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Claude Code découvre une faille du noyau Linux exploitable à distance, cachée depuis 23 ans

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Nicholas Carlini, chercheur chez Anthropic, a utilisé Claude Code pour identifier un débordement de tampon en tas (heap buffer overflow) exploitable à distance dans le pilote NFS du noyau Linux, une faille dissimulée depuis 23 ans. Au total, cinq vulnérabilités du noyau ont été confirmées à l'issue de cette recherche, dont certaines pourraient permettre à un attaquant distant de compromettre des systèmes Linux sans authentification préalable.

La découverte illustre un tournant dans la façon dont l'IA contribue à la sécurité logicielle. Les mainteneurs du noyau Linux signalent que la qualité des rapports de bugs générés par l'IA s'est nettement améliorée : les listes de sécurité reçoivent désormais entre 5 et 10 signalements valides par jour, contre des soumissions quasi-inutilisables il y a encore peu. Pour les équipes de sécurité, cela représente un changement de rythme considérable, avec un flux de vulnérabilités légitimes à traiter en continu.

Le noyau Linux est au cœur de milliards de serveurs, appareils embarqués et infrastructures critiques dans le monde. Une faille exploitable à distance dans le pilote NFS, utilisé pour le partage de fichiers en réseau, représente un risque particulièrement sérieux pour les environnements d'entreprise. Cette découverte s'inscrit dans une tendance plus large où les grands modèles de langage commencent à rivaliser avec des experts humains en audit de code bas niveau, ouvrant la voie à une automatisation partielle de la recherche de vulnérabilités dans des bases de code vieilles de plusieurs décennies.

Impact France/UE

Les infrastructures critiques européennes basées sur Linux avec NFS sont directement exposées à cette faille exploitable à distance sans authentification ; les équipes sécurité doivent prioriser l'application des correctifs noyau.

💬 Le point de vue du dev

23 ans que cette faille traînait dans le noyau Linux, et c'est un LLM qui la sort. C'est peut-être le meilleur argument concret pour l'IA en sécurité que j'ai vu cette année : pas un benchmark, pas une démo, une vraie CVE sur du code critique que des milliers d'experts ont lu sans la voir. Reste à voir si les équipes sécurité vont suivre le rythme, parce que 5 à 10 signalements valides par jour, c'est un autre métier.

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1AI News 

Anthropic garde un nouveau modèle IA secret après avoir découvert des milliers de failles externes

Anthropic a développé un nouveau modèle d'intelligence artificielle, baptisé Claude Mythos Preview, dont les capacités en cybersécurité sont jugées trop dangereuses pour une diffusion publique. Ce modèle a déjà identifié des milliers de vulnérabilités dans les principaux systèmes d'exploitation et navigateurs web, notamment un bug vieux de 27 ans dans OpenBSD et une faille critique de 17 ans dans FreeBSD, la CVE-2026-4747, permettant à n'importe quel utilisateur non authentifié de prendre le contrôle total d'un serveur exposé sur internet. Cette dernière découverte a été réalisée de manière entièrement autonome, sans intervention humaine après la simple instruction initiale. Plutôt que de commercialiser le modèle, Anthropic a choisi de le confier discrètement à une coalition de partenaires fondateurs incluant Amazon Web Services, Apple, Cisco, Google, Microsoft, Nvidia, CrowdStrike, JPMorganChase et la Linux Foundation, auxquels s'ajoutent plus de 40 organisations gérant des infrastructures logicielles critiques. L'entreprise s'engage à mobiliser jusqu'à 100 millions de dollars en crédits d'utilisation et 4 millions de dollars en dons directs à des organisations de sécurité open source, dont 2,5 millions à Alpha-Omega et OpenSSF via la Linux Foundation, et 1,5 million à la Fondation Apache. L'enjeu dépasse la simple prouesse technique. Mythos Preview est capable de chaîner trois, quatre, voire cinq vulnérabilités distinctes pour construire des exploits sophistiqués, selon Nicholas Carlini, chercheur chez Anthropic, qui déclare avoir trouvé "plus de bugs ces dernières semaines que dans toute sa vie réunie". Le modèle sature désormais les benchmarks de sécurité existants, forçant Anthropic à se concentrer sur des tâches réelles inédites, notamment la découverte de failles zero-day. Newton Cheng, responsable de la Red Team cyber chez Anthropic, est explicite : les retombées d'une diffusion incontrôlée "pour les économies, la sécurité publique et la sécurité nationale pourraient être sévères". Pour les mainteneurs open source, qui gèrent des logiciels critiques sans équipes de sécurité dédiées, l'accès à ce type d'outil représente un rééquilibrage structurel : la sécurité de haut niveau cesse d'être un privilège réservé aux grands groupes. Cette initiative s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour de l'IA offensive. Anthropic avait précédemment documenté le premier cas avéré d'une cyberattaque conduite majoritairement par des agents IA, un groupe soutenu par l'État chinois ayant infiltré une trentaine de cibles mondiales avec une autonomie tactique quasi totale. Les services de renseignement américains ont été informés en privé des capacités complètes de Mythos Preview et évaluent actuellement son impact potentiel sur les opérations offensives et défensives. Le projet Glasswing représente ainsi le pari d'Anthropic : diffuser les capacités défensives avant que les capacités offensives ne se propagent à des acteurs moins scrupuleux, dans une course contre la montre que la rapidité même des progrès de l'IA rend particulièrement incertaine.

UELes infrastructures open source européennes sont directement exposées aux vulnérabilités découvertes, notamment la CVE-2026-4747 affectant FreeBSD et un bug vieux de 27 ans dans OpenBSD, utilisés dans de nombreux systèmes critiques en Europe.

SécuritéActu
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2VentureBeat AI 

Mythos a exploité de façon autonome des failles ignorées depuis 27 ans : les équipes de sécurité doivent changer d'approche

Un bug vieux de 27 ans dormait dans la pile TCP d'OpenBSD, l'un des systèmes d'exploitation les plus réputés pour sa sécurité. Des auditeurs humains l'avaient examiné, des outils de fuzzing l'avaient martelé des millions de fois, et pourtant deux paquets réseau suffisaient à faire crasher n'importe quel serveur tournant dessus. C'est Claude Mythos Preview, le nouveau modèle d'Anthropic, qui l'a découvert de manière entièrement autonome, sans aucune guidance humaine après le prompt initial. Le coût total de la campagne de découverte : environ 20 000 dollars. Le coût de l'exécution spécifique qui a trouvé la faille : moins de 50 dollars. Ce n'était pas un cas isolé : Mythos a également identifié une faille de 16 ans dans le codec H.264 de FFmpeg, que les fuzzeurs avaient pourtant exercé 5 millions de fois sans jamais la déclencher, une faille d'exécution de code à distance dans FreeBSD NFS vieille de 17 ans (CVE-2026-4747), permettant un accès root non authentifié depuis internet, et des milliers d'autres zero-days touchant tous les grands systèmes d'exploitation et navigateurs. Sur les tests comparatifs, Mythos dépasse Claude Opus 4.6 de manière spectaculaire : 181 exploits réussis contre 2 sur Firefox 147, un score de 77,8 % contre 53,4 % sur SWE-bench Pro, et 83,1 % contre 66,6 % sur CyberGym. Mythos a saturé le CTF interne Cybench d'Anthropic à 100 %, contraignant l'équipe rouge à basculer vers la découverte de zero-days réels comme seule évaluation pertinente. La portée de ces capacités redéfinit ce que l'industrie de la sécurité considérait comme possible. Des ingénieurs d'Anthropic sans formation formelle en sécurité ont demandé à Mythos de trouver des vulnérabilités d'exécution de code à distance pendant la nuit, et se sont réveillés avec un exploit fonctionnel complet. Ce n'est plus de l'analyse de code assistée : c'est un raisonnement sémantique autonome sur des interactions logicielles complexes que ni les outils statiques (SAST), ni le fuzzing, ni les auditeurs humains n'avaient su intercepter en plusieurs décennies. Les directeurs de sécurité reçoivent la nouvelle sans recevoir le manuel d'urgence. Pour tenter de canaliser cette capacité vers la défense avant qu'elle ne soit massivement utilisée à des fins offensives, Anthropic a constitué le Project Glasswing, une coalition de 12 partenaires incluant CrowdStrike, Cisco, Palo Alto Networks, Microsoft, AWS, Apple et la Linux Foundation. L'initiative est soutenue par 100 millions de dollars en crédits d'utilisation et 4 millions de dollars en subventions open-source, avec plus de 40 organisations supplémentaires accédant au modèle pour auditer leur propre infrastructure. Anthropic s'est engagé à publier un rapport public des découvertes d'ici 90 jours, soit début juillet 2026. Anthony Grieco, SVP et Chief Security Officer de Cisco, résumait l'ambivalence du moment lors de la RSA Conference 2026 : "Je n'ai jamais été aussi optimiste pour ce que nous pouvons accomplir en sécurité. C'est aussi un peu terrifiant, parce que nos adversaires ont cette même capacité."

UELes failles zero-day découvertes de manière autonome dans OpenBSD, FFmpeg et FreeBSD exposent des infrastructures critiques largement déployées en Europe, tandis que l'absence d'acteurs européens dans la coalition Project Glasswing interroge sur la capacité de l'UE à bénéficier des mécanismes de divulgation responsable mis en place par Anthropic.

💬 Un bug de 27 ans dans OpenBSD, trouvé pour moins de 50 dollars, là où des millions de passes de fuzzing avaient rien vu. C'est le genre de chiffre qui te fait relire deux fois. Ce qui change vraiment, c'est pas que le modèle soit "fort en sécu", c'est qu'il raisonne sur les interactions entre composants, là où tous nos outils s'arrêtent à la surface. Project Glasswing, c'est bien, mais 12 partenaires américains et zéro européen dans la coalition, ça dit quelque chose sur où se prennent les décisions qui vont compter.

SécuritéOpinion
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« Un SMS avec une photo du livreur » : cette nouvelle arnaque à l’IA fait un carnage en France
3Presse-citron 

« Un SMS avec une photo du livreur » : cette nouvelle arnaque à l’IA fait un carnage en France

Une vague d'arnaques exploitant l'intelligence artificielle cible actuellement des milliers de consommateurs français. Le principe : les victimes reçoivent un SMS semblant provenir d'un service de livraison, accompagné d'une photo générée par IA représentant un prétendu livreur, pour crédibiliser le message. Le lien joint redirige vers un faux site imitant Chronopost, Colissimo ou DHL, où les données bancaires sont saisies pour régler de prétendus frais de livraison. L'efficacité de cette escroquerie tient précisément à l'usage de l'IA : les visuels réalistes de faux livreurs contournent la méfiance habituelle des internautes face aux messages suspects. Les victimes, convaincues par la cohérence visuelle du message, transmettent leurs coordonnées de carte bleue avant de constater des débits frauduleux parfois de plusieurs centaines d'euros. Les plaintes se multiplient auprès de Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d'assistance aux victimes de cybermalveillance. Cette arnaque s'inscrit dans une tendance plus large de démocratisation des outils d'IA générative à des fins criminelles, qui abaisse drastiquement le coût et le niveau de compétences nécessaires pour monter des campagnes de phishing convaincantes. Face à la montée des signalements, les autorités recommandent de ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS et de vérifier directement auprès du transporteur via son site officiel.

UEDes milliers de consommateurs français sont directement victimes de campagnes de phishing exploitant l'IA générative, avec une multiplication des signalements auprès de Cybermalveillance.gouv.fr.

SécuritéActu
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Le pipeline IA de Mozilla et Claude Mythos Preview révèlent 271 failles inconnues dans Firefox
4The Decoder 

Le pipeline IA de Mozilla et Claude Mythos Preview révèlent 271 failles inconnues dans Firefox

Mozilla a utilisé Claude Mythos Preview, le dernier modèle d'Anthropic, pour passer au crible Firefox 150 et a découvert 271 failles de sécurité jusqu'alors inconnues. Parmi elles, certaines vulnérabilités dormaient dans le code depuis près de vingt ans, sans jamais avoir été détectées par les méthodes d'audit traditionnelles. L'opération s'est appuyée sur un pipeline agentique : l'IA ne se contente pas d'analyser le code statiquement, elle construit et exécute elle-même des cas de test pour éliminer les faux positifs avant de remonter les alertes. L'ampleur de la découverte souligne les limites des approches humaines et outillées classiques face à des bases de code aussi massives que Firefox, qui compte des dizaines de millions de lignes accumulées sur plus de deux décennies. Pour les utilisateurs, ces 271 failles représentaient autant de vecteurs d'attaque potentiels restés ouverts sans que personne le sache. Pour l'industrie du logiciel, le résultat pose une question directe : combien de vulnérabilités similaires sommeillent dans d'autres projets majeurs, faute d'une capacité d'analyse à cette échelle ? Mozilla entend désormais intégrer ce type de vérification automatique dans son cycle de développement continu, chaque nouvelle portion de code devant être analysée avant tout commit. Cette décision marque un tournant dans l'usage de l'IA comme outil de sécurité offensive et préventive, et non plus seulement d'assistance au développeur. Anthropic, qui pousse activement ses modèles vers des usages agentiques, voit là une démonstration concrète de la valeur de Claude Mythos Preview dans des environnements de production critiques.

UEFirefox étant massivement adopté en Europe, les 271 failles corrigées réduisent directement la surface d'attaque pour des millions d'utilisateurs et institutions français et européens.

💬 271 failles qui dormaient là depuis vingt ans sans jamais se faire attraper, c'est une claque. Ce qui change vraiment avec ce pipeline, c'est que l'IA ne se contente pas de scanner le code statiquement, elle écrit et exécute ses propres cas de test pour filtrer les faux positifs avant de remonter les alertes. Si c'est ce qu'on trouve dans Firefox, avec des décennies d'audit derrière lui, j'ose pas imaginer ce qui sommeille ailleurs.

SécuritéActu
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