
Des dirigeants de Google, dont Demis Hassabis, contestent les allégations d'une adoption inégale de l'IA en interne
Un post publié le 13 avril sur X par Steve Yegge, ancien ingénieur Google reconverti en directeur de l'ingénierie chez Sourcegraph, a déclenché une vive polémique dans la Silicon Valley. Yegge y relayait les propos d'un ami, ingénieur actuel chez Google, selon lesquels l'adoption interne de l'IA chez Google serait bien plus banale que ce que l'entreprise laisse entendre. Selon cette source anonyme, les équipes de Google suivraient une distribution classique : 20 % de refractaires à l'IA, 60 % d'utilisateurs intermédiaires cantonnés aux assistants de code basiques, et seulement 20 % d'ingénieurs véritablement engagés dans des workflows agentiques avancés. Le post a rapidement enflammé les réseaux, atteignant 4 500 likes, 458 commentaires et 1,9 million de vues en moins de 24 heures. L'ami en question aurait également affirmé que certains Googlers ne pouvaient pas utiliser Claude Code d'Anthropic, perçu en interne comme "l'ennemi", et que Gemini n'était pas encore à la hauteur pour les cas d'usage les plus avancés.
La réaction du côté de Google a été immédiate et tranchante. Demis Hassabis, cofondateur et PDG de Google DeepMind, a répondu directement à Yegge : "Dis à ton ami de faire un vrai travail plutôt que de propager des absurdités. Ce post est complètement faux, du pur clickbait." Addy Osmani, directeur chez Google Cloud AI, a livré une réfutation plus détaillée, affirmant que "plus de 40 000 ingénieurs utilisent des outils de codage agentiques chaque semaine" et que les équipes ont accès à des modèles personnalisés, des CLIs et des MCPs maison. Il a précisé que les Googlers peuvent même utiliser les modèles d'Anthropic via Vertex AI, concluant que "Google est tout sauf dans la moyenne." L'ingénieure Jaana Dogan a abondé dans ce sens, décrivant un usage quasi continu des outils IA dans son environnement quotidien.
L'écho considérable de ce débat s'explique en grande partie par le profil de Yegge : avec treize ans chez Google, des passages chez Amazon et Grab, il s'est construit au fil des années une réputation d'insider-outsider au franc-parler, dont les analyses circulent largement dans les milieux tech. Un mémo interne qu'il avait rédigé chez Google en 2011 avait fuité et fait le tour des médias spécialisés, lui conférant un statut particulier. La polémique s'inscrit dans un contexte plus large : alors que les grandes entreprises tech rivalisent de communication autour de leur adoption de l'IA, la question de ce qui se passe réellement derrière les portes devient un enjeu de crédibilité. Pour Google, dont Gemini est à la fois un produit stratégique et un outil interne, toute suggestion d'un usage tiède en interne touche directement à la cohérence de son discours public.



