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Le peuple n'aspire pas à l'automatisation
SociétéThe Verge AI · 2 min de lecture

Le peuple n'aspire pas à l'automatisation

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Le peuple n'aspire pas à l'automatisation
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Un sondage NBC News publié en avril 2026 place l'intelligence artificielle parmi les technologies les moins appréciées des Américains, avec un taux de popularité inférieur à celui de l'agence ICE et à peine au-dessus du niveau d'approbation du Parti démocrate ou de la guerre en Iran. Ce résultat est d'autant plus frappant que près des deux tiers des sondés déclarent avoir utilisé ChatGPT ou Copilot au cours du dernier mois. Quinnipiac confirme la tendance : plus de la moitié des Américains estiment que l'IA fera plus de mal que de bien, plus de 80 % s'en disent inquiets, et seulement 35 % s'y montrent enthousiastes. Chez la génération Z, le rejet est encore plus marqué : selon Gallup, seuls 18 % se disent optimistes face à l'IA, contre 27 % l'année précédente, tandis que 31 % expriment de la colère, contre 22 % un an plus tôt. Le phénomène dépasse les sondages : des élus locaux favorables aux data centers ont été battus aux urnes, d'autres ont vu leur domicile visé par des tirs. Le PDG d'OpenAI Sam Altman a lui-même été la cible d'un cocktail Molotov lancé contre sa maison.

Ce fossé entre l'enthousiasme de l'industrie technologique et le rejet croissant du grand public constitue une rupture politique et sociale inédite. Satya Nadella, PDG de Microsoft, a reconnu publiquement que le secteur doit encore « mériter la permission sociale de consommer de l'énergie en prouvant qu'il fait le bien dans le monde ». Cette permission n'a clairement pas été obtenue. La résistance s'exprime désormais dans les urnes, dans les rues et dans une montée de la violence que des responsables comme Nilay Patel, rédacteur en chef de The Verge et animateur du podcast Decoder, condamnent sans ambiguïté, tout en pointant la responsabilité des élites dans le sentiment d'impuissance qui l'alimente.

Ce contexte prend racine dans ce que Patel appelle le « software brain » : une manière de penser le monde héritée du numérique, qui réduit tout à des algorithmes, des bases de données et des boucles logiques. Marc Andreessen en avait posé les bases dès 2011 dans son célèbre article du Wall Street Journal, « Why software is eating the world ». L'IA a depuis turbocompressé cette logique, creusant l'écart entre ceux qui conçoivent les systèmes et ceux qui les subissent. Le discours ambiant des dirigeants du secteur n'arrange rien : Dario Amodei, PDG d'Anthropic, affirme publiquement que l'IA supprimera l'ensemble des emplois d'entrée de gamme, alimentant une forme de nihilisme que ni les politiques ni les entreprises technologiques ne semblent encore prêts à affronter sérieusement.

Impact France/UE

Les tendances de rejet croissant de l'IA documentées aux États-Unis trouvent des échos similaires en Europe, où l'AI Act reflète des préoccupations citoyennes comparables sur l'emploi et la concentration du pouvoir technologique.

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Le domicile de Sam Altman, PDG d'OpenAI, a été attaqué à deux reprises en l'espace de 24 heures à San Francisco. Dans la nuit du 11 avril à 3h45, un homme a lancé un cocktail Molotov contre sa résidence. Le lendemain, à 1h40 du matin, deux individus à bord d'une Honda Sedan ont ouvert le feu sur la façade. Les assaillants ont été rapidement interpellés. Le premier, Daniel Alejandro Moreno-Gama, 20 ans, fait face à des poursuites pour tentative de meurtre. Il avait également menacé d'incendier le siège d'OpenAI, près duquel il a été arrêté. La police a découvert à son domicile un document intitulé « Dernier avertissement », dans lequel il appelait à l'assassinat des PDG de sociétés d'IA et de leurs investisseurs. Les motivations des deux autres suspects, arrêtés le 12 avril au matin, ne sont pas encore connues. Ces attaques illustrent la montée des tensions entre une partie de l'opinion publique et les dirigeants de l'industrie de l'IA. Moreno-Gama avait exprimé à plusieurs reprises ses craintes liées au développement de l'intelligence artificielle, notamment sur son Substack et au sein du groupe Discord de PauseAI, une organisation internationale qui milite pour un arrêt des travaux sur les modèles d'IA les plus puissants. Ce passage à l'acte violent signale un glissement inquiétant : des angoisses jusqu'ici cantonnées aux forums et aux pétitions débordent désormais vers des formes de menace physique directe contre des figures de l'industrie tech. Le contexte est celui d'une fracture croissante entre les promoteurs de l'IA générative et une partie du public qui redoute les conséquences sociales, économiques et existentielles de ces technologies. Des mouvements comme PauseAI, apparus ces dernières années dans plusieurs pays, regroupent des militants convaincus que le rythme actuel du développement de l'IA représente un danger pour l'humanité. Face à ces attaques, Sam Altman n'a pas infléchi son discours : il continue de défendre la démocratisation de l'IA comme un bien collectif. L'incident risque néanmoins de renforcer les mesures de sécurité autour des dirigeants des grandes entreprises technologiques américaines, déjà régulièrement ciblés par des menaces en ligne.

UELe mouvement PauseAI, actif dans plusieurs pays européens dont la France, illustre que ces tensions sociétales autour des risques de l'IA touchent aussi les sociétés européennes, même si les violences physiques demeurent pour l'instant localisées aux États-Unis.

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UEL'AI Act encadre les systèmes de reconnaissance des émotions en milieu professionnel et éducatif comme usage à haut risque, imposant des obligations de conformité directes aux entreprises européennes déployant ces technologies.

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UELes tensions géopolitiques sino-américaines sur les semi-conducteurs et la montée des modèles chinois bon marché menacent indirectement la compétitivité des acteurs européens de l'IA et soulignent l'urgence d'une politique industrielle européenne cohérente.

💬 Honan met des mots dessus avec "malaise", mais le tableau est encore plus lourd. Reconnaissance faciale en temps réel pour l'ICE, 275 millions de données éducatives compromises, des puces Nvidia qui s'évaporent vers la Chine via des montages opaques, tout ça dans la même semaine. C'est pas de l'incertitude diffuse, c'est une accumulation de signaux qu'on devrait pas trouver normaux.

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Le fondateur d’Apple donne son avis sur l’IA, et il n’y va pas de main morte
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Le fondateur d’Apple donne son avis sur l’IA, et il n’y va pas de main morte

Steve Wozniak, cofondateur d'Apple et figure emblématique de la Silicon Valley, a exprimé dans une interview accordée à Fox Business une franche désillusion vis-à-vis de l'intelligence artificielle générative. Il affirme être « déçu souvent » par les outils actuels et admet les utiliser rarement. Ses deux critiques principales : l'incapacité des IA à reproduire l'émotion humaine, et un problème de fiabilité persistant. Quand il interroge un système comme ChatGPT, il obtient des réponses longues, structurées et factuelles — là où un humain raconterait, contextualiserait, partagerait une expérience subjective. Cette dimension émotionnelle et intentionnelle lui semble fondamentalement absente des modèles actuels. Sur la fiabilité, il est tout aussi catégorique : « Je veux un contenu fiable à chaque fois », une exigence que les LLM actuels ne remplissent pas, capables de produire des réponses convaincantes mais parfois fausses, sans signaler leurs propres limites. Ces critiques ont un poids particulier dans le contexte actuel, où l'IA s'immisce dans des domaines à fort enjeu — éducation, santé, information — et où la confiance des utilisateurs est un enjeu central. Si les modèles de langage sont conçus pour optimiser pertinence et clarté, ils ne garantissent pas une authenticité ni une constance qui permettraient de les ériger en sources d'autorité. Pour Wozniak, tant que cette fiabilité n'est pas acquise, l'IA reste un outil d'assistance, pas un substitut au jugement humain. C'est une préoccupation partagée par de nombreux acteurs du secteur, notamment sur les risques de désinformation ou de décisions automatisées mal fondées dans des contextes critiques. Cette prise de position intervient dans un moment de tension stratégique pour Apple elle-même. L'entreprise a lancé en 2024 Apple Intelligence avec l'ambition affichée de rattraper OpenAI, Google et Microsoft sur le terrain de l'IA, mais plusieurs fonctionnalités annoncées tardent à être déployées, signe d'une progression prudente. Tim Cook, lui, décrit l'IA comme « profondément enrichissante et potentiellement très positive » pour l'expérience utilisateur — un contraste saisissant avec le scepticisme de son cofondateur historique, qui n'a plus de rôle opérationnel dans l'entreprise. Wozniak s'inscrit ainsi dans une tradition de voix critiques venues de l'intérieur même de la tech — des figures comme Geoffrey Hinton ou Yann LeCun qui, chacun à leur manière, ont formulé des réserves profondes sur la trajectoire actuelle de l'IA. Son discours rappelle que l'enthousiasme industriel autour de ces technologies ne fait pas l'unanimité, y compris parmi ceux qui ont bâti le monde numérique d'aujourd'hui.

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