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InfrastructureVentureBeat AI · 2 min de lecture

Le prochain goulot d'étranglement de l'IA n'est pas les modèles, c'est la capacité des agents à raisonner ensemble

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Le prochain goulot d'étranglement de l'IA n'est pas les modèles, c'est la capacité des agents à raisonner ensemble
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Les agents d'intelligence artificielle peuvent désormais être interconnectés dans des workflows complexes, mais Vijoy Pandey, SVP et directeur général d'Outshift by Cisco, pointe une limite fondamentale : la connexion n'est pas la cognition. Chaque agent repart de zéro à chaque interaction, sans contexte partagé ni alignement sémantique avec ses pairs. Pour résoudre ce problème, l'équipe de Pandey développe trois nouveaux protocoles de communication inter-agents : le Semantic State Transfer Protocol (SSTP), qui opère au niveau du langage pour permettre aux systèmes d'inférer la bonne tâche ; le Latent Space Transfer Protocol (LSTP), capable de transférer l'espace latent complet d'un agent à un autre, en transmettant directement le cache KV pour éviter le coût de la tokenisation ; et le Compressed State Transfer Protocol (CSTP), orienté vers les déploiements en périphérie de réseau où il faut transmettre de grandes quantités d'état de manière précise et compressée. En parallèle, Cisco a collaboré avec le MIT sur le Ripple Effect Protocol, une initiative complémentaire dans cette direction.

L'enjeu derrière ces travaux est considérable : atteindre ce que Pandey appelle l'"internet de la cognition", un niveau où des agents peuvent résoudre des problèmes inédits, sans intervention humaine, en partageant véritablement leur intention et leur contexte. Ce saut qualitatif représente selon lui le "grand déblocage" pour les systèmes d'IA de prochaine génération. Sur le plan opérationnel, Cisco a déjà montré des résultats concrets : en déployant plus de vingt agents, dont certains développés en interne et d'autres issus de fournisseurs tiers, l'équipe SRE de Cisco a automatisé plus d'une douzaine de workflows de bout en bout, incluant les pipelines CI/CD, les déploiements Kubernetes et les instanciations EC2. Ces agents accèdent à plus de cent outils via des frameworks comme le Model Context Protocol (MCP), tout en s'intégrant aux plateformes de sécurité de Cisco.

Pandey situe cette évolution dans une trajectoire historique plus large : l'intelligence humaine a d'abord émergé individuellement, avant que la communication progressive entre individus ne déclenche une révolution cognitive collective, permettant l'intention partagée, la coordination et l'innovation distribuée. Son équipe reproduit délibérément cette trajectoire dans le silicium, en codifiant l'intention, le contexte et l'innovation collective directement dans l'infrastructure sous forme de règles, d'API et de capacités. L'architecture cible se décompose en trois couches : les protocoles (SSTP, LSTP, CSTP), un tissu de distribution pour synchroniser les états cognitifs entre endpoints, et des "moteurs de cognition" fournissant garde-fous et accélération. Cisco n'est pas seul sur ce terrain : la course à l'infrastructure agentique de nouvelle génération s'intensifie, avec des acteurs comme Anthropic, OpenAI et des startups spécialisées qui poussent chacun leurs propres standards, rendant la bataille des protocoles aussi stratégique que celle des modèles eux-mêmes.

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