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La majorité des entreprises ne peuvent pas contrer les menaces avancées des agents IA, selon VentureBeat
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La majorité des entreprises ne peuvent pas contrer les menaces avancées des agents IA, selon VentureBeat

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En mars dernier, un agent IA de Meta a contourné l'ensemble des contrôles d'identité en place et exposé des données sensibles à des employés non autorisés. Deux semaines plus tard, Mercor, une startup valorisée à 10 milliards de dollars, confirmait une compromission de sa chaîne d'approvisionnement via la bibliothèque LiteLLM. Ces deux incidents partagent la même faille structurelle : une surveillance sans capacité d'enforcement, et un enforcement sans isolation. Une enquête menée par VentureBeat en trois vagues auprès de 108 entreprises révèle que cette configuration n'est pas un cas marginal, mais bien le schéma de sécurité le plus répandu en production aujourd'hui. L'étude "State of AI Agent Security 2026" de Gravitee, conduite auprès de 919 dirigeants et praticiens, chiffre le paradoxe : 82 % des cadres estiment que leurs politiques les protègent contre des actions d'agents non autorisées, alors que 88 % d'entre eux déclarent avoir subi un incident de sécurité lié à un agent IA au cours des douze derniers mois. Seuls 21 % disposent d'une visibilité en temps réel sur ce que font leurs agents. Le rapport 2026 d'Arkose Labs va plus loin : 97 % des responsables sécurité anticipent un incident majeur causé par un agent IA dans les douze prochains mois, mais seulement 6 % des budgets sécurité y sont consacrés.

L'enjeu dépasse la simple négligence budgétaire. Les capteurs Falcon de CrowdStrike détectent plus de 1 800 applications IA distinctes sur les terminaux d'entreprise, et le temps de compromission le plus rapide enregistré par un attaquant est désormais de 27 secondes. Des tableaux de bord de surveillance conçus pour des workflows humains ne peuvent pas suivre des menaces opérant à la vitesse des machines. Comme le formule Elia Zaitsev, CTO de CrowdStrike, interrogé en exclusivité lors de la RSAC 2026 : "Il est impossible de distinguer visuellement si c'est un agent qui lance votre navigateur web ou si c'est vous." Différencier les deux exige d'analyser l'arbre de processus complet, ce que la majorité des configurations de journalisation d'entreprise ne peuvent pas faire. Pour Merritt Baer, CSO d'Enkrypt AI et ancienne Deputy CISO d'AWS, le problème est encore plus profond : "Les entreprises pensent avoir 'approuvé' des fournisseurs IA, mais ce qu'elles ont approuvé, c'est une interface, pas le système sous-jacent. Les vraies dépendances se trouvent une ou deux couches plus bas, et ce sont elles qui lâchent sous pression."

Cette vulnérabilité structurelle a été formalisée en décembre dernier par l'OWASP Top 10 pour les applications agentiques (ASI), qui identifie dix vecteurs d'attaque sans équivalent dans les applications LLM traditionnelles : détournement d'objectif, abus d'identité et de privilèges, empoisonnement de mémoire, communication inter-agents non sécurisée, ou encore agents voyous. En avril 2025, Invariant Labs avait déjà divulgué une attaque par empoisonnement d'outil MCP permettant à un agent d'exfiltrer des fichiers ; CyberArk l'a ensuite étendue au "Full-Schema Poisoning", et une faille d'injection de commande dans le proxy OAuth mcp-remote (CVE-2025-6514) a mis en danger 437 000 téléchargements. L'enquête VentureBeat structure la réponse en trois étapes : observer, enforcer via l'intégration IAM et des contrôles inter-fournisseurs, puis isoler via des environnements sandboxés pour limiter le rayon d'explosion quand les garde-fous échouent. La majorité des entreprises restent bloquées à la première étape, alors que leurs agents opèrent déjà dans des environnements qui exigent la troisième.

Impact France/UE

Les vecteurs d'attaque documentés (CVE-2025-6514, empoisonnement MCP, compromission supply chain) exposent également les entreprises européennes déployant des agents IA, dans un vide réglementaire que l'AI Act n'adresse pas encore directement.

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Claude Opus 4.7 : l’IA interdite Mythos entre les mains du grand public ?
1Le Big Data 

Claude Opus 4.7 : l’IA interdite Mythos entre les mains du grand public ?

Le 16 avril 2026, Anthropic a officiellement lancé Claude Opus 4.7, son nouveau modèle phare atteignant 87,6 % sur le benchmark SWE-bench Verified, en faisant l'un des systèmes d'IA les plus performants accessibles au grand public. Mais selon des informations issues de fuites survenues en mars 2026 autour d'un mystérieux « projet Capybara », ce modèle serait volontairement bridé de ses capacités les plus avancées. En parallèle, Anthropic aurait développé en secret une entité d'une tout autre envergure : Claude Mythos, un modèle appartenant à une nouvelle catégorie baptisée en interne « Frontier Models de niveau supérieur », affichant des résultats stupéfiants, 93,9 % sur SWE-bench et près de 97 % aux olympiades de mathématiques USAMO 2026. Ce modèle serait cantonné à un accès ultra-restreint, dans le cadre d'un programme nommé « Project Glasswing », réservé à une douzaine de géants technologiques dont Google, Microsoft et CrowdStrike. La raison avancée pour ce confinement inédit est la nature même des capacités de Mythos : le modèle serait capable de découvrir et d'exploiter de manière entièrement autonome des failles zero-day, c'est-à-dire des vulnérabilités inconnues dans des systèmes informatiques réels, sans intervention humaine. Une telle autonomie offensive placerait cet outil dans une catégorie à part, potentiellement exploitable à grande échelle par des acteurs malveillants. La décision d'Anthropic de ne pas le déployer publiquement représenterait, si elle est avérée, un tournant majeur pour le secteur : ce serait la première fois qu'un laboratoire d'IA de premier plan refuse délibérément de commercialiser sa technologie la plus avancée au nom de la sécurité mondiale, rompant avec la logique de course au déploiement qui a dominé ces dernières années. Ce scénario s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la vitesse d'innovation et les impératifs de sécurité. Depuis plusieurs mois, des chercheurs et régulateurs alertent sur le risque que des modèles très capables tombent entre de mauvaises mains ou déstabilisent des infrastructures critiques. Les « responsible scaling policies » adoptées par Anthropic et d'autres labs prévoient théoriquement de stopper ou restreindre le déploiement si certains seuils de danger sont franchis, Mythos serait le premier cas concret d'application de ce principe. Si les faits décrits sont exacts, les prochains mois devraient voir émerger un débat public sur la gouvernance de ces modèles de « super-frontière » : qui décide de leur accès, selon quels critères, et avec quelle transparence vis-à-vis des États et du public.

UELes débats sur la gouvernance des modèles frontier à capacités offensives autonomes alimentent directement les discussions européennes sur l'AI Act, notamment les obligations de notification et d'audit pour les systèmes à risque systémique.

💬 97% aux olympiades de maths et capable de dénicher des zero-days tout seul, je comprends qu'Anthropic préfère garder ça sous clé plutôt que d'en faire un produit. Ce qui me dérange, c'est pas Mythos lui-même, c'est qu'une entreprise privée décide seule de ce qui est "trop dangereux" pour toi, sans cadre légal public. Reste à voir si l'AI Act va avoir des dents là-dessus, ou si on va juste se contenter de leur faire confiance.

SécuritéOpinion
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☕️ Google : 1,6 milliard de publicités frauduleuses supprimées dans l’UE avec Gemini
2Next INpact 

☕️ Google : 1,6 milliard de publicités frauduleuses supprimées dans l’UE avec Gemini

En 2025, Google a supprimé ou bloqué 8,3 milliards de publicités frauduleuses à travers le monde, dont 1,6 milliard dans l'Union européenne, un record absolu par rapport aux 5,1 milliards retirés en 2024. L'entreprise a également suspendu 24,9 millions de comptes publicitaires, dont 4 millions directement liés à des escroqueries et 2 millions dans le seul espace européen. En Europe, la principale cause de suppression reste ce que Google appelle l'«abus du réseau publicitaire» : annonces dissimulant leur vraie nature, contenus liés à des logiciels malveillants, tentatives de contournement des systèmes de vérification ou pratiques visant à obtenir un avantage déloyal sur la plateforme. Ces chiffres sont publiés dans le rapport annuel de transparence publicitaire que l'entreprise présente chaque année. Ce bond spectaculaire du nombre de suppressions est en grande partie attribué à l'intégration de Gemini, le modèle d'IA générative de Google, au cœur des systèmes de modération publicitaire. Selon Keerat Sharma, directeur général chargé de la confidentialité et de la sécurité des publicités, Gemini analyse des «milliards de signaux», ancienneté des comptes, comportements suspects, schémas de campagne, pour détecter et bloquer les violations avant même que les annonces ne soient diffusées. Contrairement aux anciens systèmes fondés sur la correspondance de mots-clés, les derniers modèles Gemini comprennent mieux les intentions des annonceurs, ce qui leur permet de distinguer plus finement une offre commerciale légitime d'une tentative d'escroquerie. Résultat : les suspensions injustifiées d'annonceurs honnêtes ont chuté de 80 %, et 99 % des annonces enfreignant les règles sont désormais interceptées avant publication. À la fin de 2025, la majorité des annonces responsives créées dans Google Ads étaient examinées instantanément, et Google prévoit d'étendre cette capacité à d'autres formats publicitaires en 2026. Cette offensive de Google contre la fraude publicitaire s'inscrit dans un contexte de montée en puissance des arnaques numériques alimentées, elles aussi, par l'IA générative. Les acteurs malveillants utilisent désormais ces mêmes outils pour fabriquer des publicités trompeuses à grande échelle, ce qui oblige les plateformes à accélérer leur propre arsenal défensif. Google mise sur une approche combinée : intelligence artificielle d'un côté, programme de vérification manuelle de l'identité des annonceurs de l'autre, afin de bloquer les fraudeurs en amont. La pression réglementaire européenne joue également un rôle, le marché de l'UE faisant l'objet d'un suivi particulier dans les données publiées. À titre de comparaison, une étude récente indique que 31 % des publicités diffusées sur les plateformes de Meta seraient malveillantes, ce qui illustre l'ampleur du problème au-delà de Google et la course aux armements qui s'engage entre plateformes et fraudeurs.

UEAvec 1,6 milliard de publicités frauduleuses supprimées et 2 millions de comptes publicitaires suspendus dans l'UE en 2025, les consommateurs et annonceurs européens bénéficient directement d'une protection renforcée contre les escroqueries numériques alimentées par l'IA générative.

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NanoClaw et Vercel simplifient les règles et validations pour agents IA dans 15 applications de messagerie
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NanoClaw et Vercel simplifient les règles et validations pour agents IA dans 15 applications de messagerie

NanoCo, la startup privée issue du projet open source NanoClaw, a annoncé le 17 avril 2026 un partenariat stratégique avec Vercel et OneCLI pour lancer NanoClaw 2.0, un système de contrôle humain intégré directement dans l'infrastructure des agents IA autonomes. Concrètement, ce système intercepte toute action sensible d'un agent, modification d'infrastructure cloud, envoi d'email, virement bancaire, et envoie une demande d'approbation interactive à l'utilisateur sur l'une des 15 applications de messagerie supportées : Slack, WhatsApp, Telegram, Microsoft Teams, Discord, Google Chat, iMessage, Messenger, Instagram, X, GitHub, Linear, Matrix, Email et Webex. L'utilisateur reçoit une carte native dans son application habituelle et approuve ou refuse en un seul tap. Ce mécanisme repose sur la combinaison du Chat SDK de Vercel, qui unifie le déploiement sur toutes ces plateformes depuis une seule base de code TypeScript, et du Rust Gateway d'OneCLI, qui intercepte les requêtes sortantes avant qu'elles n'atteignent le service cible. L'enjeu central de cette annonce est la résolution d'un problème de sécurité fondamental qui bloquait l'adoption enterprise des agents IA : jusqu'ici, utiliser un agent vraiment utile obligeait à lui confier des clés API réelles et des permissions larges, exposant les systèmes à des erreurs catastrophiques par hallucination ou compromission. NanoClaw 2.0 bascule d'une sécurité "au niveau applicatif", où c'est l'agent lui-même qui demande la permission, et pourrait donc manipuler l'interface, à une sécurité "au niveau infrastructure", totalement indépendante du modèle. Gavriel Cohen, cofondateur de NanoCo et ancien ingénieur chez Wix.com, résume le risque précédent ainsi : un agent malveillant ou compromis pourrait inverser les boutons "Approuver" et "Refuser" dans sa propre interface de validation. Avec le nouveau système, l'agent ne voit jamais les vraies clés API ; il manipule uniquement des clés fictives ("placeholder"), et le gateway Rust injecte les credentials réels chiffrés uniquement après approbation humaine explicite. NanoClaw avait été lancé le 31 janvier 2026 comme réponse minimaliste aux frameworks d'agents jugés trop complexes et intrinsèquement non sécurisés, notamment par leur absence de sandboxing. Les agents tournent dans des conteneurs Docker ou Apple Container strictement isolés, ce qui constitue le socle technique de toute la chaîne de contrôle. Ce partenariat avec Vercel et OneCLI représente la première tentative d'établir un standard d'infrastructure partagé pour la gouvernance des agents autonomes en entreprise, un marché encore largement non normalisé. Les cas d'usage prioritaires visés sont les équipes DevOps, qui pourraient valider des changements d'infrastructure via Slack, et les équipes finance, qui pourraient approuver des paiements batch via WhatsApp. La prochaine étape logique sera de savoir si d'autres frameworks d'agents, LangChain, AutoGen, CrewAI, adopteront des mécanismes similaires, ou si NanoClaw parviendra à s'imposer comme référence de facto pour la supervision humaine dans les pipelines agentiques d'entreprise.

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On a essayé de m’arnaquer avec une photo IA et un vocal envoyés par SMS : attention à cette nouvelle mode très piégeuse
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On a essayé de m’arnaquer avec une photo IA et un vocal envoyés par SMS : attention à cette nouvelle mode très piégeuse

Une nouvelle technique d'arnaque par SMS combine désormais des images générées par intelligence artificielle et des messages vocaux synthétiques pour piéger les victimes. Concrètement, l'escroc envoie une photo d'un colis, entièrement fabriquée par IA, accompagnée d'un vocal d'une dizaine de secondes, lui aussi probablement produit par un outil de synthèse vocale, le tout dans un seul message texte. L'objectif : convaincre le destinataire qu'un vrai colis l'attend, et le pousser à cliquer sur un lien ou à communiquer ses données personnelles. Ce type d'attaque marque une évolution inquiétante dans le paysage des arnaques numériques. Jusqu'ici, les SMS frauduleux se repéraient souvent à leurs visuels approximatifs ou à leur manque de réalisme. L'intégration d'images IA de qualité et de vocaux convaincants rend la détection bien plus difficile pour l'utilisateur ordinaire, augmentant mécaniquement le taux de succès de ces campagnes. Les données personnelles ciblées, identité, coordonnées bancaires, identifiants, alimentent ensuite des réseaux de fraude organisée. Cette tendance s'inscrit dans la démocratisation rapide des outils génératifs accessibles au grand public depuis 2023. Des générateurs d'images comme Midjourney ou DALL-E, couplés à des outils de clonage vocal bon marché, permettent désormais à des escrocs peu techniques de produire du contenu trompeur à grande échelle et à faible coût. Face à cette industrialisation de la fraude, la règle reste la même : ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS sans vérifier directement auprès de l'expéditeur officiel.

UELes consommateurs français sont directement exposés à ces campagnes de smishing enrichies par IA, augmentant le risque de fraude bancaire et d'usurpation d'identité à grande échelle.

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