Suno et les grands labels musicaux s'affrontent sur le partage de musique par IA
Suno, la plateforme de création musicale par intelligence artificielle, se heurte a des négociations tendues avec Universal Music Group et Sony Music Entertainment pour obtenir des accords de licence. Selon le Financial Times, les discussions achoppent sur une question centrale : les utilisateurs doivent-ils pouvoir partager librement les chansons générées par l'IA en dehors de l'application ? Universal exige que les titres créés via Suno restent confines a l'intérieur de la plateforme, tandis que Suno défend le droit de ses utilisateurs a diffuser et distribuer leurs créations sur l'ensemble d'internet.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de The Verge AI. Lire l'article original →
Cet affrontement illustre la fracture profonde entre l'industrie musicale traditionnelle et les nouveaux acteurs de l'IA générative. Pour les majors, laisser circuler librement des titres générés a partir de leur catalogue protégé revient a perdre le contrôle de leur catalogue et potentiellement a inonder les plateformes de streaming de contenus concurrents. Pour Suno, restreindre le partage viderait son produit d'une grande partie de sa valeur : l'attrait de créer et de diffuser une chanson en quelques secondes.
Suno fait déjà face a un contentieux juridique majeur : la plateforme est poursuivie en justice par un collectif de grandes maisons de disques, dont Universal et Sony, pour violation massive du droit d'auteur lors de l'entrainement de son modèle. Ces négociations sur les licences s'inscrivent donc dans un contexte de guerre ouverte entre l'IA musicale et l'industrie du disque, une bataille qui fixera les règles du secteur pour les années a venir. D'autres acteurs comme Udio font face a des procédures similaires, tandis que des plateformes comme Spotify observent l'issue de ces conflits avant de décider de leur propre positionnement vis-a-vis de l'IA générative.
L'issue de ces négociations pourrait faire jurisprudence en Europe, ou la directive sur le droit d'auteur de 2019 encadre déjà strictement l'entrainement des IA sur des oeuvres protégées et la distribution des contenus générés.