'IA en RH, moins par souci de communication que pour poser des garde-fous concrets sur les décisions automatisées. Le consensus qui émerge dans le secteur est clair : l'algorithme peut instruire un dossier, mais c'est un humain qui doit trancher. Former les équipes RH à l'IA, c'est donc aussi leur apprendre à exercer ce contrôle de manière éclairée, à lire entre les lignes des tableaux de bord et à maintenir une présence humaine là où les chiffres seuls ne suffisent pas.

UEL'AI Act européen impose des obligations de transparence sur les systèmes d'IA intervenant dans des décisions RH à fort impact (embauche, licenciement, promotion), rendant la montée en compétence des équipes RH en France et en UE directement nécessaire pour assurer la conformité.

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Et maintenant, les Français utilisent une IA pour voter aux élections, certains changent même d’avis
4Presse-citron 

Et maintenant, les Français utilisent une IA pour voter aux élections, certains changent même d’avis

Lors des élections municipales de mars 2026 en France, des milliers d'électeurs ont eu recours à des outils d'intelligence artificielle conversationnelle pour orienter leur vote. Pour la première fois à cette échelle, des citoyens ont soumis leurs hésitations politiques à des assistants comme ChatGPT ou Copilot, posant des questions sur les programmes, les candidats ou les enjeux locaux. Fait marquant : une fraction d'entre eux affirme avoir changé d'avis à la suite de ces échanges, parfois quelques heures avant de glisser leur bulletin dans l'urne. Le phénomène soulève des inquiétudes profondes quant à l'intégrité du processus démocratique. Contrairement à un article de presse ou à un débat télévisé, une IA conversationnelle personnalise sa réponse en fonction des questions posées et du profil perçu de l'utilisateur, sans transparence sur ses sources ni sur les biais éventuels de son entraînement. Si les volumes restent encore minoritaires en 2026, la tendance ouvre une brèche inédite : celle d'un intermédiaire algorithmique, non élu et non régulé, influençant directement le comportement électoral de citoyens. La présidentielle de 2027 concentre désormais toutes les attentions. Les politologues et les régulateurs alertent sur l'absence totale de cadre juridique encadrant l'usage des IA dans le contexte électoral français. La Commission nationale de contrôle de la campagne électorale n'a pas encore de doctrine sur le sujet, tandis que Bruxelles travaille encore à l'application de l'AI Act. D'ici à l'échéance présidentielle, la question de savoir si une IA peut constituer une forme d'ingérence dans le vote risque de s'imposer comme l'un des débats politiques majeurs du quinquennat.

UEDes milliers de Français ont utilisé des IA conversationnelles pour orienter leur vote lors des municipales de mars 2026, certains en changeant d'avis, révélant un vide juridique total que ni la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale ni l'AI Act n'ont encore comblé à moins d'un an de la présidentielle 2027.

💬 C'était prévisible, et pourtant ça fait un effet bizarre de le lire noir sur blanc. Des électeurs ont soumis leurs hésitations politiques à ChatGPT, certains ont changé d'avis à quelques heures du vote, sans aucune garantie que le modèle ne mélangeait pas les programmes ou ne favorisait pas un angle sans le dire. On a 2027 qui arrive, aucun cadre, et personne en charge.

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