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MODEX 2026 : retour sur le salon
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MODEX 2026 : retour sur le salon

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MODEX 2026 s'est tenu à Atlanta avec plus de 1 000 exposants et environ 50 000 participants, confirmant sa place de principal salon supply chain en Amérique du Nord. Les éditeurs Eugene Demaitre (The Robot Report / Automated Warehouse) et Sarah Wynn (Packaging OEM) y ont recensé plusieurs dynamiques : montée en puissance des ASRS (systèmes automatisés de stockage et récupération) avec AutoStore et Attabotics dans une concurrence accrue, démonstrateurs de déchargement de camions signés Boston Dynamics, Pickle Robot et Slip Robotics, et manipulateurs mobiles Omron sur le segment intralogistique. FANUC présentait ses "rainbow pallets" développés avec Angelini Technologies, aux côtés de capteurs SICK et des solutions picking de Brightpick, Locus Robotics et Ocado. En marge du salon, deux annonces ont concentré l'attention. Skild AI a acquis la division robotique de Zebra Technologies, héritière de Fetch Robotics : selon Deepak Pathak, co-fondateur et CEO, "la Fetch Team est la principale raison de l'acquisition", pour ses années d'expérience de déploiement terrain. Skild prévoit de combiner son IA hardware-agnostic avec la plateforme d'orchestration Symmetry de Zebra, maintenir le support de la base installée Fetch, et développer de nouveaux produits entrepôt. Boston Dynamics a également annoncé l'intégration de Gemini Robotics ER 1.6 de Google DeepMind dans sa plateforme Orbit AIVI-Learning, promettant à Spot une capacité de raisonnement visuo-spatial, de planification de tâches et de détection de succès.

L'acquisition Fetch-Skild est la pièce la plus structurante : elle permet à Skild de court-circuiter des années de déploiement terrain en récupérant directement l'équipe et la base client. Pour les intégrateurs, cela signifie un interlocuteur unifié sur l'IA embarquée, l'orchestration fleet-level et le support opérationnel, ce qui simplifie l'intégration mais réduit mécaniquement la concurrence entre briques logicielles. L'annonce Boston Dynamics-Google reste, elle, au stade partenarial : aucune métrique de performance industrielle n'a été publiée sur des cycles réels, et les capacités annoncées pour Gemini Robotics ER 1.6 (raisonnement spatial, task planning, success detection) sont pour l'instant documentées en conditions contrôlées.

Fetch Robotics avait été racheté par Zebra Technologies en 2021 pour environ 290 millions de dollars ; cette cession à Skild marque une sortie discrète de Zebra du marché robotique autonome, trois ans après une intégration qui n'a pas tenu ses promesses de synergies. Skild AI, fondé par les anciens chercheurs de CMU Deepak Pathak et Abhinav Gupta, avait levé 300 millions de dollars en 2024 pour déployer son modèle de fondation multi-embodiment à travers différentes plateformes matérielles. Le partenariat Boston Dynamics-Google DeepMind s'inscrit dans la stratégie Gemini Robotics annoncée début 2025, qui consiste à diffuser les modèles VLA (Vision-Language-Action) dans des robots commerciaux via des OEM partenaires. Locus Robotics, concurrent direct sur le segment AMR picking, traverse des difficultés financières depuis 2023, ce qui redistribue les cartes sur ce segment précisément.

Impact France/UE

Les opérateurs européens équipés de robots Fetch devront désormais s'adresser à Skild AI pour le support et les évolutions de leur parc installé, suite à l'acquisition de la division robotique de Zebra Technologies.

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Retour sur 10 ans de robots à pattes avec Ghost Robotics au Robotics Summit
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Retour sur 10 ans de robots à pattes avec Ghost Robotics au Robotics Summit

Ghost Robotics, fondée en 2015 à Philadelphie, a franchi le cap des 1 000 robots livrés depuis sa création. Le CEO et co-fondateur Gavin Kenneally sera présent au Robotics Summit & Expo, les 27 et 28 mai 2026 à Boston, pour une conférence intitulée "From Prototype to Perimeter : 10 Years of Legged Robotics in Action". Il y présentera des retours d'expérience terrain sur ses déploiements de quadrupèdes, les évolutions logicielles récentes, et les perspectives à cinq ans pour la robotique à pattes dans les secteurs public et privé. Titulaire d'un doctorat en génie mécanique de l'Université de Pennsylvanie, co-concepteur mécanique du Vision 60 Q-UGV, Kenneally cumule six publications académiques et treize brevets. Fin 2025, la société a commercialisé un bras manipulateur monté en partie haute du Vision 60, un système décrit comme léger et précis, conçu pour étendre les capacités de manipulation de la plateforme sans dégrader sa mobilité. Ce seuil des 1 000 unités livrées distingue Ghost Robotics d'une grande partie de ses concurrents dans le segment des quadrupèdes opérationnels, où les annonces marketing précèdent souvent de loin les déploiements réels. Le Vision 60 est utilisé par le Département de la Défense américain (DoD) pour des missions de surveillance périmétrique et d'inspection en environnements contraints. L'ajout du bras manipulateur répond à une critique structurelle des plateformes à pattes : jusqu'ici cantonnées à la mobilité et à la perception, elles manquaient de capacité d'interaction physique avec leur environnement. Pour un intégrateur ou un COO industriel, c'est le signal d'un glissement vers des robots polyvalents capables à la fois de naviguer et d'agir, ce qui élargit significativement les cas d'usage au-delà de la surveillance pure. Il convient toutefois de noter que la société n'a pas publié de métriques détaillées sur les performances du bras en conditions opérationnelles. Ghost Robotics évolue dans un marché de plus en plus dense. Boston Dynamics, dont le Spot est disponible commercialement depuis 2020, reste la référence la plus visible, tandis qu'ANYbotics (ANYmal C, déployé dans le secteur énergétique offshore) et Unitree (B2, positionné sur les prix bas) exercent une pression croissante. Ghost Robotics se différencie par son ancrage défense-sécurité et une stack logicielle et électronique entièrement propriétaire, une exigence de souveraineté technologique souvent requise par le DoD. La conférence de Boston en mai 2026 sera l'occasion pour la société de consolider son image de fournisseur éprouvé, alors qu'une nouvelle génération de compétiteurs mise sur des architectures VLA (Vision-Language-Action) et le transfert sim-to-real pour rattraper leur retard terrain. Les suites annoncées portent sur l'élargissement des capacités du bras manipulateur et l'extension des déploiements vers les secteurs industriels privés.

💬 1 000 robots livrés, c'est le genre de chiffre qui change une conversation. Pendant que la plupart des acteurs du secteur accumulent les démos et les levées de fonds, Ghost a mis des machines en service auprès du DoD, ce qui vaut tous les benchmarks du monde. L'ajout du bras manipulateur est la bonne décision au bon moment, reste à voir si ça tient quand le terrain devient franchement hostile.

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Échouer vite, petit et sans risque : un modèle pratique pour l'automatisation robotique
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Échouer vite, petit et sans risque : un modèle pratique pour l'automatisation robotique

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Drones & Robotics AI Summit 2026 : entrer dans l'ère quantique de l'autonomie
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Le Drones & Robotics AI Summit 2026, organisé dans les bureaux new-yorkais du cabinet Pillsbury, a mis en scène deux tendances lourdes du secteur : la maturité commerciale des robots terrestres autonomes et la montée en puissance des drones à hydrogène pour missions longue portée. Ghost Robotics y a ouvert les débats avec une démonstration du Vision 60, son robot quadrupède déployé à plusieurs centaines d'exemplaires auprès de l'armée américaine selon le CEO Gavin Kenneally. En parallèle, Heven AeroTech, startup israélienne fondée en 2018, a confirmé son passage au statut de licorne grâce notamment à son drone Z1 à propulsion hydrogène, conçu pour des missions de défense à longue portée avec charges utiles lourdes. Le contexte financier donne la mesure de l'accélération : les investissements en capital-risque et private equity dans la robotique physique ont dépassé 30 milliards de dollars sur les douze derniers mois, soit plus du double de l'année précédente. L'intérêt de ces annonces pour les décideurs industriels et les intégrateurs tient à deux signaux concrets. D'abord, Ghost Robotics confirme que les robots quadrupèdes ont franchi le seuil du déploiement à l'échelle, avec des centaines d'unités opérationnelles dans des environnements militaires réels, non dans des pilotes contrôlés. Ce gap demo-versus-reality, longtemps cité comme le principal frein à la commercialisation, semble se réduire sur le segment défense. Ensuite, le choix de Heven AeroTech de passer des batteries à l'hydrogène pour ses missions longue portée illustre une contrainte physique fondamentale : la densité énergétique des accumulateurs lithium-ion reste insuffisante dès que l'on combine rayon d'action supérieur à 15 km et charge utile significative. Le partenariat de Heven avec IonQ, son premier actionnaire externe, vise à intégrer le calcul quantique dans le traitement des données de capteurs embarqués, une approche encore expérimentale mais qui signale l'entrée du quantum dans la stack autonomie des drones de terrain. Heven AeroTech a été fondée par Bentzion Levinson, ancien commandant de combat dans les Forces de défense israéliennes, après une première expérience opérationnelle en 2018 : l'utilisation de drones pour détecter puis éteindre les incendies provoqués par des cerfs-volants et ballons incendiaires lancés depuis Gaza. Cette origine opérationnelle explique l'architecture produit de la société, organisée autour de deux segments distincts : les missions tactiques courte portée à temps de réponse rapide, et les missions longue portée à charge utile lourde. Sur ce second segment, les concurrents directs incluent Zipline (livraison médicale, déjà à l'échelle commerciale), Joby Aviation et Archer côté mobilité aérienne, ainsi que des acteurs défense comme Shield AI. La suite annoncée pour Heven passe par une expansion des déploiements militaires et l'intégration progressive des capacités de traitement quantique dans ses systèmes de perception, sans calendrier précis rendu public à ce stade.

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Flex et Teradyne Robotics renforcent leur partenariat pour déployer l'automatisation intelligente dans l'industrie mondiale
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Flex et Teradyne Robotics renforcent leur partenariat pour déployer l'automatisation intelligente dans l'industrie mondiale

Flex, l'un des plus grands sous-traitants industriels mondiaux avec des dizaines de sites de production dans une trentaine de pays, et Teradyne Robotics ont annoncé en avril 2026 l'élargissement de leur partenariat pour déployer l'automatisation intelligente à grande échelle dans la fabrication mondiale. L'accord instaure une double relation : Flex intègre les solutions de Teradyne Robotics directement dans ses propres lignes de production, tout en assurant la fabrication de composants robotiques clés pour permettre des déploiements plus larges chez les clients de Teradyne. Les volumes de déploiement visés et les détails financiers de l'accord n'ont pas été communiqués. Ce positionnement simultané en tant que client et fournisseur constitue un modèle industriel peu courant et potentiellement structurant. Pour un décideur B2B, le signal est clair : un EMS (Electronics Manufacturing Services) de cette envergure valide en conditions réelles la maturité opérationnelle des cobots Universal Robots et des robots mobiles MiR, les deux marques regroupées sous Teradyne Robotics. L'accord sécurise également une capacité de fabrication de composants externe pour Teradyne, réduisant les risques de montée en volume sans investissement industriel propre supplémentaire, un avantage concret dans un marché où la capacité de production reste un goulot d'étranglement. Teradyne Robotics est la division robotique de Teradyne Inc., issue de l'acquisition d'Universal Robots en 2015 (environ 285 millions de dollars) puis de MiR en 2018. L'entreprise fait face à une concurrence croissante sur les deux segments : Fanuc, Doosan et Techman Robot gagnent du terrain sur les cobots, tandis qu'Exotec (acteur français en logistique automatisée) et Zebra Technologies (Fetch Robotics) accélèrent sur les AMR. Le réseau de production de Flex, qui couvre des verticales aussi variées que l'automobile, le médical et l'électronique grand public, pourrait servir de terrain d'expansion accéléré pour Teradyne sans passer par les cycles habituels d'intégration terrain.

UEUniversal Robots et MiR, deux marques danoises regroupées sous Teradyne Robotics, bénéficient d'une validation industrielle à grande échelle via Flex qui renforce leur position concurrentielle face aux cobots asiatiques sur le marché européen.

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