
“Le e-commerce passe du mot-clé au contexte” : Roxane Laigle, CEO de LEMROCK décrypte la bascule vers les IA
Le commerce en ligne traverse une mutation structurelle dans son rapport à la visibilité, selon Roxane Laigle, CEO de LEMROCK, entreprise spécialisée dans la stratégie digitale. Pendant deux décennies, les marques ont bâti leur présence en ligne sur le mot-clé, le référencement naturel et l'optimisation des pages produits, une logique entièrement tournée vers les moteurs de recherche traditionnels. Avec la montée en puissance des interfaces conversationnelles portées par l'intelligence artificielle, cette grammaire est en train de changer.
La bascule est concrète : là où un consommateur tapait autrefois "chaussures running homme taille 42", il pose désormais une question à un assistant IA qui synthétise une réponse sans nécessairement renvoyer vers un site marchand précis. Pour les e-commerçants, cela signifie que la logique du clic et du classement cède la place à celle du contexte : une marque doit désormais être compréhensible et recommandable par une IA, pas seulement indexable par un algorithme. Les fiches produits, les contenus et les données structurées doivent être repensés en conséquence.
Ce changement s'inscrit dans une transformation plus large portée par l'essor de ChatGPT, Perplexity et des assistants intégrés aux navigateurs, qui modifient profondément les flux de trafic vers les sites marchands. Les acteurs du SEO et du marketing e-commerce sont contraints d'anticiper un monde où la visibilité ne se mesure plus en position Google mais en capacité à alimenter les réponses des modèles de langage, un défi stratégique encore largement sous-estimé par les enseignes.
Les e-commerçants français doivent repenser leur stratégie de contenu et de référencement pour être recommandables par les IA conversationnelles, une mutation qui affecte directement la compétitivité des enseignes françaises en ligne.
La transformation est réelle, et les flux de trafic bougent déjà pour ceux qui regardent leurs analytics de près. Ce que beaucoup ratent, c'est que le problème n'est pas "comment plaire à l'IA" mais "est-ce que mes données produits sont assez propres pour qu'un LLM les comprenne sans tout réinventer". Reste à voir combien d'agences vont vendre ça 15 000€/mois en renommant leur vieille offre SEO.


