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Une peau électronique étirable permet à une main robotique de ressentir le toucher et la pression
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Une peau électronique étirable permet à une main robotique de ressentir le toucher et la pression

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Des chercheurs de l'Université de Turku (Finlande) ont développé une peau électronique étirable, transparente et conductrice, intégrée à une main robotique pour lui conférer une sensibilité au toucher. L'équipe, dirigée par le professeur assistant Vipul Sharma en génie des matériaux, s'est inspirée de l'architecture de structures biologiques comme les feuilles d'arbres pour concevoir un substrat à la fois flexible, respirant et conducteur, combinaison rare dans les matériaux électroniques conventionnels. Des capteurs de pression embarqués dans cette peau répondent au contact et génèrent un retour haptique sur la main instrumentée. La même université développe en parallèle, via Anastasia Koivikko en génie de l'automatisation, des robots à structure souple pour la santé et l'industrie, actionnables par air comprimé, électricité ou fluide, capables d'opérer en espace confiné ou en environnement dangereux, centrales nucléaires et opérations de sauvetage souterraines comprises. Aucune métrique de résolution sensorielle ni calendrier de commercialisation n'est avancé : il s'agit à ce stade d'une preuve de concept en laboratoire.

La combinaison de flexibilité mécanique et de perception tactile constitue un verrou pour des marchés à fort impact : prothèses capables de distinguer pression, température et humidité, robots chirurgicaux interagissant en sécurité avec des tissus humains, bras industriels manipulant des objets fragiles en boucle sensorielle fermée. Pour les intégrateurs, la capacité à conformer la peau sur des surfaces courbes comme les doigts ou les membres artificiels sans perte de performance représente un avantage concret sur les capteurs rigides qui équipent la majorité des effecteurs actuels. L'utilisation de biomasse finlandaise issue du bois local comme substrat biosourcé vise à réduire la dépendance aux approvisionnements asiatiques en matériaux d'électronique, enjeu de souveraineté industrielle croissant pour les équipementiers européens sous pression réglementaire.

Sur le plan compétitif, la recherche en e-skin mobilise des groupes de référence comme celui de Zhenan Bao à Stanford et plusieurs équipes européennes à l'EPFL et au KIT de Karlsruhe. Des acteurs commerciaux tels que Pressure Profile Systems ou Tekscan proposent déjà des capteurs tactiles flexibles pour la robotique industrielle, mais les substrats biosourcés transparents restent peu exploités commercialement. L'équipe de Turku, positionnée dans l'espace UE, n'annonce ni partenaire industriel ni prototype pré-série. Les suites logiques incluent des tests d'endurance mécanique sous cycles de flexion répétés, la caractérisation précise de la résolution spatiale des capteurs, et un rapprochement potentiel avec des fabricants de prothèses ou des acteurs de la robotique médicale.

Impact France/UE

L'Université de Turku (Finlande, UE) développe un substrat biosourcé issu de biomasse finlandaise locale, réduisant la dépendance européenne aux approvisionnements asiatiques en matériaux électroniques et ouvrant des perspectives pour les fabricants de prothèses et robots médicaux européens.

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QDTraj : exploration de primitives de trajectoires variées pour la manipulation robotique d'objets articulés
1arXiv cs.RO 

QDTraj : exploration de primitives de trajectoires variées pour la manipulation robotique d'objets articulés

Des chercheurs de l'ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique, Sorbonne Université/CNRS) publient sur arXiv en avril 2026 une méthode baptisée QDTraj, destinée à générer automatiquement des primitives de trajectoires diversifiées pour la manipulation d'objets articulés par des robots domestiques. L'approche repose sur des algorithmes Quality-Diversity (QD) couplés à une exploration par récompense sparse. Évaluée sur 30 articulations du dataset PartNetMobility, QDTraj produit en moyenne 704 trajectoires distinctes par tâche, contre un ratio au moins 5 fois inférieur pour les méthodes concurrentes testées sur des tâches d'activation de charnières (hinge) et de glissières (slider). La méthode a été validée d'abord en simulation, puis déployée en conditions réelles sur robot physique. Le code est rendu public sur le site de l'ISIR. La diversité des trajectoires n'est pas un détail académique : en environnement réel, un robot qui ne dispose que d'une seule séquence motrice pour ouvrir un tiroir échoue dès que cette trajectoire est bloquée par un obstacle ou une contrainte dynamique imprévue. QDTraj adresse directement ce verrou en dotant le robot d'un répertoire de solutions alternatives sélectionnables au runtime selon les contraintes du moment. La validation sim-to-real apporte un crédit concret à l'approche, au-delà de la démonstration en simulation. L'utilisation des algorithmes QD, issus de la robotique évolutionnaire (famille MAP-Elites), est un signe de maturité méthodologique : ces approches explorent des espaces de solutions larges sans converger prématurément vers un optimum local, contrairement aux méthodes par gradient classiques. L'ISIR est l'un des laboratoires de référence en robotique française, avec une longue tradition en planification de mouvement et manipulation dextre. Ce travail s'inscrit dans un contexte où les approches dominantes, imitation learning ou reinforcement learning standard, produisent généralement des politiques à trajectoire unique, fragiles hors distribution. Les modèles VLA (Vision-Language-Action), très suivis en 2025-2026 chez Physical Intelligence (pi0), Google DeepMind ou Boston Dynamics, abordent le problème différemment en conditionnant les actions sur le langage, sans garantir la diversité bas niveau que QDTraj cible explicitement. La méthode se positionne donc comme une couche de planification complémentaire, en amont des politiques haut niveau. Les extensions naturelles concerneraient les objets déformables et l'intégration dans des architectures de contrôle hiérarchique pour robots manipulateurs polyvalents.

UEL'ISIR (Sorbonne/CNRS) publie en open source une méthode de planification de trajectoires qui comble un verrou concret de la manipulation robotique, avec un bénéfice direct pour les équipes de R&D françaises et européennes travaillant sur les robots manipulateurs.

💬 Un robot qui n'a qu'une seule trajectoire pour ouvrir un tiroir, c'est un robot qui échoue dès qu'un obstacle se met en travers. QDTraj répond à ça en générant 700+ alternatives exploitables au runtime, avec des algorithmes QD qui explorent des espaces de solutions larges sans converger trop vite vers un optimum unique (contrairement au RL classique). Reste à voir comment ça s'articule avec des VLA au-dessus, mais comme brique de planification bas niveau, c'est du concret qui sort de l'ISIR.

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Plus de 500 000 robots installés l'an dernier, mais la couche partenaires reste difficile à cartographier
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Plus de 500 000 robots installés l'an dernier, mais la couche partenaires reste difficile à cartographier

Plus de 500 000 robots industriels sont installés chaque année dans le monde, mais l'écosystème qui les déploie concrètement reste largement invisible. Pour combler ce vide, le cabinet STIELER Technology & Market Advisors et RSI Market Intelligence ont publié une étude basée sur une base de données structurée de 4 296 profils d'entreprises répartis dans 64 pays, construite à partir des annuaires partenaires des OEM, des sites web, des registres d'associations industrielles et du dépouillement des exposants dans les grands salons professionnels. Sur les 3 400 entreprises pour lesquelles des données d'effectif sont disponibles, 54 % emploient moins de 50 personnes et seulement 5 % dépassent 1 000 salariés. Ces 5 % concentrent toutefois 84 % de l'emploi total du dataset, une structure en longue traîne classique. Par région, l'Europe représente 47 % des profils, l'APAC 29 % et les Amériques 23 %. Les cinq premiers pays sont les États-Unis (536 entreprises répertoriées), la Chine (441), l'Allemagne (339), le Japon (270) et la France (248), soit 43 % du total mondial. La Chine mérite une mention particulière : le vrai paysage des intégrateurs y compte plusieurs milliers d'acteurs, mais une grande partie manque de visibilité web ; les 441 profils chinois sont issus de 14 années de travail terrain, et les auteurs reconnaissent explicitement que leur base sous-représente ce marché. L'enseignement structurel le plus important de cette étude est la réfutation d'une idée reçue : la promesse que les cobots rendraient les intégrateurs système obsolètes s'est révélée fausse. Même les robots "simples" exigent une expertise applicative, une intégration des périphériques, des évaluations de risques et un savoir-faire spécifique au process. L'intégrateur n'est pas une couche de service secondaire mais l'activateur réel du déploiement ; sans lui, même la technologie la plus avancée stagne en showroom. Pour les décideurs industriels et les OEM, cela signifie que la cartographie de ce canal de distribution est une condition préalable à toute stratégie de mise sur le marché à l'échelle. Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de structuration de la donnée marché en robotique industrielle, un secteur historiquement fragmenté et opaque sur ses chaînes de valeur. La présence de 248 entreprises françaises dans le top 5 mondial positionne la France comme un acteur de premier plan, aux côtés de l'Allemagne, dans l'écosystème européen qui domine avec 47 % des profils globaux. Les auteurs soulignent que la couverture reste inégale selon les pays et la visibilité web des entreprises, ce qui limite la portée statistique des chiffres absolus. Les prochaines étapes annoncées incluent l'approfondissement des données de spécialisation sectorielle et technologique pour permettre un ciblage plus fin par les fabricants de robots cherchant à structurer ou étendre leur réseau de partenaires.

UELa France se classe 5e mondial avec 248 intégrateurs répertoriés et l'Europe concentre 47% des profils globaux, confirmant le leadership européen dans la couche partenaires du déploiement robotique industriel.

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Un tribunal allemand statue en faveur de Teradyne Robotics et émet une injonction contre Elite Robots
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Un tribunal allemand statue en faveur de Teradyne Robotics et émet une injonction contre Elite Robots

Le tribunal régional de Hambourg a émis une injonction préliminaire contre Elite Robots Deutschland GmbH le 22 avril 2026, au moment même où s'ouvrait la Hannover Messe, la plus grande foire industrielle mondiale. L'action est portée par Teradyne Robotics A/S, filiale de Teradyne Inc. et maison mère de Universal Robots A/S, leader du marché des cobots. Teradyne reproche à la filiale allemande du fabricant chinois Elite Robots une contrefaçon de logiciels propriétaires : selon David Brandt, CTO de Universal Robots basé à Odense (Danemark), l'examen du code embarqué dans les cobots Elite a révélé une proximité très forte avec les logiciels UR. L'injonction interdit immédiatement à Elite Robots Germany de proposer ou distribuer le logiciel incriminé et tout produit l'intégrant en Allemagne. Le tribunal a également ordonné à la société de communiquer la liste complète de ses clients approvisionnés. Teradyne aurait par ailleurs demandé à Elite de fermer son stand à Hannover Messe. Fondée en 2016 à Shanghai, Elite Robots revendique plus de 10 000 déploiements dans 35 pays et un portefeuille de plus de 200 brevets, chiffres qui n'ont pas été vérifiés par le tribunal à ce stade. Un problème de sécurité s'ajoute au litige : Brandt a signalé aux autorités de sécurité danoise, allemande et américaine qu'un paramètre dans le logiciel Elite permettrait de désactiver les fonctions de sécurité des robots. Cette décision intervient dans un contexte de pression croissante sur les marges des fabricants de cobots occidentaux, confrontés à une vague de variantes chinoises low-cost. Que la contrefaçon alléguée soit confirmée en procédure au fond ou non, l'injonction préliminaire signale que les tribunaux européens sont prêts à agir rapidement sur des dossiers d'IP robotique. Pour les intégrateurs et distributeurs, le risque légal est immédiat : Teradyne a explicitement averti qu'il poursuivra les partenaires d'Elite qui continueraient à commercialiser le logiciel en cause. La question de la sécurité est potentiellement plus grave encore, car un cobot homologué avec des fonctions de sécurité désactivables expose les opérateurs à des risques non couverts par les certifications CE. Universal Robots a construit sa domination du marché des cobots depuis 2005, avec une base installée de plusieurs centaines de milliers d'unités. Elite Robots, acteur bien plus récent, s'est développé en Europe et aux États-Unis en proposant des bras collaboratifs à des prix sensiblement inférieurs, ce qui lui a valu une expansion rapide mais aussi une surveillance accrue de la part des leaders du secteur. Parmi les autres concurrents directs figurent Doosan, Fanuc et Techman Robot en haut de gamme, et une multitude de fabricants chinois dans le segment économique. Aucune date d'audience au fond n'a encore été fixée, et Elite Robots n'a pas répondu aux demandes de commentaires. Si la procédure se poursuit, elle pourrait établir un précédent structurant pour l'ensemble du marché des cobots en Europe.

UEL'injonction du tribunal de Hambourg expose immédiatement les intégrateurs et distributeurs européens d'Elite Robots à un risque juridique direct, et le signalement d'un défaut permettant de désactiver les fonctions de sécurité aux autorités allemandes et danoises pourrait déclencher une suspension des certifications CE des cobots Elite sur le marché européen.

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Accenture, Vodafone et SAP testent des robots humanoïdes en entrepôt
4Robotics Business Review 

Accenture, Vodafone et SAP testent des robots humanoïdes en entrepôt

Accenture, Vodafone Procure & Connect et SAP ont mené un pilote de robotique humanoïde dans l'entrepôt de Vodafone à Duisburg, en Allemagne, dont les résultats ont été présentés à Hannover Messe 2026. Durant ce programme, les robots recevaient leurs missions d'inspection directement via le système SAP Extended Warehouse Management (EWM) et effectuaient de manière autonome des rondes visuelles dans l'installation : détection de produits mal placés ou endommagés, évaluation de l'empilement des palettes et de la répartition des charges, repérage d'espaces de stockage sous-utilisés, identification de risques comme des obstacles dans les allées ou des palettes mal alignées. Les conclusions étaient remontées en temps réel dans le système SAP. Les robots sont équipés de la solution "Robot Brain" d'Accenture, entraînés dans des jumeaux numériques construits via l'Accenture Physical AI Orchestrator, lui-même basé sur NVIDIA Omniverse, le blueprint NVIDIA Mega et les outils NVIDIA Metropolis pour la vision IA. Ils interagissent avec les opérateurs par la voix, les gestes et le texte. Un point à noter : aucun modèle de robot humanoïde n'est communiqué dans les annonces officielles, et aucune métrique de performance -- charge utile, degrés de liberté, temps de cycle -- n'a été publiée. L'intérêt de ce pilote réside moins dans la prouesse robotique que dans la démonstration d'une intégration native avec un WMS standard du marché. SAP EWM équipe une grande partie des opérations logistiques mondiales : si cette interface tient à l'échelle, elle réduit considérablement la friction d'adoption pour les grands acteurs industriels, qui n'auront pas à refondre leur SI existant. Pour les COO logistiques, les arguments avancés -- réduction des accidents de travail, des heures supplémentaires et de la dépendance à l'intérim -- sont bien plus concrets que la promesse de l'"IA physique". Vodafone Procure & Connect va plus loin en évoquant explicitement un futur "business de solutions de main-d'oeuvre humanoïde", ce qui signale une ambition de monétiser l'expérience acquise au-delà de l'usage interne -- un signal que les intégrateurs et les investisseurs du secteur logistique devraient noter. Ce pilote s'inscrit dans la stratégie d'Accenture de se positionner comme intégrateur de référence pour la robotique humanoïde en entreprise, en capitalisant sur son partenariat technologique avec NVIDIA. Dans un marché où Boston Dynamics déploie Stretch chez DHL et GXO, Figure AI a signé avec BMW, et Apptronik travaille avec Mercedes-Benz, Accenture joue la carte de la couche d'intégration SI plutôt que du hardware -- aucun fabricant de robot n'est nommé dans les communications, ce qui suggère soit une architecture hardware-agnostique, soit des partenariats encore confidentiels. Pour SAP, c'est une démonstration de la pertinence de l'EWM dans un monde de robots physiques autonomes. Les prochaines étapes restent vagues : une extension à la chaîne d'approvisionnement globale de Vodafone est évoquée, mais sans dates ni volumes cibles. Ce projet demeure, pour l'heure, un pilote présenté en salon -- pas encore un déploiement industriel confirmé.

UELe pilote en entrepôt Vodafone à Duisburg démontre une intégration native des robots humanoïdes avec SAP EWM, ERP dominant de la logistique européenne, ce qui pourrait réduire significativement la friction d'adoption pour les opérateurs industriels européens sans refonte de leur SI existant.

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