Aller au contenu principal
Le Nobel de chimie qui dirige l’IA chez Google : « J’aurais préféré guérir le cancer avant de lancer ChatGPT »
SociétéFrandroid16h

Le Nobel de chimie qui dirige l’IA chez Google : « J’aurais préféré guérir le cancer avant de lancer ChatGPT »

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·

Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind et lauréat du prix Nobel de chimie 2024 pour ses travaux sur AlphaFold, a exprimé publiquement un regret profond : selon lui, le lancement de ChatGPT par OpenAI en novembre 2022 a précipité l'ensemble de l'industrie dans une course commerciale qui a détourné l'IA de ses applications les plus prometteuses, notamment la recherche médicale et scientifique. Il aurait préféré que les grandes avancées en intelligence artificielle servent d'abord à guérir le cancer ou à résoudre des problèmes biologiques complexes, avant d'être massivement déployées pour automatiser des tâches bureautiques.

Cet aveu touche un point sensible : la tension entre IA scientifique et IA commerciale est réelle et structurelle. Les laboratoires comme DeepMind avaient construit leur identité autour de la recherche fondamentale, AlphaFold a prédit la structure de plus de 200 millions de protéines, une révolution pour la biologie. Le pivot brutal vers les assistants conversationnels grand public a redirigé les talents, les financements et l'attention médiatique vers des produits générant des revenus immédiats, au détriment de projets à impact potentiellement transformateur mais à retour plus lent.

Hassabis n'est pas le premier à formuler cette critique, mais sa position est singulière : il dirige l'un des laboratoires les plus puissants au monde, intégré à Google, donc lui-même acteur de cette course commerciale. Sa déclaration illustre les contradictions internes d'une industrie tiraillée entre ambitions scientifiques de long terme et pressions concurrentielles immédiates imposées par la montée en puissance d'OpenAI et de Microsoft.

Impact France/UE

Le débat soulevé par Hassabis sur la priorité accordée à l'IA scientifique versus commerciale résonne en Europe, où l'AI Act et les institutions européennes cherchent précisément à orienter les développements de l'IA vers des applications à impact sociétal mesurable.

💬 Le point de vue du dev

Hassabis a raison sur le fond, mais bon, il dirige Google DeepMind, donc il participe à la même course qu'il dénonce. Ce qui me retient dans cette déclaration, c'est moins le regret que l'aveu implicite : l'industrie sait très bien ce qu'elle sacrifie quand elle court après les revenus. AlphaFold, c'était la promesse que l'IA allait servir à quelque chose de vraiment utile, et on a bifurqué vers des chatbots pour rédiger des mails.

À lire aussi

Le tokenmaxxing commence peut-être déjà à reculer
1The Information AI 

Le tokenmaxxing commence peut-être déjà à reculer

Chez Meta, un phénomène insolite a récemment été mis en lumière par The Information : des employés se livrent à une compétition interne baptisée "Claudeonomics", un classement mesurant qui consomme le plus de tokens d'IA dans son travail quotidien. Le record récent appartient à un employé ayant utilisé 328,5 milliards de tokens sur une période de 30 jours, ce qui représente une facture potentielle de près de 2 millions de dollars aux tarifs publics d'Anthropic. Ce comportement, surnommé "tokenmaxxing", consiste à maximiser délibérément sa consommation d'IA pour signaler son implication et sa productivité à l'entreprise. Ce phénomène révèle une fracture croissante entre les géants technologiques ultra-capitalisés et le reste des entreprises. Si Meta peut absorber des dépenses d'IA colossales pour ses ingénieurs, la grande majorité des organisations ne dispose pas de tels budgets. Le tokenmaxxing risque ainsi de devenir un indicateur trompeur de performance, encourageant une consommation artificielle plutôt qu'une utilisation réellement productive des outils d'IA. Ce cas intervient dans un contexte où les entreprises tech cherchent à quantifier l'adoption interne de l'IA et à mesurer le retour sur investissement de leurs abonnements aux modèles comme Claude d'Anthropic ou GPT d'OpenAI. La course aux classements internes illustre une tension plus profonde : comment distinguer l'usage pertinent de l'IA d'une simple démonstration ostentatoire ? À mesure que les coûts des modèles diminuent, cette dynamique pourrait évoluer, mais pour l'instant, le tokenmaxxing reste un luxe réservé aux plus grands acteurs de la Silicon Valley.

SociétéOpinion
1 source
L’IA augmente la productivité des ingénieurs, mais ne les remplacera pas encore, selon le PDG de Salesforce
2Siècle Digital 

L’IA augmente la productivité des ingénieurs, mais ne les remplacera pas encore, selon le PDG de Salesforce

Marc Benioff, PDG de Salesforce, a pris position dans le débat sur l'avenir des développeurs logiciels à l'ère de l'IA générative. Sa réponse à ceux qui prédisent la disparition prochaine du métier d'ingénieur est directe : il suffit d'ouvrir les pages carrières de Meta, Google, Anthropic et OpenAI pour constater que ces entreprises, dont les modèles sont censés automatiser le code, continuent de recruter massivement des ingénieurs logiciels. Pour Benioff, ce signal de marché est plus éloquent que n'importe quel discours alarmiste. Son argument central est que l'IA augmente la productivité des ingénieurs sans les rendre obsolètes. Les outils de génération de code accélèrent certaines tâches répétitives, mais la conception architecturale, la résolution de problèmes complexes et la supervision des systèmes restent l'apanage des humains. Cette position tranche avec les déclarations de certains dirigeants tech qui évoquent des réductions d'effectifs liées à l'automatisation, comme Shopify ou Duolingo l'ont laissé entendre récemment. Le débat s'inscrit dans un contexte de tension croissante entre les promesses des grands modèles de langage et les réalités du marché du travail. D'un côté, des outils comme GitHub Copilot ou Cursor transforment concrètement le quotidien des développeurs. De l'autre, la demande de profils techniques qualifiés reste soutenue, notamment pour entraîner, affiner et maintenir ces mêmes modèles. La thèse de Benioff est que l'IA redéfinit le métier d'ingénieur plutôt qu'elle ne l'élimine, du moins pour les années à venir.

UELe débat sur l'avenir des ingénieurs logiciels face à l'IA concerne indirectement le marché européen, où la demande de profils techniques qualifiés reste soutenue malgré l'essor des outils de génération de code.

SociétéOpinion
1 source
Près d’1 jeune Français sur 3 a déjà acheté avec ChatGPT selon une étude
3Siècle Digital 

Près d’1 jeune Français sur 3 a déjà acheté avec ChatGPT selon une étude

Près d'un jeune Français sur trois, âgé de 15 à 25 ans, a déjà effectué un achat en passant par ChatGPT, selon une étude OpinionWay réalisée pour Orisha Commerce auprès de 1 604 jeunes en France et en Espagne. 59 % des sondés déclarent découvrir en priorité de nouveaux produits via les contenus des réseaux sociaux, devançant largement la recherche Google traditionnelle. L'intelligence artificielle générative s'impose ainsi comme un nouveau point d'entrée dans le parcours d'achat de cette génération. Ce basculement représente un défi majeur pour les marques et les e-commerçants. Si Google a structuré pendant vingt ans les stratégies SEO et d'acquisition, les plateformes doivent désormais penser leur présence dans les réponses des assistants IA, qui synthétisent l'information sans renvoyer systématiquement vers les sites sources. Pour les retailers, c'est toute la chaîne de visibilité et de conversion qui doit être repensée, depuis le référencement des catalogues produits jusqu'à la façon dont les fiches sont structurées pour être comprises et citées par les LLM. Ce phénomène s'inscrit dans une tendance plus large de désintermédiation des moteurs de recherche classiques, accélérée par la montée en puissance de ChatGPT, Perplexity et des assistants intégrés aux smartphones. Les 15-25 ans, premiers utilisateurs natifs de ces outils, dictent souvent les usages qui se diffusent ensuite aux tranches d'âge supérieures. Orisha Commerce, éditeur de solutions pour le commerce unifié, publie cette étude dans un contexte où les acteurs du retail cherchent à anticiper la prochaine rupture dans les comportements d'achat en ligne.

UEL'étude porte directement sur les 15-25 ans en France et en Espagne et révèle qu'un tiers d'entre eux achètent déjà via ChatGPT, obligeant les e-commerçants français à repenser leur stratégie de visibilité au profit des assistants IA plutôt que du SEO Google traditionnel.

💬 Un tiers des 15-25 ans qui passent par ChatGPT pour acheter, c'est pas anodin. Le SEO tel qu'on l'a connu pendant vingt ans est en train de se faire doubler par un truc que la plupart des e-commerçants n'ont pas encore commencé à adresser. Reste à voir comment on optimise une fiche produit pour qu'un LLM la cite plutôt qu'une autre.

SociétéOutil
1 source
L’intelligence artificielle transforme l’expérience collaborateur malgré un déficit d’écoute des directions
4Le Big Data 

L’intelligence artificielle transforme l’expérience collaborateur malgré un déficit d’écoute des directions

Le rapport 2026 de Qualtrics sur l'expérience collaborateur, conduit auprès de plus de 33 000 salariés dans 24 pays, révèle que 80 % des employés utilisent des outils d'intelligence artificielle non fournis par leur employeur. Ce phénomène, désigné sous le terme de "Shadow AI", se manifeste indépendamment des politiques internes et des dispositifs officiels déployés par les directions informatiques. L'étude montre également que l'introduction d'outils d'IA dans le cadre professionnel s'accompagne d'une hausse de 10 points de l'engagement des salariés, atteignant 78 % chez ceux exposés à ces technologies. 65 % d'entre eux rapportent une exécution plus rapide de leurs tâches, 58 % constatent une amélioration de la qualité de leur travail, et 37 % affirment pouvoir accomplir des missions qui leur étaient auparavant inaccessibles. Ce recours massif à des solutions externes traduit un décalage profond entre les stratégies des directions et les besoins concrets du terrain. Les salariés, soumis à une pression croissante de productivité, choisissent les outils les plus accessibles sans attendre le déploiement de solutions validées en interne, sous-estimant souvent les risques associés comme la fuite de données sensibles ou l'absence de traçabilité. Liza Le Derff, Senior Consultant chez Qualtrics, interprète ce comportement non comme une rébellion mais comme un signal d'alarme : les outils internes sont jugés trop limités ou insuffisamment communiqués. Par ailleurs, 42 % des salariés réclament une meilleure écoute de leur hiérarchie, alors que seulement 25 % des entreprises ont renforcé leurs dispositifs d'écoute au cours de l'année 2025. Ce déficit empêche les directions RH et IT de capter les besoins réels, ce qui pousse les collaborateurs à contourner les politiques officielles. Malgré tout, 21 % des salariés expriment encore des craintes vis-à-vis de l'IA, illustrant que l'adhésion reste partielle et conditionnée à l'accompagnement proposé. Ce rapport s'inscrit dans un contexte où l'IA générative s'est imposée en quelques années comme outil du quotidien dans de nombreuses professions, bien avant que les organisations n'aient pu structurer une réponse cohérente. Les grandes entreprises technologiques comme Microsoft, Google ou Salesforce ont accéléré l'intégration de fonctionnalités d'IA dans leurs suites collaboratives, rendant l'adoption quasi inévitable. Les directions RH se retrouvent désormais face à un défi double : encadrer un usage déjà répandu pour limiter les risques de sécurité et de conformité, tout en proposant des outils internes suffisamment performants pour que les salariés n'aient plus à chercher ailleurs. L'enjeu pour les prochains mois sera de transformer cette écoute en actions concrètes, en impliquant les collaborateurs dans la sélection et le déploiement des solutions, plutôt que de les exposer à des décisions descendantes déconnectées de leurs réalités opérationnelles.

UELe Shadow AI documenté dans ce rapport représente un risque de conformité RGPD concret pour les entreprises européennes, dont les salariés utilisent des outils non validés susceptibles de transmettre des données sensibles vers des serveurs hors UE.

SociétéActu
1 source