
OpenAI prêt à tuer l’iPhone ? Son mystérieux smartphone 100 % IA intrigue déjà
OpenAI travaille sur un smartphone radicalement différent de tout ce qui existe actuellement. Selon l'analyste Ming-Chi Kuo, dont la fiabilité sur les feuilles de route technologiques est reconnue, la firme développe un appareil qui abandonnerait complètement le modèle des applications classiques. La production de masse est visée pour 2028, avec un possible premier aperçu dès cette année. Pour construire cet appareil, OpenAI s'appuierait sur une alliance industrielle structurée : Qualcomm et MediaTek pour les puces, Luxshare pour la fabrication à grande échelle. L'architecture serait hybride, combinant traitement local et cloud, permettant à l'IA d'analyser en permanence le contexte de l'utilisateur, position, habitudes, préférences, pour anticiper ses besoins avant même qu'il formule une demande. À la place des grilles d'icônes, un agent intelligent prendrait en charge les tâches : réservations, messages, organisation de journée, tout cela de façon quasi invisible pour l'utilisateur.
L'enjeu dépasse largement le lancement d'un produit. Contrôler à la fois le matériel et le logiciel permettrait à OpenAI d'offrir une expérience cohérente et profonde que ne peut pas égaler une simple application tournant sur l'iPhone ou Android. C'est précisément le type d'intégration verticale qu'Apple a maîtrisé pendant vingt ans. Pour renforcer sa crédibilité sur ce terrain, OpenAI s'est associé à Jony Ive, l'ancien directeur du design d'Apple qui a conçu l'iPhone aux côtés de Steve Jobs, un signal fort adressé aux consommateurs habitués à des standards élevés. Si le projet aboutit, ce n'est pas seulement un téléphone qui change, c'est le paradigme dominant du smartphone depuis 2007 qui est remis en question : celui où l'utilisateur ouvre des applications, plutôt que celui où un agent agit pour lui.
OpenAI entre cependant sur un marché dominé par deux géants aux ressources considérables. Apple peut s'appuyer sur plus d'un milliard d'iPhone actifs et un écosystème particulièrement verrouillé. Google, de son côté, intègre activement ses propres agents IA dans Android et avance vite. La concurrence des modèles eux-mêmes s'intensifie aussi : Anthropic avec Claude et Google avec Gemini accélèrent leurs déploiements. Ce projet s'inscrit dans une logique plus large de course au contrôle de l'interface numérique, celui qui possède le point d'entrée quotidien de l'utilisateur contrôle l'écosystème entier. Le calendrier flou et les défis industriels laissent planer une incertitude réelle sur l'exécution, mais la direction est claire : OpenAI ne veut plus seulement fournir le cerveau des appareils des autres.




